HAGATI YACU 30 mai, places des petits pères 75002 Paris, 30 mai, Coopérative De Rue et de Cirque

Compagie Uz et coutumes, direction artistique Dalila Boitaud Mazaudier et Boubacar Boris Diop

Nous avions pu voir une ébauche d’Hagati Yacu,interprété par 10 acteurs blancs, sur les massacres du Rwanda au Festival d’Aurillac en 2014. la compagnie avait fait depuis 2 séjours, l’un au Maroc, l’autre au Rwanda au printemps 2015. Cette fois c’est un spectacle beaucoup plus long où nous suivons les 10 acteurs dans les rues de Paris. On nous a donné rendez-vous Place des Petits Pères devant une église où un journaliste nous demande de le suivre dans les rues dans cet Hagati Yacu, Entre nous en Kinyarwanda. Nous arrivons sur une rue piétonne où sont disposées des claies de bois où nous pouvons nous asseoir, il y a des cahutes, des échelles d’où les personages profèrent leurs inquiétudes : « Faites comme si vous n’aviez pas vu, le plus dur c’est de dire au revoir (…) Il y a 20 ans, j’ai pris la route avec les enfants, nous avons marché… ». On trace des croix sur les portes des maisons « On parle la même langue, on y mange les mêmes choses, les choses qui restent, une femme de la terre doit savoir anticiper (…) Je ne manque jamais de rien, ni mes enfants, ni mon mari (…) Il faut tout emporter, nous ne devons pas laisser de trace, on n’a qu’à faire un grand trou. Qu’est-ce qu’on va faire des poules, elles se débrouilleront mieux que nous (…) On écrit les noms des morts pour se souvenir, je n’ai pas assez de temps pour pleurer les morts des autres (…) Enterrer les morts, réparer les vivants… » . Après un chant collectif de 5 femmes, nous sommes invités à nous déplacer.

Nous regagnons la place du départ où le journaliste nous demande de rappeler la première fois que nous avons menti. Dans une deuxième cour, nouvelle station où l’on énumère les morts, un couple s’étreint et l’on entend la terrible radio des mille collines appelant au meurtre des voisins. Un voisin, ça peut être un ami ou un gêneur ! (…) Que devions-nous faire, attendre que la mort frappe ? (…) J’aime par dessus tout les gens déterminés (…) Ils doivent tous mourir (…) Qu’est-ce qui s’est passé en 1994 ? Les cafards sont exterminés… ».

Une troisième station nous emmène devant la Bourse, mais je n’ai pu assister à la scène finale. Il y a 20 ans, un million de morts, un seul peuple, une seule langue, La France n’a pas les mains blanches et les fils de cette horreur ne sont toujours pas démêlés . Ce poème urbain de la guerre, du soleil et de la mélancolie n’a malheureusement pas rassemblé beaucoup de passants, en dehors des fidèles du Théâtre de rue.
http://www.uzetcoutumes.com

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