LES ACCROCHE-COEURS D’ANGERS, 6 et 7 septembre

 

 

Voilà des années que la ville d’Angers organise ce festival qui propose à ses habitants plusieurs dizaines de rendez-vous plastiques, musicaux et de théâtre sur le week-end de rentrée consacré aux habitants de cette belle ville ancienne. Pas de festival off, des milliers de personnes dans les rues, mais une circulation agréable, hormis l’événement nocturne qui a fêté le samedi soir avec un inévitable, banal et trop long feu d’artifice de France Arts et Feux avec un funambule blanc entre les tours du Château, accompagné du Bagad Kemper. Philippe Violanti, directeur artistique depuis 3 ans avait soigneusement concocté un programme autour de l’Ouest.

LITTLE BIG MEN, Compagnie Sterenn

Nous nous asseyons sur une pelouse au soleil couchant devant une petite baraque de foire. Le rideau s’ouvre pour laisser apparaître deux hommes en noir qui entament un conciliabule silencieux autour d’une caisse et d’un disque. Jean Lucas (le clown Mr Wilson) et Anthony Gorius, musicien marionnettiste, apparaissent en pupazzi, marionnettes aux corps minuscules, dont les têtes sont celles de leurs manipulateurs. Grotesques et ridicules, ils nous entraînent dans un petit ballet chinois, jonglent avec des balles blanches, font des exercices athlétiques, se tapent dessus en rigolant et chantent même « Nous sommes deux soeurs jumelles »  en faisant appel à la participation du public. Rien de très fin, mais une grande efficacité, le théâtre de foire comme au bon vieux temps.

MEETING CHARLIE/ L’ART DU BRICOLAGE, de et par Emmanuel Vérité, mise en scène Benoît Lambert

C’est un solo d’Emmanuel Vérité dans la cour du Cloître Toussaint en accès libre, où les spectateurs rentrent et sortent comme dans un moulin. Emmanuel Vérité ne se démonte pas dans son personnage de Charlie Courtois-Pasteur, un passionné de cinéma et aussi du bricolage. Avec sa chemise à fleurs, sa moustache et son ukulele, son chapeau, ses gants et ses lunettes, il évoque les vieilles vedettes, Dean Martin, Rahan des BD de notre enfance, l’homme qui tua Liberty Valence, de vieux souvenirs des années 50…  C’est un peu longuet malgré une réelle virtuosité, cela tient des lazzi de la commedia dell’arte, mais son texte très écrit n’en est pas à la première représentation. Emmanuel Vérité qui a fait partie avec Benoît Lambert du Théâtre de la Tentative,  il l’a suivi au CDN de Dijon.

FAR WEST 2037, Compagnie Jo Bithume.

La compagnie installée à Angers depuis 1982, a fondé et dirigé les Accroche-Coeurs jusqu’en 2009, ainsi que la Paperie devenu Centre National des Arts de la Rue, qu’ils ont quitté pour se consacrer à leurs spectacles.

 Far West 2037, « genre : futur simple mais plus ou moins proche » relève des catastrophes spectaculaires auxquelles se livrent malheureusement certaines compagnies qui doivent élaborer un spectacle pour plusieurs milliers des personnes, comme Générik Vapeur dans son récent Waterlitz. 

Sur une tour immense tour métallique se démènent une dizaine d’humains qui tentent de construire une cité radieuse sur une plateforme oubliée des cartes. Les acteurs ont beau se déployer dans tous les sens, se suspendre sur des chariots, lancer des musiques tonitruantes, des plumes, des confettis, la débilité et l’absence de poésie du texte noyé dans un fracas technique est consternante. Les coproducteurs n’ont pourtant pas manqué en France, en Autriche et aux Pays Bas. 

LE CERCUEIL, Brigade d’intervention théâtrale haïtienne, Théâtre de l’Unité

Ce spectacle élaboré par Hervée de Lafond et Jacques Livchine pour le Festival des Quatre Chemins en Haïti voila 2 ans avait fait florès aux Préalables du Festival d’Aurillac en 2012. C’est un rituel funéraire ironique. On essaye une maison, un lit, une armoire avant de l’acheter. Pourquoi ne pas vivre sa propre mort avant son dernier soupir ? Une spectatrice volontaire est soumise à un questionnaire précis, on lui calcule l’âge probable de sa mort, avant de lui proposer d’essayer son cercueil. Elle se soumet à cette épreuve et la brigade haïtienne se livre à une furieuse déploration dans une danse frénétique étonnante. Le rituel achevé, la « morte » est enfin ressuscitée. 

Le Théâtre de l’Unité qui a aussi formé des brigades en Italie, au Niger, au Chili et ailleurs, devrait être accueilli dans le cadre de Tous Migrants aux prochaines Fêtes d’Amiens avec tous ces artistes venus des quatre coins du monde.

RIVES ET DERIVES, Délices Dada, conception Jeff Thiébaut 

Comme toujours, Délices Dada nous a concocté une étrange promenade à travers les chemins d’un parc qui borde la Maine. Il faut prendre rendez-vous et l’on nous guide par petits groupes d’une trentaine de personnes jusqu’au bord du fleuve. Une jeune femme s’est fait couper les pieds par une hélice de bateau, elle est assise devant un coffre attendant de se transformer en sirène. Puis Jean Daniel trainant un lavabo qu’il doit réparer nous entraîne vers sa soeur qui remplit des seaux d’eau, les filtre et les rejette dans le fleuve. La purification risque d’être longue…Plusieurs séquences se succèdent au cours de notre marche, un coureur de fond, un capitaine qui a mis pied à terre au moment de sa retraite. Gêné par le vacarme ambiant, ce Rives et Dérives n’a pas la dimension insolite des Visites Guidées ou de la Donation Schroeder. Comme ils le disent « La poésie au secours ! » On ne l’a pas sentie vibrer.

RAPEDONDAINE de Ragalendo

Ces quatre mignonnes bretonnes en costumes traditionnels avec des coiffes blanches en font des tonnes avec leurs guitares, binious, basse, scratch galette en rappant avec force sonorisation sur le quai des Carmes. C’est plutôt drôle, mais long, trop long et trop bruyant et pas très bon. On peut toujours s’en aller mais on reste, n’ayant plus la force de marcher jusqu’au prochain spectacle.

LE RETOUR DU GRAND RENARD BLANC, Fred Tousch et compagnie

Le grand Fred Tousch me fait toujours mourir de rire dans ses plus folles et idiotes incartades. Il ose l’invraisemblance jusqu’à la vulgarité en captivant son public. Nous sommes plusieurs centaines assis par terre place de la Rochefoucauld, il est à la recherche du grand renard blanc avec sa tribu d’indiens musiciens coiffés de fourrures et deux cow girls. Tout le monde se déchaîne entre deux Tippees, autour de la recherche de ce renard blanc introuvable qui sera incarné par Jean-Pierre Camalessus du Gévaudan, alias Fred Tousch enrobé de fourrures immaculées. 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s