ROMÉO ET JULIETTE, La Tour Vagabonde, Cité Internationale des Arts Paris, 27 mars

 

 

De William Shakespeare, Compagnie des Mille Chandelles

C’est une belle découverte que cette Tour Vagabonde, fantastique théâtre élisabéthain itinérant sur le modèle du Globe Théâtre de Londres, conçu par Louis Yerly et  et Jean Luc Giller voilà plus de 15 ans en Suisse. Abandonnée pendant plusieurs années, la Tour Vagabonde reprend vie en 2005 grâce à une fondation et dès 2006, elle accueille  en Suisse, le Festival Montanuits, puis les années suivantes la compagnie Pip Simmons avec Le songe d’une nuit d’été et la compagnie Arsenic avec un Macbeth, avant de s’installer pour plusieurs mois sur les quais de la Seine, en face de l’île Saint Louis.

 

10,80 m de hauteur, 20 m de longueur, 13 m de largeur, un plateau de 6 m sur 4 avec des coursives s’élevant jusqu’au sommet, une capacité de 250 personnes sur les 3 étages. Il faut 4 semi-remorques, 4 jours de montage pour transporter ce magnifique théâtre !

UN BEAU PARI GAGNÉ 

 

La compagnie des Mille Chandelles fondée par Baptiste Belleudy a rassemblé une vingtaine de comédiens pour la plupart du cours de Jean-Laurent Cochet, pour monter ce Roméo et Juliette dans la tradition élisabéthaine. La compagnie qui avait monté son premier spectacle De cape et de Crocs, d’après une bande dessinée, a répété tout l’été à Fribourg.

Les comédiens se déploient avec une belle agilité sur ce minuscule plateau, escaladant les étages, chantant Berlioz, Mozart et Purcell qui font résonner le verbe de Shakespeare. C’est un vrai travail de troupe avec des personnages qui s’imposent comme le massif Frère Laurent (Axel Blind), l’attentive nourrice (Sylvy Ferrus), un Mercutio ironique et déterminé (Paul Gorostidi) et un Capulet  impérieux, sûr de son autorité sur sa fille (Bernard Métraux qui fût longtemps le partenaire de Pierre Trapet). Chacun des comédiens est amené à interpréter d’autres personnages au fil de l’action qui malgré une durée de plus de 2 heures, ne souffre pas de longueur (1).  Certaines faiblesses pourtant dans l’interprétation, celle de Tybalt (Sylvain Mossot) un peu linéaire dans son agressivité, de Lady Montaigu (Françoise Muxel) trop sèche, ainsi que  celle de Roméo un peu désordonnée (Baptiste Belleudy) qui cumulait la mise en scène et le rôle principal. Son jogging à capuche contraste étrangement avec les costumes chamarrés des autre personnages ! Peut-être une volonté de donner une résonance contemporaine à son Roméo ?

En tous cas, un spectacle à découvrir dans ce lieu magique !

 

(1) avec un entracte  à la Pinte à fondue jolie petite auberge jouxtant le théâtre.

 

Roméo et Juliette, tous les jours jusqu’au 26 juin tél 07 78 52 52 27

http://www.lesmillechandelles.com

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