FESTIVAL TEMPS D’IMAGES (177 à 183) au Cent Quatre et à la Ferme du Buisson de Marne la Vallée 9 et 20 octobre

Temps d’images fête ses dix ans  à la Ferme du Buisson de Marne la Vallée et au Cent Quatre à Paris ! Initié par José Manuel Gonçalvès et Vincent Eches  à Marne la Vallée, avec le soutien d’Arte dès la première année, ce Festival questionne les rapports de l’image audiovisuelle et du vivant. On y voit des salles remplies d’un public  jeune. Grâce à Arte, il s’est très vite déployé sur un plan international en Europe et au Québec.

JESUS’ BLOOD, NEVER FAILED ME YET  concert de Gavin Bryars par l’Orchestre de chambre de Paris, avec l’Écho Râleur et l’Attrape Choeur, au Cent Quatre,  9 octobre
Direction Pascal Rophé, Vidéo Olivier Smolders, Jean-François Spircigio
En 1971 le compositeur de musique post-minimaliste et contrebassiste britannique Gavin Bryars travaille sur un documentaire d’Alan Power sur des sans abris du quartier londonien de Waterloo. Il y rencontre un vieil homme qu’il enregistre en train de fredonner un chant religieux Jesus’ blood never failed with me. Bryars utilise en boucle la mélodie de treize mesures à partir de laquelle il crée une partition orchestrale originale qu’il publiera pour le label Obscure de Brian Eno. Dans les années 90, Tom Waits prêtera sa voix à cette œuvre pour enregistrer à nouveau cette œuvre devenue culte.
Pour l’ouverture de Temps d’images qu’il avait créé la Ferme du Buisson de Marne la Vallée, José Manuel Gonçalves accueille ce fascinant concert dans la grande Halle du Cent Quatre qu’il a réussi à transformer en vrai lieu de vie, depuis qu’il en a pris la direction. Au centre, autour du chef, 54 musiciens, violons, altos, violoncelles, flûte, hautbois, clarinettes, bassons, cors, trompettes, percussions et harpes. On entend la complainte du vieil homme enregistrée qui s’élève doucement et qui monte en boucle, on l’entendra 150 fois pendant le concert : « Jesus blood never failed with me yet never failed with me there’s one thing I know for he loves me so…« . Peu à peu les cordes l’accompagnent doucement, puis les vents et la harpe, enfin les voix des choeurs qui murmurent en boucle, qui montent, pendant que des images en noir et blanc apparaissent sur les écrans qui cernent le public et l’orchestre. Des images des années 50, des enfants qui jouent près d’un lac avec leurs pulls tricotés et leurs mamans chapeautées,  qui font de la poutre d’équilibre, un mariage en blanc…Les voix s’éteignent doucement, les instruments faiblissent, on n’entend plus que celle du vieil homme qui baisse lentement, jusqu’à disparaître. L’émotion du public met du temps à monter, comme toujours, elle est manifeste.

SAND TABLE de Magali Desbazeille et Meg Stuart Damaged Goods avec le metteur en scène Stefan Pucher et le vidéaste Jorge Leon à la Ferme du Buisson, 20 octobre
Nous sommes introduits en petits groupes sur une haute plateforme surplombant le grand plateau de la Ferme du Buisson. Nous apercevons un écran blanc en dessous ou deux techniciens semblent étendre des danseurs, on ne comprend pas si sont des humains ou leurs images. Et ce sont bien des images, qui se rétrécissent, qui se déforment comme par magie.  Les techniciens lancent les corps, les replient, les déploient et lancent des poignées de sable. Entre le virtuel et la réalité de danseurs de chair, on s’égare dans une étrange forêt. Il y a à côté de nous un petit enfant dans les bras de sa mère, qui comme nous est fasciné.
http://www.damagedgoods.be

HAUTES HERBES installation théâtrale vidéo d’Inne Goris,  musique de Dominique Pauwels, images Kurt d’Haeseleer.
« Cette nuit est-elle la dernière ? Ou, y aura-t-il d’autres matins ?
Nous sommes assis par groupes de sept sur des sièges séparés par des écrans qui nous entourent. On voit sur les écrans des images de forêts d’Afrique, à côté de nous des enfants incarnent ceux qui ont été broyés dans une guerre forcée. Sur les écrans, un enfant traîne le corps de sa mère. Un flot d’images nous submerge, les textes ne sont pas toujours audibles, difficile de capter tant de choses en même temps, les mots, les images, la musique. Mais les enfants soldats restent aussi quelque chose d’incompréhensible. Mais la musique est là qui nous emporte.

HAMLET 11 : EXIT GHOST, Teatr Weimar,  mise en scène Jörgen Dahlqvist, Théâtre Vidéo en suédois surtitré en français
« Je suis précipité dans ce vide en moi que personne ne comprend »  Hamlet dans Exit Gost
Jörge Dahlqvist souhaite rompre avec la tradition ! Teatr Weimar, collectif suédois explore depuis 2010 « un théâtre non abouti en transformation constante comme un processus en cours » ! C’est une étrange aventure où deux comédiens Ragael Petersen et Linda Rintzen armés de casques sonores, assis à une table, lisent des textes concernant les personnages d’Hamlet, d’Ophélie, de Polonius, entourés de cinq techniciens qui les filment et retransmettent leurs images sur grand écran. De la poésie du texte de Shakespeare, aucune trace, de beauté des images, il n’en est pas question. Pour les amoureux de Peter Brook et du poème de Rimbaud « Sur l’onde calme et noire, la blanche Ophelia flotte comme un grand lys », une grosse déception. Le théâtre  qui s’efface derrière la technique disparaît.
http://www.teatrweimar.se

BEAUTY REMAINED FOR JUST A MOMENT AND THEN RETURNED GENTLY TO HER STARTING POSITION de Robyn Orlin, Moving into Dance Mophatong
Robyn Orlin, célèbre chorégraphe d’Afrique du Sud , a monté plus d’une vingtaine de spectacles depuis 1990. Elle avait créé ce spectacle avec avec le groupe Sud-Africain Moving into Dance Mophatong pour la Biennale de Lyon en 2012. Beauty remained est construit à partir des peintures corporelles des tribus Surma et Mursi qui vivent en Éthiopie. Leurs costumes sont variables et éphémères. Les danseurs se déchaînent dans un cercle de sable rituel, au centre un podium carré. Une poule, autour d’elle, les 7 danseurs jouent des poules…On agite des bouteilles d’eau, tout le monde se gargarise puis on accroche des bouteilles sur d’étranges costumes,  on en  piétine. d’autres. Des danseurs se font une jupe avec des vêtements pris aux spectateurs des premiers rangs et défilent en revue ridicule. Ce spectacle plein d’énergie, très enlevé se termine par une vente aux enchères un peu longue. Une vidéo de Philippe Lainé invite les spectateurs  à une visite  de la fascinante dimension de mystère de l’Afrique, aux antipodes des clichés ordinaires.
http://www.robynorlyn.com/

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s