YLYALALI, le Monfort, 29 novembre

De Jon Fosse, mise en scène Gabriel Dufay, avec Gabriel Dufay, Muranyi Kovacs, Jean-Paul Wenzel, au piano Antoine Bataille, scénographie Soline Portmann, compagnie Incandescence.

Au fond du plateau une immense toile peinte sur un paysage lugubre dans la pénombre, un réverbère, le sol est jonché de feuilles mortes. Un homme dépenaillé pénètre en scène, il porte une couverture sur les bras, il vient de quitter son logis qu’il ne peut plus payer, d’ailleurs c’était sinistre. Il aperçoit une forme humaine émergeant de la poussière, cet homme a faim et réclame de l’aide. L’autre se précipite chez son prêteur à gages, échange son gilet contre de la monnaie qui permettra au quémandeur de s’acheter un sandwich. Mais lui-même est tenaillé par la faim, il n’a pas mangé depuis plusieurs jours : « je ne peux quand même pas juste errer dans les rues… ». Une jeune fille passe, il la suit et lui rend son livre qu’elle a laissé tomber. Un vieux à lunettes n’arrive même plus a lire les gros titres du journal, il ne peut l’aider et continue à marcher. « Je dois trouver quelque chose à manger »…Il devient fou, tente de trouver de l’argent en mettant en gage ses lunettes, sa couverture, peine perdue ! La jeune femme revient, il esquisse des contacts amoureux, elle ne se dérobe pas, puis s’enfuit. Il voulait juste savoir son nom. Il l’appelle d’un doux nom Ylyalali, qu’il répète avec tendresse. Un vagabond lui vole ses chaussures, il marche, il marche, puis s’effondre.

Cette errante poétique rythmée par le piano rappelle les vers de Rainer Maria Rilke  » Car les grandes villes Seigneur, son maudites/ La panique des incendies couve en leur sein »…La puissance de jeu des trois comédiens nous maintient en alerte, il y a une étrange attente, on voudrait voir cet homme trouver une planche de salut autre que cette étreinte amoureuse volée à cette femme. Mais le néant se referme sur lui. Étrangement, on ne sort pas désespéré de ce spectacle inspiré par La Faim de Knut Hamsun dont nous admirons le Cri,tableau d’Edward Munch !

Créé à l’Apostrophe de Cergy-Pontoise au cours de la saison dernière, Ylyali sera joué à la Cabane du Monfort du 3 au 14 décembre du mardi au samedi à 19 h tél 01 56 08 33 88, les 30 et 31 janvier Espace Beaulieu à Poitiers, du 4 au 8 février à la Manufacture de Nancy, du 2 au 6 avril au Théâtre National de Toulouse.

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