COMPAGNIE T.O.C à la Générale 15 mai

Mirabelle Rousseau monte depuis 15 ans des spectacles singuliers avec le T.O.C. (Troubles Obsessionnels Compulsifs). Après des débuts à l’université Paris X de Nanterre et une résidence de plusieurs années au Collectif 12  de Mantes la Jolie, elle a monté notamment Turandot et le congrès des blanchisseurs de Brecht, spectacle décapant vu en Avignon en 2007 et Le Précepteur de Lenz vu au Théâtre de Vanves en 2011. Frédéric Fachena et d’autres artistes du Collectif 12 y participaient .

Le T.O.C. travaille  aussi sur des formes courtes réalisées à partir de textes non théâtraux, qui lui permettent d’expérimenter de nouveaux rapports scène salle et de conquérir de nouveaux publics. 

Trois spectacles de la compagnie sont présentés à la Générale, vaste bâtiment à appartenant à l’EDF, permettant de présenter plusieurs spectacles dans la même journée, grâce à à un aménagement des espaces. De nombreuses compagnies peuvent y répéter, il semblerait que la Ville de Paris veuille le transformer en cinéma !

 

L’ARVE EET L’AUME (75) La Générale 15 mai

D’Antonin Artaud, compagnie TOC avec Émilie Paillard, mise en scène Mirabelle Rousseau, dispositif IN SITU du CG 93, Collège Jacques Prévert de Noisy Champ avec le soutien du Nouveau Théâtre de Montreuil.

 

L’Arve et l’Aume, c’est un chapitre d’Alice au pays des merveilles revu et corrigé par Antonin Artaud à Rodez en 1943.  Le spectacle se joue dans une vieille armoire où l’on découvre Alice, petite fille bien polie de 7 ans et quelques mois face à Humpty Dumpty  qui s’appelle Dodu Mafflu incarné par un oeuf minuscule perché sur une étagère. Il est docte et péremptoire, répond sur un ton professoral indigné aux naïves questions d’Alice qui explore périlleusement toutes les positions dans l’armoire. Nous sommes de l’autre côté du miroir et ne perdons pas une miette de ce festival des nonsense dans ce gouffre périlleux prêt à aspirer la courageuse Alice qui tente jusqu’au bout de résister. Ce petit délice ne dure que 40 minutes. 

 

COMMENT J’AI ÉCRIT CERTAINS DE MES LIVRES (76) de Raymond Roussel, avec Laurent Charpentier et Mirabelle Rousseau, piano Nicolas Ducloux

 

  Nous pénétrons dans un salon mortuaire des années 30. On nous invite à nous asseoir autour d’un cercueil de verre où gît le cadavre de Raymond Roussel, » suicidé » à Palerme le 23 juillet 1933. À côté du cercueil, une dame de compagnie en grande tenue, incarnant Carlotta, femme paravent de l’auteur qui raconte ses déboires littéraires tout au long de sa vie. Il évoque tous ses échecs de publications, Impressions d’Afrique ( 22 ans pour écouler les exemplaires imprimés !), L’Étoile au front, Locus Solus salué dans la presse comme Blocus Solus ! L’acteur sort de son cercueil en proie au doute, verse des verres de vin, pendant que le pianiste se déchaîne.  « Je me suis toujours proposé d’expliquer comment  j’ai écrit certains de mes livres ». Le pianiste chante pendant qu’il évoque la construction de son écriture. Les associations de mots fusent dans une folie linguistique : « Morgue, le lieu où l’on expose les cadavres, je m’arrêterai sur ce mot pris dans les 2 sens ». Carlotta se lève, prend l’auteur par la main et l’aide à s’allonger dans son cercueil. Nous sortons de ce spectacle énigmatique, plein d’humour noir dans le plus grand silence.

 

 

MARIE IMMACULÉEE (77) de Jean-Patrick Manchette avec Estelle Lesage et Étienne Parc, mise en scène Mirabelle Rousseau

 

Le T.O.C. avait donné une ébauche  de cet étrange roman policier de Manchette, célèbre auteur, scénariste, critique littéraire, disparu en 1995 au Collectif 12 à la rentrée 2014 (Voir ce blog). Nous sommes rassemblés aux bords du lit de  Marie Immaculée, fille de la haute noblesse. Elle est allongée dans son lit entre des draps de satin noir, déguste lentement un verre de liqueur. Survient un jeune homme qui s’était dissimulé sous la fausse identité d’un personnage âgé pour s’introduire dans le château, il se présente comme Élysée Jamet, bien plus jeune, il est déterminé à lui faire subir les pires assauts sexuels . Il la viole et contre toute attente, prise de volupté elle en redemande.ILs partent pour un voyage périlleux dans un monde où la violence ne parvient que faiblement jusqu’à leur lit Le couple qui se livre à une longue gymnastique érotique des plus acrobatiques emporte l’adhésion des spectateurs.

http://www.le-toc.blogspot.com

 
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