LA CARTE DU TEMPS Théâtre 13 28 avril

Trois visions du monde au Moyen Orient de Naomi Wallace, (deuxième auteur américain à être inscrite au répertoire de la Comédie Française), mise en scène Roland Timsit, avec David Ayala, Oscar Coop, Abder Ouidhadi, Lisa Spatazza, Afida Tahri et Roland Timsit

Arrivée en retard, je n’ai pu voir que les deux dernières parties de ce « cri de rage en temps de paix » mettant en scène des palestiniens, des israéliens et un Irakien.
Sur un plateau nu éclairé par un grand écran ou l’on voit briller le soleil, un rectangle de sable blanc qui délimite le jardin d’un zoo détruit où venaient autrefois jouer les enfants. C’est cette terre violemment disputée, où ceux qui en ont été dépossédés peuvent faire preuve d’humanité au delà de la mort.

D’abord Un état d’innocence où l’on voit Oum Hisham une mère palestinienne dialoguer avec Yuval, jeune soldat israélien sur un petit zoo en ruines à Rafah. Yuval tente de mettre de l’ordre dans les décombres en dialoguant avec Oum parfois de façon agressive, elle emmenait sa fille Asma nager ici. Survient Shlomo, architecte qui déclare que ce zoo est « la honte de l’architecture sioniste ». Oum Hisham parle des colonies illégales et Shlomo renchérit en citant Ariel Sharon « Tout le monde doit bouger, courir et s’emparer d’autant de collines qu’il est possible afin d’élargir les colonies juives, car tout ce que nous prendrons maintenant demeurera en notre possession…Tout ce que nous ne prendrons pas leur reviendra ». On comprendra peu à peu que Yuval est mort, de même qu’Assma la fille de Oum. Celle -ci a assisté le jeune soldat dans son dernier soupir, comme elle aurait aimé la même chose pour sa fille Asma tuée dans sa maison avec ses pigeons lors d’une intrusion israélienne. Shlomo qui dit avoir 90 ans, n’est sans doute, lui-aussi plus de ce monde. Une étrange tendresse dans ces rapports entre les morts et les vivants relie les personnages.

UN MONDE ( QUI ) S’EFFACE
Cette troisième vision met en scène Ali, passionné d’oiseaux devant une pile de livres. Il évoque ses collections de pigeons et de tourterelles à l’âge de quinze ans, chante une berçeuse arabe de sa grand-mère qui s’est occupée de ses pigeons en 1991, quand il était mobilisé avec son copain Samir dans l’armée de Saddam Hussein où tout était interdit, même les oiseaux. À présent plus rien à manger, cinq mille enfants meurent chaque mois à cause du blocus.
« Les morts sont morts. Les vivants nous sommes des fantômes. Nous ne disons plus au revoir. Avec les crayons que nous n’avons pas nous écrivons nos noms pour l’avenir sache que nous étions là. Pour que le passé sache que nous arrivons. »
Une émotion nous saisit devant ces visions d’une humanité déchirée faisant preuve de tendresse au delà de la mort.
Théâtre 13 jusqu’au 7 juin, les mardis, jeudis, samedis à 19 h 30, mercredis, vendredis à 20 h 30, dimanches à 15 h 30

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