LES 20 ANS DE CASSANDRE/HORSCHAMP Maison de l’Arbre-La Parole Errante Montreuil 24, 25, 26 avril

Trois jours pour fêter les 20 ans de Cassandre dans cette Maison de l’Arbre, accueillis par Armand Gatti, Hélène Chatelain et Jean-Jacques Hocquard qui veillent sur les destinées de cette maison jusqu’en 2016. Le bruit lugubre d’une réaffectation de ce bâtiment appartenant au Conseil Général rôde. On n’ose pas imaginer la suite…

On peut d’abord visiter une exposition d’arts plastiques, des photogrammes d’Olivier Perrot publiés dans la revue, des photographies de Donietta (belle couverture du n° 100) des peintures de Thierry Cauwet et de Claire Richez, les étranges oiseaux et les dessins d’Alexandra Fontaine.
Une première série de débats et d’interventions musicales et poétiques ouvre cette première soirée avec Rodrigo Ramis, Anna Andreotti, Joelle Léandre et sa contrebasse, j’ai d’ailleurs pu acheter à la table de livres son livre À voix basse, itinéraire d’une artiste singulière. Et puis aussi Michel Thion et ses poèmes de L’Enneigement, Séverine Vincent pour l’Art Éclair d’Olivier Brunhes, Jacques Livchine dans son Trassibérien de Cendrars qui fit surgir une passion amoureuse de 50 ans,

Laurent Schuh, Diodo Lycoudis,Laurent Grisel, Jack Ralite toujours lumineux. Tous complices de cette revue, ils y ont écrit, ont été interviewés, ils se mobilisent pour que cette publication précieuse puisse continuer au delà du numéro 101 publié sur papier, seulement 50 pages au lieu de 100, le reste étant publié sur Linsatiable.org.
La première journée offre des débats intéressants. « Autrefois il y avait des jardins à la française, aujourd’hui, l’humain est intubé à commencer par le cerveau. Y a-t-il une alternative, c’est là que le poète doit intervenir. Nous ne pouvons faire société que si nous avons un dialogue avec la nature contre la globalisation. (…) Mort aux technologies, pour se mettre à rêver, il faut supprimer les ronds points pour y installer des places. »
Patrick le Bellec et Anne Rivollet présentent Opener Dunkerque, un travail de plusieurs années avec les habitants pour rendre à cette ville le goût de la nature disloquée, Madeleine Abassade évoque le travail de toute une vie consacrée à Art et Psychiatrie à travers le journal de Nijinsky. Elle cite Beckett « Nous naissons tous fous, quelques uns le demeurent ». Jean-Claude Amara rappelle son obstiné travail au D.A.L. pour conjuguer l’art, la création et la lutte. Pour recréer une culture imaginaire pour ceux qui s’en croyaient dépossédés, ils avait créé 52 ateliers rue du Dragon avec les Tréteaux de la Colère. Olivier Neveux rappelle que tout à présent doit fonctionner comme une entreprise. Il faudrait recommencer à faire de la politique, assumer les conflits. L’art est devenu une marchandise, il faut inventer de nouvelles solidarités, notamment avec le peuple grec !
Marie-José Mondzain a le sentiment d’une trahison, elle évoque l’évolution du Ministère de la Culture qui s’est transformé en 1983 en Ministère de la Culture et de la Communication. La loi des experts et des évaluations s’est imposée, nous avons été soumis à la loi du marché, une trahison totale des objectifs de la décentralisation. Un geste artistique nous donne la liberté, tout le monde a droit au regard, il faut construire des rapports avec l’invisible, faire de l’infusion culturelle. Il faut nous inspirer des saxifrages, plantes sauvages qui parviennent à pousser entre 2 blocs de béton. « Invente ou je te dévore ! ».
Lazare fait une intervention décoiffante en compagnie de Franck Williams guitariste et Bianca Iannuzzi chanteuse, avec une belle rage poétique et musicale.
La dernière journée est consacrée au combat de l’Art dans la société marchande. Introduite par Bruno Boussagol qui évoque son refus de continuer à solliciter des subventions auprès des experts de la DRAC de sa région après plus de 30 ans de spectacles et d’un patient travail avec des enfants en hôpital psychiatrique. Il continue d’explorer Tchernobyl, 29 ans après la catastrophe nucléaire qui poursuit ses ravages. Michel Thion après 30 ans d’action culturelle mène son combat pour la poésie, contre une nov-langue qui empêche de penser. Il participe au combat d’un syndicat de poètes qui vont mourir un jour. Thierry Cauwet n’est pas dérangé d’être récupéré par la société marchande. Il ne faut pas se figer, perdre le sens, on doit conserver la notion de résistance et d’engagement. L’avenir de la création appartient à ceux qui ne la pratiquent pas, puisqu’ils se penchent sur vous, laissez tomber. La liberté de création est ébréchée, on a trop oublié le public. Il faut se souvenir de l’avenir..
Jeanne Poitevin qui combat à Marseille pour l’Art dans une société marchande, contre une société du mensonge évoque Camus qui l’a aidée à penser. Les institutions se méfient de la liberté. Claire Richez parle du formatage, la prime au meilleur ficeleur de dossier.
La dernière journée qui rassemble bien d’autres intervenants, se clôture sur les chants déchirants d’Angélique Ionatos acclamée, puis ceux de Delia Romanes et de ses musiciens. Les 2 chanteuses amies s’étreignent et chantent ensemble. Puis le banquet final un délicieux mafé servi par une équipe dévouée à une centaine de convives, près avoir nourri pendant 3 jours les spectateurs massés sur les gradins. À présent il faut se battre pour la publication du n° 102 de Cassandre/Horschamp.

http://www.horschamp.org

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s