LE BOURGEOIS GENTILHOMME Théâtre des Bouffes du Nord, 2 juillet

Comédie-ballet de Molière avec la musique de Lully, mise en scène Denis Podalydès, direction musicale Christophe Coin, scénographie Éric Ruf.

Après 280 représentations de ce spectacle créé en 2012, présenté en 2015 au Festival de Fourvière, à Chambord et 5 fois à Pékin, voici que ce Bourgeois Gentilhomme reprend aux Bouffes du Nord jusqu’au 26 juillet 2015.
Au fond du plateau, on voit des rouleaux de tissu entreposés dissimulés derrière des voiles suspendus. Le père de Jean-Baptiste Poquelin n’était-il pas drapier ? C’est dans le fond de ce magasin, source de la fortune du Bourgeois, que pourra s’élaborer la cérémonie turque qui réunira les deux amoureux après avoir abusé le Bourgeois l
Après une ouverture musicale ouverte par un scribe à la bougie, on voit le bourgeois apparaître, soucieux « que son argent redresse les jugements de son esprit ». Pascal Reneric se déchaîne avec une belle sensibilité dans l’aveuglement de ce bourgeois qui peine à se faire gentilhomme, croyant que son argent va pouvoir lui ouvrir les portes de la noblesse. Après un concert baroque qu’il ne goûte guère et qui l’endort, il propose une musique de son cru, puis les maîtres se succèdent : maître à danser, leçon de révérence, maître d’escrime redoutable, tout le monde se bat, même le maître de philosophie qui revient blessé. Néanmoins, Monsieur Jourdain subira sa leçon de philosophie sous la férule ridicule du docte professeur pour écrire une lettre à sa belle marquise. Le ridicule ne tue pas mais presque. L’aveuglement de Monsieur Jourdain ne se dissipera pas, puisque après s’être fait dépouiller par un entremetteur pour séduire Dorimène la belle marquise, il ne cédera sa fille qu’à un « turc » -c’est Cléonte, son amoureux déguisé- , au terme d’une cérémonie où il est intronisé « Grand Mamamouchi ».
Autour de l’excellent Pascal Reneric qui incarne un ébouriffant Jourdain, résolu, prêt à toutes les compromissions pour se faire accepter, pitoyable de drôlerie, se déploie une troupe de comédiens, danseurs et musiciens qui alourdissent parfois le spectacle un peu long, malgré une belle dextérité physique, ils peinent à s’imposer. Les costumes surchargés de Christian Lacroix déploient un luxe inutile, heureusement le choix des travestis pour la cérémonie turque fonctionne bien. En tous cas, le final suscite l’enthousiasme du public.
Théâtre des Bouffes du Nord jusqu’au 26 juillet, du mardi au samedi à 20 h, dimanches à 16 h, relâche le 14 juillet, tél 01 46 07 34 50
http://www.bouffesdunord.com

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