LA MALADIE DE LA MORT de Marguerite Duras, mise en scène Christelle Derré, Collectif Or Normes, Confluences 20 janvier

 avec Bertrand Farge, Lydie O’Krongley, chorégraphie Odile Azagury, musique David Couturier, video, multimédia, lumières Martin Rossi

 

Belle découverte que cette mise en scène « transmedia » réalisée par une équipe pluridisciplinaire, autour de la jeune Christelle Derré, venue de Poitiers. 

Marguerite Duras est une idole vénérée qui m’avait appelée pour aller voir l’une de ses pièces à Colombes. J’avais failli m’évanouir en la voyant traverser le parvis du Théâtre 71 au bras de Yann Andrea pour voir Agatha, dans une mise en scène de Daniel Girard que nous avions programmé à Malakoff en 1986 !

 

Sur le plateau, derrière des transparents, on aperçoit une jeune femme en robe de satin blanc, l’épaule dénudée. Au fond on aperçoit des techniciens qui s’affairent à la lumière, aux projections et à la musique. Au jardin, un homme d’âge mûr lit le texte des Éditions de minuit, il se déplace au fil de cette description d’une relation amoureuse tarifée, que la jeune femme danse dans une étrange immobilité très sensuelle. Ce n’est pas une prostituée, mais elle se vend pendant plusieurs nuits relatées par son compagnon. Il y a les bruits de la mer à Trouville, le havre de Duras. Elle se dénude lentement, totalement à plusieurs reprises,  puis se rhabille avec une grâce et une sensualité étonnantes pendant de longues nuits.  Elle se rendort toujours au terme de relations  érotiques. Les projections sur les transparents troublent ses contorsions amoureuses, toujours étrangement pudiques. Lui se déplace sur le plateau, s’accroupit, il ne la touche pas sauf à la fin quand il la ramasse après une description érotique, pour la porter telle une statue qu’il dépose près d’une bâche dont elle se drape majestueusement, elle porte un chignon. On dirait une publicité pour une grande marque de parfum. On l’entend rarement sauf quand elle dit telle une reine : « Vous n’avez pas l’intelligence de votre maladie ! (…) un jour elle n’est plus là, son corps a disparu, la pénétration des corps, vous ne pourrez jamais la reconnaître »… Lui reste en dehors malgré les description amoureuses dans lesquelles il est impliqué, puisque c’est lui qui paye. Le mystère de ce texte reste entier, comme toujours chez Duras ! Les spectateurs fascinés mettent longtemps à quitter la salle.

 On peut voir sur internet le passé du Collectif Or Normes sur http://vimeo.com/81704083

Théâtre de Belleville du 4 au 28 mars, 94 rue du Faubourg du Temple.

 

 

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