FRICTIONS La Générale, 21 octobre

Performance d’Éric da Silva, co-mise en scène avec Henri Devier, vidéo et dispositif multimédia Frédéric Vallet et Alexis Pawlak, costumes Louise Trévaux du Fraval

La Générale, vaste lieu désaffecté appartenant à la Ville de Paris, géré depuis dix ans par un collectif d’artistes courageux, accueille régulièrement des équipes qui viennent y répéter et occasionnellement y donner une série de représentation. Mirabelle Rousseau y avait présenté trois spectacles percutants, voilà quelques mois (voir ce blog).
Jean-Pierre Han qui publie la revue Frictions, consacre son prochain numéro à Éric da Silva, grand artiste aux deux sens du terme, qui créa l’Emballage Théâtre, voilà une trentaine d’années. Nous l’avions découvert au début des années 80 dans Tombeau pour cinq cent mille soldats de Pierre Guyotat dans leur lieu improbable de Suresnes. Ils avaient travaillé sur La grande et la petite manoeuvre d’Adamov, s’étaient vus retirer les droits d’Off Limits par Jacqueline Autrusseau, avaient créé Nous sommes si jeunes, nous ne pouvons pas attendre. en supprimant le texte. Éric da Silva connut un début de reconnaissance institutionnelle grâce à Bernard Sobel qui l’accueillit à Gennevilliers avec Peer Gynt et Je suis Hiroshima 100 000° de plus que toi, puis au Théâtre de la Bastille. Rapidement déçu, abandonna le Théâtre pendant quelques années pour se consacrer à la pédagogie, y revint heureusement voilà six ans, avec cet étrange Est-ce que quelqu’un sait où on peut baiser ce soir vu en Avignon Off (voir ce blog).
Éric da Silva, haute stature et longue chevelure pénètre dans l’espace scénique, revêtu d’une longue jupe de satin bigarrée, son puissant torse maquillé de vert. Il débite à un rythme impressionnant un texte qui défile derrière lui sur un écran, au rythme des musiques d’Alexis Pawlak qui s’agite sur son ordinateur : « Je ne sais pas ce qui m’a pris, comme chez Artaud, ce qui n’est pas cruel n’est pas représenté (…) un bruit, une odeur, un frémissement dans ma tête (…) Je deviens vers la mort une fois pour toutes (…) je deviens transsexuel, transformiste ». Difficile de relater plus avant cette ébauche déroutante d’une performance en cours d’élaboration qui est en train de naître, mais on ne peut détacher les yeux de cette haute silhouette.
Pour la deuxième partie, ébauche de P’tit Louis dans la rue, son torse est rouge, même défilé du texte sur un écran, il a une allure de grand-prêtre oriental : « Comme un fou, un assassin, je ne veux pas mourir du sida …». Il s’agenouille avec un accompagnement frénétique à la guitare, la tête relevée en arrière, il calme un saignement de nez.
Fred : Tout à l’heure quand il est parti sur son délire de vouloir changer de sexe, tu te souviens ?
Henri : Oui et alors ?
Fred : J’ai eu envie de lui dire quelque chose comme t’as pas besoin de te biler et…
Henri : Quoi ?
Fred : J’ai pas osé. ».

Ces deux étonnantes performances Bonjour Monstre Shortcut et P’tit Louis dans la rue seront été présentées à Anis Gras jusqu’au 28 octobre 2014 à 19 h 30, relâche dimanche et lundi
Anis Gras, le lieu de l’autre, 55 av. Laplace, 94110 Arcueil, réservations 01 49 12 03 29

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