COLLECTIF IN VITRO, Théâtre de Vanves, 4 février

Le Théâtre de Vanves, dirigé par José Alfarroba accueille 150 représentations dans sa saison dans ses deux salles de dimensions modestes et surtout propose des résidences à des compagnies qui peuvent y trouver un havre pour mûrir leurs projets. Nous avions pu y voir Naissance de Julien Guyomar en décembre 2012 (voir ce blog). Cette fois Julie Deliquet et son Collectif in Vitro viennent de présenter un triptyque prometteur avec douze comédiens : deux reprises, La Noce créée en décembre 2012 à Vanves, Derniers remords avant l’oubli de Jean-Luc Lagarce qui avait remporté le prix du public en 2009 au Théâtre 13, ainsi qu’un projet en devenir Nous sommes seuls maintenant, une écriture collective des héritiers de Mai 68.

LA NOCE (18) de Bertolt Brecht, mise en scène Julie Deliquet
Une table de noces en T est dressée sur le plateau, au fond une armoire, au jardin un sofa et un fauteuil des années 50. Les convives sont attablés, les femmes s’affairent à servir, le père de la mariée monopolise la conversation avec des histoires écoeurantes, les convives sont muets. Le marié pour animer la soirée met un disque très bruyant, tout le monde se déchaîne, un invité saute par dessus la table et lance une pluie de riz. Le père remet ça avec la mort de l’oncle Auguste mort d’hydropisie, il regrette que les nouveaux époux n’aient pas accepté son lit de mort qu’il voulait leur léguer. Mais la mariée veut leur faire admirer les meubles que son mari a construit de ses mains, la colle y compris. Tout le monde se précipite pour admirer les chefs d’oeuvre, on commence par l’armoire qui refuse de s’ouvrir. Peu à peu tout s’écroule, les chaises s’effondrent, la table perd son pied…On relance les danses, la mariée se déchaîne avec un invité, les invités sont choqués. On boit du vin, toujours du vin, le marié doit sans cesse en remonter de la cave, la mère apporte les desserts. On n’a plus rien à se dire après que la cousine ait clamé la grossesse de la mariée que le père ait triomphé en affirmant « J’ai toujours pensé que quand on parle de choses qui ne concernent personne, ça va mieux ! ». Il est 21 heures, les invités gênés s’en vont et les mariés se retrouvent face à face, honteux, échangeant des remarques aigres. Mais tout se finit dans une étreinte amoureuse, hors du lit qui lui aussi, s’est écroulé.
Interprétée par une troupe dynamique qui sait faire exploser les situations, la noce chez les petits bourgeois n’a rien perdu de sa saveur après plus d’un demi-siècle.

DERNIERS REMORDS AVANT L’OUBLI (19) de Jean Luc Lagarce, mise en scène Julie Deliquet
Une maison à la campagne, Pierre y vit depuis plusieurs années, Hélène et Paul son frère et sa soeur ont fait leur vie ailleurs, il y reviennent pour la première fois après de longues années. Hélène a besoin d’argent, elle voudrait vendre cette maison familiale dont Pierre profite pour un « loyer symbolique ». Ils sont venus avec leur famille, une épouse, une fille adolescente qui découvrent gênés ce beau-frère, cet oncle inconnu. Les frères et soeurs échangent des propos agressifs et jaloux, les conflits adolescents sont rouverts à vif, le beau-frère fait assaut d’amabilités forcées, l’adolescente boude. Les invités finiront par partir le jour même, Pierre restera solitaire dans sa maison.
Jean-Luc Lagarce obsédé par le difficile retour en famille, avait publié cette pièce en 1987, il l’ait mise en scène avec beaucoup de difficultés pour trouver les productions de son oeuvre avant sa mort. Le Collectif In Vitro a su s’en emparer avec subtilité, pour dépeindre une impossible fraternité…

NOUS SOMME SEULS MAINTENANT (20) Écriture collective du Collectif In Vitro
Ils sont douze héritiers de Mai 1968, autour d’une grande table, ils racontent les barricades, l’histoire de cette révolution manquée par leurs parents qui clamaient « Il est interdit d’interdire ! ». Ébauche imparfaite et brouillonne dont on ne saisit pas encore les morceaux épars, mais dont on apprécie l’énergie prometteuse !

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Une réflexion sur “COLLECTIF IN VITRO, Théâtre de Vanves, 4 février

  1. « derniers remords avant l’oubli… »
    Ils ne sont pas freres et soeur…. ils formaient un trio amoureux… ce qui est différent…
    certes c’est ambigu… sans lire le synopsis, je pensais aussi a début de la pièce qu’il s’agissait d’une fratrie mais au fur et à mesure du texte, on s’aperçoit que ces trois là étaient amants..
    et qu’ils se sont ensuite « rangés », sauf le professeur de collège qui lui vit toujours dans la maison de ce passé..

    Une super bande de comédiens en tout cas.. super moment de théâtre, avec cette impression d’assister à un film en plan séquence, (surtout la noce) … ils sont tous très justes…
    et l’énergie qui se dégage est intense… bravo !

    la maquette de « maintenant nous sommes seuls » était plus brouillonne… curieux de voir après le travail qu’il reste à faire ce que ça deviendra… mais malgré quelques caricatures portés par les personnage, l’énergie est toujours là, prometteuse , oui…

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