LA VILLE, Théâtre de la Jacquerie, Les Lucioles, Avignon Off, 9 juillet

 D’Evgueni Grichkovets, mise en scène Alain Mollot.

C’est la reprise d’un spectacle de la Jacquerie, créé avant la disparition d’Alain Mollot le 15 mai 2013. Avec lui, depuis 1974, la Jacquerie s’était consacrée à l’élaboration d’un théâtre « résolument charnel, populaire, comique ». D’abord sans port d’attache jusqu’en 1985, la Jacquerie travaille avec Jean-Pierre Chabrol, puis s’implante à Villejuif, où l’on avait pu voir avec bonheur Maître Puntila et son valet Matti, et Sur le sable, le premier texte de Mollot. En 1992, la Jacquerie se lance dans l’improvisation et monte Croquis marrants d’une vie redoutée, délicieux souvenir vu plusieurs fois…Il y a ensuite toute une série de spectacles remarquables créés à Amiens d’après les paroles des habitants, recueillies par Elsa Quinette : Le Roman des familles, puis le dernier en date joué récemment encore, la Fourmilière, sur le monde du travail.

La Ville est d’un tout autre registre, Grichkovets, jeune quadragénaire russe,  est un Oblomov en proie à la procrastination : Serguei marié à Tatiana qu’il dit aimer, père d’un jeune Sacha, gagnant bien sa vie dans une entreprise où son père l’a fait rentrer après force supplications, veut partir. Il veut partir mais ne sait pas où, d’ailleurs il n’en est pas vraiment sûr. Il est parti en congé, mais n’a pas donné son congé. Il harcèle sa femme qui tente de l’assister sans le contredire de front, se plaint à son père qu’il a invité pour lui demander des conseils,  se refusant de les écouter. Il doit ranger ses affaires en désordre, couper le téléphone pour ne pas répondre à ses clients. Finalement, il ne partira probablement pas, ce n’est pas précisé dans la pièce…

La Jacquerie qui a eu le courage de remettre le fer à l’ouvrage avec la reprise d’un rôle, après la disparition de leur patron, ne déchaîne pas l’hilarité du public. Comme chez Tchekhov, cette comédie douce amère fait rire à travers les larmes. À ne pas manquer.

Théâtre des Lucioles, à 17 h 25 jusqu’au 28 juillet, relâche le 22  

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s