LA CERISAIE Monfort Théâtre 14 avril, le Standard Idéal 10e édition de la MC 93 de Bobigny

Texte d’Anton Tchekhov, mise en scène Lev Dodine, production Maly Drama Théâtre

Jamais la parole de Tchekhov publiée voilà un siècle, n’aura résonné aussi fort qu’avec cette incroyable troupe de 11 acteurs russes menée par Lev Dodine ! Après Frères et soeurs, Gaudeamus, Des étoiles dans le ciel du matin, spectacles admirables vus à la MC 93, c’est le chant du cygne du Standard Idéal.
Le Monfort est bourré d’un public très mélangé, pas seulement des plus de 40 ans.
À l’avant scène les meubles de la Cerisaie recouverts de housses blanches, un grand lustre lui aussi couvert est suspendu au dessus de nos têtes, au centre de la salle une vieille caméra de projection. Sur le plateau un grand tapis replié, que les invités de cette dernière réunion vont déployer pour l’accrocher aux cintres. C’est un grand écran de cinéma bordé de noir où l’on va projeter les images du passé des cerisiers en fleurs où se promènent la famille et les amis de Lioubov Andreevna Ranievska venue pour un dernier voyage. Lopakhine fils et petit fils de serfs affranchis qui n’avaient pas le droit de pénétrer dans la cuisine en présence des maîtres, s’est enrichi, Varia la fille de Lioubov restée à la Cerisaie en gère tant bien que mal l’intendance, elle s’est éprise de ce jeune homme dynamique. De retour de France avec son frère, où elle doit retourner, Lioubov voudrait sauver la Cerisaie très endettée, mais l’argent lui a coulé entre les mains. Les cerises ne se vendent plus et la vente de la Cerisaie est inéluctable. Lopakhine a une solution, c’est de lotir la propriété pour faire de l’argent avec de petites villégiatures. On disserte à perte de vue, on pleure, on s’étreint, on s’enfuit derrière l’écran qu’on soulève dans de grandes envolées. Seul Lopakhine garde la tête froide, il a tout compris de l’argent, nouveau maître du monde. Les recherches d’emprunts auprès d’une riche cousine ne serviraient même pas à payer les intérêts de la dette ! C’est lui qui rachète la Cerisaie et qui résiste aussi après l’avoir consommé, à l’amour et au mariage avec Varia qui va partir comme gouvernante dans une autre famille. Interprétée par une distribution hors pair dans un dispositif qui enveloppe latéralement le public, notamment l’éblouissante Xenia Rappoport en Lioubov et le fascinant Lopakhine Danil Kozlovski, cette Cerisaie marque une compréhension visionnaire de notre civilisation détruite par l’argent roi.
Le Monfort Théâtre jusqu’au 18 avril à 20 h 30
réservations 01 56 08 33 88

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