CAMPING COMPLET, Théâtre de Chambre, conception Christophe Piret, La Corrouze-Rennes, Tombées de la Nuit, 12 juillet

 

 

Christophe Piret, nous l’avions découvert en 1993, sans doute à Maubeuge, impossible de remémorer le titre du spectacle, puis retrouvé aux Feux d’hiver de Calais dans une petite caravane, où une chanteuse lyrique éblouissant une petite dizaine de spectateurs.   

Depuis 2002 le Théâtre de Chambre s’est installé au 232U à Aulnoye Aymeries, ancien lieu ferroviaire dénommé du nom de la dernière locomotive qui y a été fabriquée. Sa « bande de rêveurs qui réalisent des choses », dispose d’un lieu rénové depuis 2010 qui leur permet d’ouvrir leurs portes chez les voisins, avec des ateliers hebdomadaires, des rendez-vous chez les habitants. Ils accueillent pendant leurs tournées, d’autre équipes qui peuvent y répéter.

Depuis 3 ans, le Théâtre de Chambre travaille à la Corrouze, nouveau quartier de Rennes qui s’édifie dans un ancien camp militaire immense et boisé, qui accueillera à terme 10 000 habitants. Une cinquantaine de personnes, artistes et habitants du Nord venus avec la troupe, participe à ce Camping complet qui peut mobiliser le public pendant 6 heures. Nous sommes guidés dans le dédale du chantier par un guide bénévole, notre groupe de 6 personnes suivait la pancarte 13. Notre guide nous fait prendre l’ascenseur, pénétrer dans un appartement où une jeune femme peintre nous raconte sa vie devant ses oeuvres. Elle a vécu sa jeunesse en Afrique, en est partie, puis revenue, s’est installée dans ce nouveau quartier où elle ne sait si elle sera capable d’y rester. Elle nous offre à boire, il y a un mélange troublant entre le rêve et la réalité, on ne sait s’il s’agit de théâtre ou de la vraie vie…

Nous suivons ensuite notre guide à travers bois, le lieu est beaucoup plus grand que la Cartoucherie de Vincennes, jusqu’à un recoin où un homme tient son cheval par le licol, il le caresse avec affection et nous raconte sa vie dans une ferme d’où sa famille a été expropriée. Il évoque la brutalité de son père, le silence de sa mère, son installation dans une ferme plus petite, leurs terres ayant été confisquées pour bâtir la métropole. Il va quitter sa ferme, ne sait où il ira, il nous offre lui aussi à boire.

Dernière station dans le sous-sol d’une grande banque, laquelle ? Il y a un couple, guitariste et chanteuse, années 70. Elle évoque en français les transformations inéluctables, chante en anglais, puis on nous ramène dans l’immense halle peuplée de caravanes où l’on peut boire et déguster des crêpes bretonnes forcément.

Puis nous sommes conviés à nous rassembler tous autour d’une grande tour métallique pour voir BLUE PILLOW, une synthèse de toutes ces rencontres, ces horizons mêlés. Une rupture d’électricité, rapidement rétablie, a dispersé la foule qui se rassemblait, nous avons heureusement retrouvé un tabouret pour regarder ces histoires de voisinages, long poème rock and roll porté par 5 artistes performers, plutôt courageux, acrobates poétiques, nageurs d’aquarium, sur des musiques de Benjamin Delvalle, Gaël Desbois, Emmanuelle Destremau. 

Cette aventure qui n’est pas terminée, bénéficie du soutien de l’Antipode MJC de Rennes, du Théâtre de l’Aire Libre de Saint Jacques de Lalande et du metteur en scène Benoît Gasnier depuis plusieurs années.

http://www.theatredechambrecom.

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