LES MAINS DE CAMILLE ou le temps de l’oubli, les Anges au Plafond, Théâtre71 de Malakoff, 7 décembre

 
Texte et mise en scène de Brice Berthoud avec Camille Trouvé, Marie Girardin, Martina Rodriguez, Awena Burgess, scénographie Brice Berthoud, Jaïme Olivares.
Il faudrait citer toute l’équipe des constructeurs qui a donné naissance à ce troublant hommage à Camille Claudel, longuement mûri par les Anges au Plafond, compagnie de marionnettes issue des Chiffonnières nées à Malakoff. Après Oedipe et Antigone qui ont voyagé pendant 4 ans, c’est leur troisième création. Comme pour leurs précédents spectacles, les Anges au Plafond construisent intégralement leur dispositif scénique englobant le public, qu’ils installent sur les plateaux des nombreux théâtres qui les invitent. Assis sur des bancs concaves (durs malgré un repose pieds bienvenu), face à l’espace scénique ou flotte un grand vélum blanc, nous sommes environnés par un chemin en fer forgé où se déroulent des épisodes de la vie de Camille broyée par une société bourgeoise et machiste du début du XXe siècle. Sur la droite un espace pour les belles musiciennes vêtues de longues robes noires, qui traduisent en musique les chefs d’oeuvre ignorés de Camille. Et sous nos yeux d’étonnantes marionnettes blanches pour la plupart, hormis Rodin à la longue barbe grise, vieux génie  cacochyme et égoïste, sont manipulées comme par magie par Camille (Trouvé), qui joue avec passion son homonyme.
D’abord son enfance à Villeneuve auprès de son petit frère Paul qu’elle chérit tendrement, le déménagement à Paris décidé par le père qui porte le même amour à ses deux enfants. Camille habitée par la passion de la sculpture entre dans l’atelier de Rodin avec bien d’autres jeunes filles. Elle s’éprend du maître qui la séduit puis l’abandonne sous la pression de sa femme. Habitée par une passion dévorante pour son art, elle survit dans une extrême pauvreté, les appels à son frère pour l’assister sont vains. Paul Claudel suivra les ordres de sa bourgeoise de mère, faisant interner sa soeur à la « Maison de santé » de Ville Évrard, pendant 30 ans, sans courrier, sans visite, ni aucune possibilité de pratiquer son art. Elle y mourra de faim pendant la guerre, comme bien d’autres, sans aucun secours. Aucun pathos dans ce drame déchirant, il y a même un certain humour dans le traitement des marionnettes qui ne peuvent pas, malgré la dextérité des concepteurs rivaliser avec les sculptures de Camille.
En tournée jusqu’au 16 avril 20013 à Ifs, Laval, Choisy le Roi, Lille, Hazebrouck, Douai, Tulle, Frouard, Auray, Lèves et Le Mans
angesauplafond@gmail.com

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