AVANT L’OUBLI, SE RETROUVER Théâtre de l’Aquarium 30 novembre

Diptyque mis en scène par Aurelia Van Den Daele

Formée au conservatoire de Clermont Ferrand et à l’ENSAD, Aurélie Van Den Daele est artiste associée pour 3 ans au Théâtre de l’Aquarium. Elle est également en résidence à la Nacelle d’Aubergenville, qui ne pourra tenir ses engagements, suite au retrait de la municipalité qui vient de passer à droite et s’est retirée du financement de cette association qui mène un travail remarquable depuis des années.

DANS LES VEINES RALENTIES, d’après Cris et Chuchotements d’Ingmar Bergman, texte d’Elsa Granat

Deux femmes sont occupées sur leur ordinateur auprès d’un lit où une autre, visiblement épuisée est étendue. L’une d’elles s’énerve contre le médecin : « L’état d’Agnès s’aggrave, pour moi, il faut qu’elle quitte la maison ! ». On entend le discours intérieur d’Agnès répété dix fois « Ne t’inquiète pas pour moi ». Elle halète dans les bras de son infirmière qui l’assiste dans sa maison qu’elle refuse de quitter et hurle à ses deux soeurs hypocrites : « N’entrez plus jamais dans ma chambre en donnant l’impression que vous savez quelque chose. Je veux sortir, marcher, sortir de ce corps ». L’une des soeurs saute sur le médecin en pure perte. On voit Agnès mourir, ses soeurs rester dignes et coincées.
Si l’on a vu le film de Bergman dont les images incandescentes subsistent dans notre mémoire après plus de 30 ans, la déception est inévitable. les deux soeurs avec leurs hauts talons qui claquent sont insupportables, seules Agnès et l’infirmière nous font basculer dans une émotion.

PEGGY PICKITT VOIT LA FACE DE DIEU de Roland Schimmelpfenning
avec Gwendal Anglade, Lorraine de Sagazan, Sol Espeche, David Seigneur

Deux couples d’amis, anciens étudiants en médecine, perdus de vue depuis des années, se retrouvent pour un dîner. Ils ont maintenant 41 ans, « maintenant nous sommes vieux ! » Liz et Franck sont restés dans une grande ville européenne, Karen et Martin reviennent d’un séjour humanitaire en Afrique. Après des échanges de banalités, on s’extasie sur une poupée en bois Annie Abeni ramenée de voyage. En échange c’est Peggy Pickitt, une poupée blanche en latex appartenant à la fille de Liz qui est offerte aux invités. Les verres se succèdent et les rapports deviennent agressifs : « les invitations me rendent agoraphobe, sans alcool je ne peux pas survivre ! » Il y a des arrêts de jeu entrecoupés de noirs, de brusques accélérations violentes, des crises de nerfs où tous les cadeaux sont éparpillés, suivies d’un retour à un ton plus pacifique. Les quatre acteurs se prêtent à ce jeu mondain et pervers avec un beau naturel.

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