CINNA OU LA CLÉMENCE D’AUGUSTE de Pierre Corneille, l’Échangeur de Bagnolet, 25 janvier

 

Mise en scène Noël Casale, Théâtre du Commun

 

« Au commencement de mes travaux de théâtre, il y a la Corse. De nouveau, aujourd’hui avec Cinna et la clémence d’Auguste (…) Voici peut-être pourquoi ; depuis 35 ans (j’en ai 52, je n’ai jamais connu sur mon île natale, une période de paix…)  » écrit Noël Casale en exergue de cette mise en scène ! Noël Casale, depuis 1995 a réalisé une quinzaine de spectacles présentés en France, à la Fonderie du Mans, au Théâtre des 13 vents à Montpellier, au Théâtre de la Tempête, à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon et bien sûr en Corse. Nous avions pu voir Le pont de Brooklyn à Gennevilliers où sa résidence en octobre lui a permis de travailer sa mise en scène de Cinna, avant d’aller la terminer au Gyptis de Marseille…

 

Des fils rouges sont tendus dans le grand espace de l’Échangeur, fils sanglants qui relient et fracturent les relations entre les personnages de Cinna, le sous titre de cette mise en scène est d’ailleurs « Cinna ou « l’expérience du meurtre » ! Pour raviver de lointains souvenirs, Cinna est le fils spirituel d’ Octave -Auguste ou encore César, grand empereur ayant assis son règne sur de multiples massacres. Auguste a en particulier mis a mort  le père d’Émilie, son prédécesseur à la tête de l’empire. Cinna épris d’Émilie qui partage son amour est prêt à tout pour la conquérir, mais celle-ci crie vengeance, elle exige que Cinna assassine Auguste pour sacrifier aux Mânes de son père. Pourtant Auguste qui considère Émilie comme sa fille, vient d’annoncer qu’il renonce à son empire dont Cinna doit hériter… Peine perdue,  Émilie reste intraitable « Pour qui venge son père, il n’est point de forfait ! « . La mise en scène est surprenante, les personnages se tortillent, hurlent leur texte à le rendre inaudible, rampent, tombent dans un délire extatique. « Pas de plaisir sans trouble et jamais de repos ! »Les personnages s’affrontent dans un délire sanglant : « Tu m’oses aimer et tu n’oses mourir ! ». Les fils sanglants se dénouent peu à peu, jusqu’à ce que l’empereur dissipe la conjuration, en affirmant « Je suis maître de moi comme de l’univers » et recueille les repentirs des deux amants « Ma haine va mourir que j’ai crue immortelle… » 

Cette mise en scène de Cinna restera comme un fer rouge dans notre souvenir.

 

5 et 6 février 2014 Espace Diamant d’Ajaccio

 

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