LE SEPTIÈME KAFANA de Nathalie Pivain, Théâtre de l’Opprimé, 23 avril

D’après Mikhai Fusu, Nicoleta Esinencu et Dimitri Crudu, traduit du roumain par Danny Aude Rossel aux éditions l’Espace d’un instant, avec Céline Barcq, Frédéric Gustaedt et Salomé Richez et la participation de Nathalie Pivain.
Le septième Kafana élaboré dans le cadre d’une saison roumaine en Syldavie organisée par la Maison d’Europe et d’Orient dirigée par le dynamique Dominique Dolmieu, avait été présenté du 21 au 25 février 2013. Il vient heureusement d’être repris pour une petite série, trop courte…Trois acteurs nous font partager le drame vécu par des milliers de femmes après l’éclatement de la Yougoslavie, forcées de quitter leurs familles pour aller chercher un travail illusoire, mises en esclavage et forcées de se prostituer, battues, vendues, mises à mort. Un Kafana, c’est un bar à café dans les régions d’Europe du Sud-Est, les femmes y sont vendues d’un Kafana à l’autre. Elles résistent comme elles peuvent, au septième Kafana c’est la mort inéluctable. Ce trafic d’êtres humains est dénoncé au niveau européen, mais il génère près de 20 milliards de dollars par an,il n’est pas près de prendre fin. Nathalie Pivain s’est emparée des témoignages des 3 auteurs, recueillis auprès de femmes de villages Moldaves pour élaborer un spectacle saisissant dont l’essence remonte à Homère, Eschyle et Sophocle, le butin des guerres dont les capitales européennes jouissent !
On sort désespéré de la lecture du manuscrit, mais étrangement la mise en scène met une distance presque un humour dans la description de cette terrible réalité. On est dans une salle des fêtes décorée de guirlandes, une longue table pleine de bouteilles vides, de reliefs d’un banquet oublié. La diction calme, à peine audible des 2 femmes racontant leur calvaire, les gestes de désespoir silencieux, la tête plongée longuement dans un seau d’eau, l’autre revêtant un masque de chèvre, alternent avec des scènes d’étrange hystérie, l’homme se lançant dans un ballet frénétique avec une poupée gonflable. Les femmes viennent aussi chuchoter à l’oreille des spectateurs. Nathalie Pivain qui gère les projections vient à son tour apporter des témoignages, une description aussi neutre que possible. Elle avait réalisé ses 3 premiers spectacles avec le Théâtre des Lucioles à Rennes, il faut espérer que Le septième Kafana sera repris la saison prochaine.
Théâtre de l’Opprimé, dans le cadre de la 6e édition du Festival Migractions, 01 43 40 44 jusqu’au 5 mai, du mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 17 h.

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