WINTER GUESTS, Expériences d’exil, Maison des Cultures du Monde, Théâtre de l’Alliance Française 26 juin

Création théâtrale avec une équipe d’étudiants réfugiés syriens, vidéo et graphisme Hamid Sulaiman, musique et dramaturgie Yamen Mohamad, chorégraphie Laura Oriol, mise en scène Aurélie Ruby
Cette allègre revue menée avec humour par une équipe d’une vingtaine d’étudiants syriens nous rend de l’espoir. dans notre monde en déroute. J’ai gardé un vif souvenir d’un voyage en Syrie en 2002 où j’avais croisé mes voisins de Malakoff dans les merveilleux sites d’Alep et de Palmyre.

Une longue file de spectateurs jeunes de toutes origines fait la queue dans la cour de l’Alliance Française.Le spectacle allie de drôles de projections en bandes dessinées avec des questionnaires auxquels les acteurs doivent répondre pour tenter de définir l’exil, des chants, de la musique, des petits ballets avec une belle théâtralité. « On va essayer de définir l’exil sous la contrainte d’un bannissement ou d’une déportation ». Ils vont chercher dans le Larousse en scandant les mots en français et en arabe. Hicham 25 ans, professeur de français va examiner les impétrants, chacun se présente, « qu’est-ce que tu veux faire pour t’intégrer en France ? » Chacun répond à sa manière, on se livre à une analyse grammaticale et à des exercices de phonétique : « les chaussettes de l’archi-duchesse sont sèches, archi-sèches ». On chante une Marseillaise accompagnée au Oud. Un acteur fume, il se fait envelopper par du papier hygiénique pendant que ses compagnons valsent maladroitement en couples sur une musique classique puis explosent sur de la musique arabe. « Qu’est-ce que ça fait d’être apatride ? ». Le papier hygiénique entassé en grands paquets de rouleaux joue un rôle dans le spectacle. C’est une question obsédante dans la déportation de centaine de milliers de gens réduits à fuir leurs pays pour sauver leurs vies. On assiste aussi à un tableau terrifiant de fusillades exterminant des fuyards qui cherchent vainement à se protéger.Mais les acteurs eux, ont survécu, ils imposent leur joie de vivre.
Une belle théâtralité que nombre de professionnels s’enlisant dans des spectacles inutiles pourraient leur envier. Nul pathos ni misérabilisme pour traiter ce problème essentiel que nos sociétés européennes en perdition ne veulent pas régler.

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