QUATRE HEURES À CHATILA de Jean Genet, mise en scène Stéphane Olivié Bisson, Théâtre Paul Éluard de Choisy le Roi, 17 janvier

  

De Quatre heures à Chatila, je garde le souvenir vivace de Clotilde Mollet mise en scène par Alain Milianti, incarnant l’horreur de la découverte de ce massacre perpétré au Liban, dans un camp de réfugiés Palestiniens, par Jean Genet, premier témoin européen en compagnie de Leila Shahid en 1982.

Stéphane Olivié-Bisson dont nous avions pu apprécier le Caligula de Camus au Théâtre de l’Athénée en 2010, a repris un travail esquissé à la fin des années 1990 qui l’emmena de l’Institut du Monde Arabe, à Beyrouth,Amman et Jerusalem, en montant ce texte fulgurant de terreur, avec Carole Abboud, une actrice libanaise au Théâtre Monnot de Beyrouth, l’hiver dernier. Le Théâtre Paul Éluard de Choisy le Roi l’a accueilli pour une soirée unique, en version française surtitrée en arabe. À l’entrée du théâtre, on nous distribuait des tracts sur le blocus de Gaza privée d’essence, d’électricité et d’eau potable, où la centrale a cessé de fonctionner… Dans la salle où de nombreux jeunes d’origine maghrébine côtoyaient des élus de la ville, un silence tendu régnait.

 

Sur le plateau, un amoncellement de vêtements, de chaussures, de d’objets calcinés, recouverts de poussière. La parole de Genet découvrant l’horreur absolue de ce massacre d’enfants, de femmes, de vieillards, d’hommes assassinés sans raison dans ce camp de réfugiés palestiniens, s’élève dans les sanglots de l’actrice terrifiée. Elle fouille dans les décombres, en sort un vieil imperméable, s’en revêt : « les cadavres noirs et gonflés étaient tous palestiniens ou libanais. Le massacre de Chatila se fit-il dans un murmure ou un silence total ? Il m’a fallu aller à Chatila pour percevoir l’obscénité de l’amour et de la mort (…) On parlait hébreu à Chatila, aucun ne le dira… »  Carole Aboud erre dans les décombres se couche sur les restes qui jonchent le sol, pousse des hurlements silencieux ininterrompus.  Malgré de très beaux éclairages qui rasent le sol  et l’investissement de l’actrice très concentrée, l’émotion ne surgit pas comme pour cette première  représentation voilà plus de vingt ans avec Clotilde Mollet .

Théâtre Simone Signoret de Conflans Sainte Honorine, 18 janvier, Tél.01 39 75 27 19

 

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