DIPTYQUE HÉLÈNE BESSETTE l’Échangeur de Bagnolet, 23 novembre

 

Arrivée par hasard à l’Échangeur sans rien connaître d’Hélène Bessette, écrivain hors normes d’origine modeste, éditée par Gallimard de 1953 à 1973 (13 romans et une pièce de théâtre) sans avoir connu le succès malgré 2 propositions pour le Goncourt, je découvre une auteure rare incarnée par une actrice hors normes.

PRIÈRE DE NE PAS DIFFAMER ou la véridique histoire d’Hélène Bessette de chez Gallimard (196) de Régis Hébette  et Gilles Aufray  avec Laura Wolf.

Laura Wolf incarne Hélène Bessette, en blouse de femme de ménage, mains dans les poches, lointaine et ironique,  de sa voix grave aux rythmes implacables, elle raconte le calvaire de sa  carrière d’écrivain maudit, faute d’avoir accepté de plier aux injonctions des puissants. Son enfance, très tôt elle commence à écrire, on l’en empêche. Sa mère la force à devenir institutrice, elle enseigne dans les villages les plus obscurs, « Saint-Georges sur Eure, vous connaissez Saint Georges sur Eure » et s’échappe dès qu’elle a un instant pour écrire. « Un livre c’est beaucoup, c’est un peu comme une lampe qu’on allume ou qu’on brise ». Elle finit par quitter l’enseignement et après avoir perdu un procès sur une fausse accusation  de plagiat dans un roman publié par Gallimard, elle devient serveuse puis femme de ménage pour pouvoir continuer à écrire à compte d’auteur. Duras avait dit « La littérature pour moi, c’est Hélène Bessette « «.

Elle brandit une petite valise contenant ses 48 manuscrits, publiés ou non. « Je meurs en 2000 au Mans, j’ai 82 ans ».

Si OU LE BAL AU CARLTON (197) d’après Si de Hélène Bessette (éditions Léon Scheer, mise en scène et adaptation Régis Hébette,

Jeu Laura Wolf, création sonore François Tarot, lumières Renaud Lagier.

C’est encore Laura Wolf qui incarne Hélène Bessette, non plus dans son costume de femme de ménage, mais  en Désira femme chic de la trentaine, dans un grand espace. Elle se dissimule et change de costumes dans une cabine masquée par un rideau transparent au fond du plateau, long rideau dans lequel elle se drape quasi nue, et cherche sans cesse à mettre en scène son, ses suicides !

« Si je me suicide, ce n’est pas par manque d’homme. On en a plus qu’on en veut des hommes

Et dans la tombe enfin

Je serai seule. »

« Dame seule, trente ans ne cherche plus personne de compagnie » Et une remarque d’actualité : « la République, elle est au cimetière ! »

Elle manipule de petites marionnettes, des personnages, ses connaissances qu’elle voue aux gémonies de son étrange voix grave et très rythmée.

Présenté à Bagnolet hors les murs les 30 novembre, 7 et 14 décembre, ce diptyque Bessette sera joué à l’Échangeur jusqu’au 14 décembre, vendredi et samedis à 20 h 30, dimanche à 17 h, lundi à 21 h, tél 01 43 62 71 20

http://www.lechangeur.org

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