IL ÉTAIT UNE FOIS GERMAINE TILLION Théâtre des Quartiers d’Ivry, Studio Casanova 12 février

d’après Il était une fois l’ethnographie et Les ennemis complémentaires de Germaine Tillion, mise en scène Xavier Marchand, scénographie de Michel Jacquelin

De Germaine Tillion, magnifique combattante morte centenaire, beaucoup de souvenirs remontent au moment d’aller voir ce spectacle. Elle a mené un combat permanent contre le racisme « peur devenue folle et c’est ce qu’il faut éviter à tout prix si l’on veut que  l’humanité survive ! » écrivait-elle dans La traversée du mal, magnifique témoignage de ses luttes qui vient d’être réédité aux éditions Arléa du Seuil, parmi une douzaine d’autres textes passionnants. Le spectacle en est largement inspiré.

Les souvenirs prégnants de Germaine Tillion, d’abord Une opérette à Ravensbrück montée par Frédéric Fachena et Laurent Vernaud avec le Collectif 12 de Mantes la Jolie, et des lectures de ses textes Ravensbrück, Il était une fois l’ethnographie et Le harem et les cousins, restent majeurs.

Deux parties dans ce spectacle interprété par cinq comédiens, dont Pascal Omhovère seul homme dans cette distribution féminine. D’abord l’Algérie, les femmes sont attablées autour d’une grande table basse à compulser des documents. En projection, une immense carte de l’Algérie, les Aurès, des villes Bou-Saada, Biskra, (des souvenirs personnels de 1965), et surtout Aris capitale d’où Germaine Tillion partit en 1934 pour parvenir après 14 heures de cheval dans un village dont elle sut partager la vie pendant des années pour apporter un témoignage capital. Une ouverture joyeuse pour surmonter d’énormes difficultés, la vie quotidienne, les langues « J’ai eu de vraies conversations, tout de suite, mais avec l’aide de traducteurs dont je pouvais contrôler la fidélité (…) Il y a des régions où la langue change d’une vallée à l’autre.». On l’accompagne dans cette épopée avec les chargements improbables de son mulet, elle parvient rapidement à se faire adopter dans une région de nomades ou personne ne comprend un mot de français. Sa quatrième mission dans les Aurès est interrompue par la guerre en juin 40, où elle doit regagner Paris.

La deuxième partie se déroule d’abord à Ravensbrück, où elle est déportée pour avoir monté le réseau de résistance  du Musée de l’Homme, dénoncée par un prêtre. Elle continue de se comporter en ethnologue grâce à la solidarité de ses compagnes, écrit son opérette cachée au fond d’une caisse, survit aux maladies, mais a la profonde douleur de perdre sa mère déportée elle-aussi, ainsi que de nombreuses compagnes.

Et l’on retrouve Germaine Tillion à Alger, où elle parvient à aider à la pacification du terrorisme, grâce à ses liens avec des résistants algériens emprisonnés qui seront libérés après des engagements mutuels respectés.

Xavier Marchand a bien su mettre en lumière le destin de cette femme exceptionnelle, dans une scénographie dépouillée, une table, de tabourets et des projections. Sa compagnie Laconicolacheur mène à Marseille des projets avec différentes communautés. Il a monté une douzaine de spectacles dont Au bois lacté de Dylan Thomas avait été présenté entre autres au TQI.

Studio Casanova d’Ivry à 19 h du mardi au vendredi, samedi, dimanche 16 h, Tél 01 43 90 11 11

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