TOUT MON AMOUR, Collectif les Possédés, Théâtre de la Colline, 21 novembre

 
De Laurent Mauvignier, direction Rodolphe Dana , avec Simon Bakhouche, David Clavel, Julien Chavrial, Émilie Lafarge, Marie Hélène Roig
Le Collectif les Possédés, nous avions pu le découvrir en 2004 dans sa première mise en scène, un Oncle Vania décoiffant présenté à l’Abreuvoir de la Ferme du Buisson de Marne la Vallée. D’autres spectacles ont suivi, parmi lesquels nous avions pu voir Le pays lointain de Jean-Luc Lagarce, Hop -là ! Fascinus  commandé par le Théâtre du Peuple de Bussang, et déjà à la Colline, Merlin ou la terre dévastée de Tankred Dorst. Un vraie troupe avec des acteurs fidèles comme on les aime.
Nous venions de déguster le verbe de Laurent Mauvignier avec la lecture Des hommes publié par les Éditions de Minuit en 2009. Tout mon amour était d’abord destiné à un scénario de cinéma, la rencontre avec Rodolphe Dana en a fait une pièce de théâtre après un travail d’une semaine avec l’équipe d’acteurs au Théâtre Garonne de Toulouse.
Un couple  range des assiettes et de vieux livres après l’enterrement du grand père paternel dans sa maison de campagne. L’épouse est pressée de partir, le couple a vécu une douleur insurmontable dans cette maison dix ans auparavant, la disparition de leur petite fille de six ans qu’on n’a jamais retrouvée. Le défunt grand-père (excellent Simon Bakhouche) réapparaît pour faire des réflexions désagréables sur sa belle-fille hystérique , dont les hauts talons abiment ses beaux tapis et sur son fils trop faible. Mais une nouvelle incroyable se produit, l’apparition d’une jeune fille de 16 ans qui se dit être l’enfant disparue.Elle apporte au père une boîte contenant des preuves de son identité. Le père est troublé, mais sa femme refuse absolument de regarder ces objets, crie à la mythomanie et menace d’appeler les gendarmes. Le père appelle leur fils resté à Paris pour ses examens, et le fait venir en dépit des hurlements de sa femme qui veut absolument rentrer chez elle. Le fils arrive déconcerté et refuse comme sa mère de regarder la boîte de souvenirs et sa soeur réapparue qui ne parvient pas à capter le regard de la mère. Celle-ci explose dans une terrible crise de nerfs (comme Simon Bakhouche elle a toujours suivi les Possédés), avouant qu’elle n’a pas su aimer ce fils, ayant voué à l’enfant de six ans disparue tout l’amour qu’elle refuse à l’adolescente réapparue ! Un beau noeud de vipères théâtral et douloureux se dénoue devant nos yeux.
Petit Théâtre de la Colline, jusqu’au 21 décembre, Tél 01 44 62 52 52

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