PARIS NOUS APPARTIENT Mouken Théâtre, l’Échangeur de Bagnolet, 15 février

 

D’après La vie parisienne d’Offenbach, livret de Meilhac et Halévy et des textes de Victor Hugo et Prosper-Olivier Lissagaray, mise en scène Olivier Coulon-Jablonka

 

« En jouant à confronter la fiction de l’opérette au réel du documentaire, il s’agit de voir comment le réal de la ville continue d’être traversé par de multiples représentations… » déclare le Moudken Théâtre. C’est une compagnie qui se coltine la réalité de notre temps avec le théâtre documentaire. Les 8 comédiens de Paris nous appartient, ont tous participé aux précédents spectacles d’Olivier Coulon-Jablonka, notamment Des Batailles d’après Pylade de Pasolini, Chez les nôtres d’après La Mère de Gorki et Pierre ou les ambiguïtés, que nous avions vus à l’Échangeur et au Festival Impatience de l’Odéon.

La troupe est réunie pour décider de l’utilisation des 290 €, recette de la dernière représentation : Aller dîner au restaurant, mais lequel ? Un pianiste revient d’une réunion avec le collectif Gabriel Péri, les acteurs revêtent robes à paniers et jaquettes pour entonner le train de Quimper, Métella, Repeuplons les salons du Faubourg Saint Germain… On reprend des textes sur la transformation de Paris par le baron Haussmann au milieu du XIXe siècle, qui en fit la « ville lumière » avec les cafés à la mode, les commerces de luxe, les grandes expositions, après en avoir expulsé toutes les couches populaires.  Un troublant parallèle est établi par le Moudken Théâtre avec notre époque et la description des transformations urbaines de Plaine Commune à Saint Denis, qui depuis les années 1970, s’est vidé de ses couches populaires, pour laisser place à des immeubles de grand standing réservés aux plus riches. Les comédiens qui ne sont pas des chanteurs professionnels entonnent avec une belle vigueur les grands airs de La vie parisienne, en revenant à la vie d’une compagnie qui se préoccupe d’une évolution sociale pernicieuse, dans ce grand Paris qui se construit, en rejetant toujours plus loin, les plus pauvres que l’on voit tous les jours mendier à nos portes. Comment ça fonctionne une ville capitaliste ? Ce Paris nous appartient est un délicieux et troublant cours d’économie musicale.

 

Théâtre l’Échangeur de Bagnolet jusqu’au 23 février du lundi au samedi à 20 h, dimanche à 17 h,  relâche le 19, Tél. 01 43 62 71 20

Théâtre de Sartrouville du 20 au 22 mars tél. 01 30 86 77 79

Comédie de Béthune du 26 au 28 mars, tel. 03 2163 29 19 

 

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