INCULTURE(S) : L’ÉDUCATION POPULAIRE MONSIEUR, ILS N’EN ONT PAS VOULU Octobre bouge, salle Jean Jaurès de Malakoff, 3 octobre

Conférence gesticulée de Franck Lepage

Les AMIS (alternatives malakoffiotes pour l’initiative solidaire) ont organisé le premier festival local de conférences gesticulées avec différents débats, et des ateliers , résistance aux médias dominants, atelier de destruction massive des mythes économiques et surtout un atelier de désintoxication de la langue de bois. Point d’orgue savoureux de la première soirée, Franck Lepage faisait sa 400e conférence gesticulée, déjà vue 2 fois. Il arrive en short, avec des bottes de jardinier, un poireau à la main : « C’est l’État qui dit ce que c’est que la Culture : c’est une espèce de religion complètement inquestionnable !  (…) J’ai arrêté de croire en la démocratisation culturelle !…». Il cite Bourdieu « La Culture accentue les inégalités et reproduit les rapports sociaux (…) le pauvre est une espèce qui résiste à la Culture, n’acceptez jamais de vous faire chier au théâtre ! (…) Le ministère a été créé pour vous faire croire en la démocratie, en réalité pour adhérer au capitalisme (…) 60 ans que le ministère nous bassine avec la révolution culturelle ! ».

Franck Lepage retrace les aberrations de construction d’un coûteux décor inutilisable, retrace l’ascension de d’André Malraux, « ce mytho, cet alcoolo » et le tissu de mensonges sur lequel s’est bâtie sa légende au moment de la création du Ministère des Affaires Culturelles en 1959. Et surtout sa rencontre avec Mademoiselle Christiane Faure, chargée de façon éphémère de l’Éducation populaire au sein du ministère. Il met en lumière les contrevérités assénées aux Français à travers la transformation des mots : les exploités sont devenus les défavorisés, quand on est exploité, il faut un exploiteur, mais on est responsable de sa situation de défavorisé ! Sur la carrière qu’il a mené au Ministère de la Culture « Je suis devenu menteur professionnel ! (…) Dans notre France, gueule de pognon, il y a eu un effondrement de la démocratie délégataire. On était là pour détruire le service public. Les cotisations patronales sont devenues des charges sociales… »

Après un entracte bienvenu, car le gaillard qui sait faire rire est parfois un peu lourd, c’est l’extraordinaire rencontre avec Mademoiselle Faure qu’il avait prise pour un homme au téléphone et lui a interdit de l’enregistrer et de prendre des notes. Professeur au lycée d’Oran, elle avait refusé d’obéir au nazis qui avaient exclu ses élèves juives, en leur donnant des leçons chez elle, la nuit. L’Éducation Populaire a rapidement été reléguée et oubliée au Ministère de la Jeunesse et des Sports, tout comme les Maisons de Jeunes et de la Culture où nombre d’entre nous forgèrent leurs premières armes.
« L’insertion n’existe pas, le préfet utilise 2 mots, République et Sécurité …On est mis sur le marché, travailler, c’est trouvailler, le projet c’est ce qui tue le désir, on nous a volé les mots, on nous a filé à la place de la pacotille ». Il finit en invoquant Mademoiselle Faure : l’ardeur, ça compte !

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