181 ANS DÉJÀ MON AMOUR ! par Anne de Broca, Théâtre de la Tempête, 3 mars

 

avec les apprentis de l’Académie Fratellini, Clément Malin et Calo Sorana, Laurent Derache à l’accordéon, avec la complicité de Philippe Dormoy

 

Anne de Broca célèbre depuis 1989 la première nuit d’amour entre Victor Hugo et l’actrice Juliette Drouet, le 16 février 1883, qui échangèrent une correspondance nourrie de 2000 lettres. Chaque année ou presque, Anne de Broca invente un nouveau spectacle joué une seule fois à partir de ces épîtres brûlant d’une passion dévorante. Juliette Drouet, actrice célèbre, avait abandonné sa carrière pour se consacrer à l’adoration épistolaire de son poète. Le Théâtre de la Tempête a régulièrement accueilli ce torride chant d’amour, 

 

Cette fois Anne de Broca a voulu mélanger les genres, faire une incursion dans le milieu du cirque. Elle apparaît en clown, entourée de deux jeunes acrobates encore maladroits et fait résonner les lettres de Juliette Drouet avec des chansons d’Édith Piaf qu’elle interprète avec une vraie maîtrise. Un accordéoniste des bas fonds l’accompagne, le spectacle offre un mélange étrange.

« Comme Job, je suis devenue la fable des gens ! ». L’amour  est bouleversé par des phrases de haine. Son clown porte des gants de boxe, elle monte sur une échelle : « Tu m’as dépouillée de ma gloire (…) J’ai peur d’être à tout jamais une pauvre fille (…) Jamais le rôle de la reine ne vivra par moi et pour moi (…) Il faut à tout prix enterrer le cadavre qui se place froid entre nos baisers ». L’alternance entre des passages lyriques, pleins d’une exaltation nourrie par l’éloignement  fait surgir la haine : »Vous êtes un vieux Toto, je dévoile tout de vos infirmités (…) je commence à croire que vous serez bientôt nommé à la Cacadémie Française ! (…) Je ne demande que la préférence entre la canne et le cure dent ! »

Le rayonnement d’Anne de Broca qui s’est pleinement investie  dans cette commémoration d’un amour surtout rêvé dans les lettres, les deux amants ne se rencontraient que rarement, est bizarrement troublé par les choix de sa mise en scène. Son aspect clownesque, le nez rouge et les shorts du début, la coiffe de papier dont elle se revêt, les pantalonnades des deux apprentis ainsi que les mots brûlants de Piaf, se marient mal avec les épîtres de Juliette Drouet. Il faut malgré tout saluer le talent Anne de Broca pour avoir su renouveler chaque année ou presque, cet exploit  artistique singulier.

 
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