CARTE BLANCHE À ARMEL ROUSSEL, Théâtre de Vanves du 2 au 6 avril

IVANOV RE/MIX (66) d’Armel Roussel, Carte blanche à (e) UTOPIA 3, Festival Artdanthe, Théâtre de Vanves, 3 avril

Le Festival Artdanthe fondé voilà 15 ans par José Alfarroba directeur du Théâtre de Vanves, se donnait pour objectif d’ouvrir ce théâtre municipal à la danse contemporaine. Cette mission a été pleinement remplie par une équipe de 10 personnes, avec des moyens singulièrement modestes, ceux d’un théâtre municipal, confortés par une convention de la DRAC et des aides de la Région et du Conseil général. Pour cette édition 2013, 65 spectacles sont présentés du 29 janvier au 5 avril à la petite salle Panopée et au Théâtre de Vanves par des compagnies novatrices ! Nous avions déjà rendu compte des 3 spectacles de la compagnie In Vitro mis en scène par Julie Deliquet en février, ainsi que de ceux du TOC de Mirabelle Rousseau et de Thomas Bouvet le 4 mars.

Ivanov Re/Mix est joué dans le cadre d’une carte blanche donnée à Armel Roussel, metteur en scène français installé en Belgique depuis 1990. Professeur à l’INSAS de Bruxelles depuis une dizaine d’années, il a donné des stages en Belgique, France, Suisse, au Sénégal et en Roumanie. Il fonde sa compagnie Utopia en 1996, actuellement en résidence au Théâtre des Tanneurs de Bruxelles. Dans le cadre du festival à Vanves, il y présente Ivanov d’après Tchekhov et Nothing hurts de Falk Richter et il a invité des artistes amis pour y présenter leurs propres créations.
Ivanov Re/Mix nous convie à une mise en pièces d’Ivanov plutôt lumineuse. Nous sommes accueillis sur des petits gradins sur 3 rangs, il y a une table chargée de petits verres de vodka qu’Armel Roussel installé à vue à la table de régie, viendra offrir généreusement aux spectateurs pendant la représentation. Nicolas-Ivanov est affalé sur son lit avec son ordinateur, il tient des propos désabusés « les médecins c’est comme les avocats, ça joue au squash (…) toujours répondre à des questions stupides, aucun moyen de s’en sortir (…) je n’ai pas la force de me comprendre moi-même (…) je pense que je suis un cochon, un crétin comme les autres… ». Les personnages d’Ivanov portent les prénoms des 12 comédiens interprètes des différents rôles avec un humour bienfaisant, ils font ressortir avec vivacité la déroute du début du XXe siècle qui ressemble étrangement au nôtre. Le spectacle qui dure 2 h 45 aéré par un entracte bienfaisant, fait ressortir l’actualité de Tchekhov si souvent monté ces dernières années.
Théâtre de Vanves, salle Panopée, jusqu’au 13 avril à 20 h, relâche 7, 8, 11 avril, Tél 01 41 33 92 91

NOTHING HURTS (67) de Falk Richter, mise en scène Armel Roussel, salle Panopée de Vanves, 5 avril
« J’ai voulu travailler sur des images mentales. Dans cette mise en scène, l’accent est mis sur ce qui n’est pas représenté… » déclare Armel Roussel. Quatre acteurs, deux hommes et deux femmes se retrouvent à une heure indécise pour clamer leur solitude et leur angoisse. L’un d’eux en slip porte des oreilles de lapin, l’autre se démène aux percussions et à la technique, une blonde court vêtue au charmant accent britannique déclame un long monologue angoissé, la deuxième vêtue de noir secoue sa longue chevelure brune déclame, se contorsionne, reste longuement prostrée par terre. Le sens est difficile à capter, on entrevoit une errance dans la drogue. Malgré de belles images, ces fuites solitaires interprétées par de bons acteurs nous laissent au bord du chemin.

GOOD MOURNING ! VOstibl (68) de et par Florence Minder, Théâtre de Vanves, 5 avril
Collaboration Sébastien Monfè, Brice Cannavo
Florence Minder, haute silhouette coiffée d’une longue perruque blonde, entre en scène d’un pas déterminé, armée d’un fusil. Elle s’exprime bizarrement en anglais avec un redoutable accent américain, heureusement sur titré. Le fusil, « c’est à cause des loups ! » Elle retrace son parcours erratique, son année horrible, mais on peut « dénier le déniement » et « toujours trouver quelqu’un dans une forme pire que la vôtre ! ». Elle procède à une longue énumération des livres qu’elle a lus, décrit son voyage sur l’Atlantique… Elle est déterminée, féroce, pitoyable, pleine d’un redoutable humour. Good Mourning en anglais c’est bon deuil, on peut aussi entendre Good Morning, bonjour ! VObstibl c’est version originale sous-titrée bilingue.

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