ADIEUX DE DIDIER BEZACE AU THÉÂTRE DE LA COMMUNE D’AUBERVILLIERS, 16 décembre

 

 

Après 16 ans à la direction du Théâtre de la Commune avec Catherine Dan venue de Rennes, Didier Bezace dit Au Revoir à son public, dans la grande salle bourrée d’un public ému. Au premier rang, le toujours dynamique Jack Ralite aux côtés de Gabriel Garran, les deux fondateurs, le maire Jacques Salvator, et de nombreux amis fervents. La soirée s’ouvre sur le trio musical de Que la noce commence, d’Horatiu Maelele, le dernier spectacles décoiffant de Bezace. Çi-dessous théâtre du blog :

Que la Noce commence,  d’après le film Au diable Staline, vive les mariés! d’Horatiu Malaele, scénario d’Horatiu Malaele et Adrian Lustig, adaptation et mise en scène de Didier Bezace.

Une équipe de  tournage  d’une chaîne privée de télévision arrive dans un endroit désolé-autrefois industriel-de Roumanie,  pour un reportage sur les « phénomènes paranormaux » qui ont traversé l’histoire du pays. L’équipe  rencontre alors le maire du petit village, M. Gogonea, alias Gogonica,  qui lui raconte ce qui s’est passé, il y a soixante ans … On est en 1953: Staline meurt! La nouvelle parcourt le monde entier. Ce jour-là, souvenirs, souvenirs! nous mangions des macaronis que  notre père, médecin de campagne à Nesles-la-Vallée dans l’ancienne Seine-et -Oise, avait appelé « macaronis à la Staline » !
Dans ce village reculé de Roumanie, tout le monde peut assister aux ébats amoureux de Iancu et Mara. C’est un scandale dans cet  endroit reculé où la planification soviétique et  l’électricité n’étaient pas encore  arrivées! Les parents des amoureux se sont mis d’accord pour la date  du  mariage, et tout le village commence à préparer  le repas de noces avec force victuailles…Mais tombe alors l’annonce de la mort de Staline! Un commissaire soviétique débarque et prononce un  deuil national d’une semaine et interdit formellement toute fête!
Comment sauver alors cette célébration de mariage? Tout est prêt, impossible de  laisser pourrir les délicieux plats préparés! La noce se fait donc quand même dans un silence absolu, mais, au dernier moment, les mariés éclatent de joie et la fête va se déchaîner. À ce moment-là, tremblement de terre, un énorme tank défoncera l’horizon de la campagne ensoleillée et le mur de briques grises de la maison s’effondre sur les invités …
Interprété par dix-huit bons acteurs, dont deux sont aussi musiciens:Alexandre Aubry, Jean-Claude Bolle-Reddat, Julien Bouanich, Nicolas Cambon, Arno Chevrier, Sylvie Debrun, Daniel Delabesse, Guillaume Fafiotte, Thierry Gibault, Marcel Goguey, Gabriel Levasseur, Corinne Martin, Paul Minthe, Julien Oliveri, Karen Rencurel, Alix Riemer, Lisa Schuster et Agnès Sourdillon, le spectacle ne manque ni  d’ironie et de saveur. Superbement mis  en scène par  Didier Bezace au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers qu’il va quitter  après quinze  années de direction. Il a intitulé sa saison « Bruits et chuchotements »…

Gaby Levasseur, Nicolas Cambon et Thomas Ostrowetzky nous régalent de quelques airs de ce spectacle, dont certains n’avaient pas été retenus. Puis une cinquantaine d’acteurs envahissent le plateau, presque tous ceux qui avaient joué au Théâtre de la Commune. Pierre Arditi, méconnaissable  lit un texte sur « le théâtre, inusable machine, indispensable symbole d’entêtement à placer l’homme au centre de l’histoire » et puis les cadeaux sont remis à Bezace dans une grande valise : une chemise fleurie, des tongs, des tableaux. Catherine Dan fait son éloge : 16 années à Aubervilliers depuis guillet 1997, de 19000 spectateurs payants, on est passé à 26000. Beaucoup de public non payant pour les Rencontres Ici et Là dans toute la ville, en tournée 20 169 spectateurs . Des accueils d’auteurs nouveaux, Daniel Keen, Marion Aubert, Lydie Salvayre, Alexandra Badea entre autres…Bezace a su éviter les pièges de l’institutionnalisation en ne lâchant jamais sur l’exigence artistique…

Le maire évoque des rapports épiques pour les travaux qui ont transformé le Théâtre de la Commune, la grande salle, et les 1 500 000€ pour la salle de répétitions récemment ouverte aux 4 chemins. Jack Ralite guidé jusqu’à son fauteuil par Catherine Dan, n’a rien perdu de son éloquence, de sa verve et de sa passion pour les citations pour faire l’éloge de Bezace, qu’il avait détourné du Théâtre de l’Aquarium, au sortir de la salle Benoît XII au Festival d’Avignon. Bezace termine la soirée en citant les noms de la totalité des acteurs, techniciens et administratifs qui ont oeuvré à la restauration du Théâtre de la Commune, l’un des rares Centre Dramatiques Nationaux à ne pas s’être vendu à l’institution. 

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