L’ODIN TEATRET AU THÉÂTRE DU SOLEIL 8 mars 2016

L’Odin Teatret est revenu pour présenter 2 spectacles au Théâtre du Soleil : DANS LE SQUELETTE DE LA BALEINE, du 9 au 13 mars et LES GRANDES VILLES SOUS LA LUNE du 16 au 20 mars. Il y aura aussi des Démonstrations -Spectacles TRACES SOUS LA NEIGE avec Roberta Carreri le 17 MARS À 11 H, L’ÉCHO DU SILENCE avec Julia Varley le 18 à 11 h et QUASI ORFEO le 19 à 11h.

La venue de la plus grande troupe du monde à mes yeux, s’est ouverte sur une rencontre publique entre Ariane Mnouchkine et les acteurs du Théâtre du Soleil et Eugenio Barba avec ses acteurs de l’Odin Teatret qui se sont interrogés sur leurs 104 années de théâtre, en titre LE PRIX DE L’EXPÉRIENCE-CONTRAINTES ET DÉPASSEMENTS DANS LE TRAVAIL DE GROUPE. La salle  était bourrée d’aficionados fascinés.

Ariane Mnouchkine ouvre la soirée, reconnaissante et étonnée de ces rencontres. C’est elle qui a accueilli l’Odin Teatret ces dernières années. « Eugenio avait souhaité fêter ensemble les 100 années de nos 2 groupes. » Nous sommes face à la trentaine d’acteurs du Soleil et aux 7 compagnons d’Eugenio Barba. Ariane évoque leurs expériences récentes du voyage, pour le Soleil en Inde, pour l’Odin à Bali. Qu’est-ce qu’on gagne et qu’est-ce qu’on perd ?

Ariane :« Nous sommes partis en Inde avec tout le Théâtre du Soleil, avec ceux qui ne brillent pas et ceux qui le font briller. On a fait notre école nomade à Pondichéry. Le vendredi 13 novembre, l’impensable s’est produit à Paris, je n’osais pas en parler, je me suis obstinée. Le chaos indien est terrible, mais c’est une terre-mère, une terre d’abondance pour le théâtre. On a été très proches les uns des autres, avec quelque chose de régénérateur qui affirmait la vie du théâtre. »

Eugenio : »Holstebro est une ville de 25000 habitants, les voyages conditionnent l’existence de notre groupe qui vit de ses tournées. Dans les années 70, nous avons pu éclore à l’air libre devant des personnes qui ne nous connaissaient pas, les voyages nous ont régénérés.  Il fallait s’échapper de l’Odin, Bali c’est le lieu le plus beau que je connaisse, nous y sommes resté 3 semaines pour bâtir le squelette du spectacle ».

Ariane : « À Pondichéry les comédiens ont profité de leur liberté, sans transports ni enfants, avec de gentils comédiens tamouls écrasés par le télévision, qui avaient oublié leurs trésors. Nous étions venus pour prendre leurs outil, une petite caisse dont ils n’avaient plus le désir »

Ibn comédienne de l’Odin : « Au début, tout était excitant et nouveau. Ma fatigue est plus grande qu’avant pour ce nouveau spectacle. Je n’ai pas d’urgence de m’exprimer dans ce spectacle qui parle des oiseaux, c’est la fatigue de la satiété. J’ai 25 élèves qui me suivent depuis 25 ans, il vont continuer à faire ce dont je ne suis plus capable. Pour voyager, on n’a pas forcément besoin de partir, que l’on voyage physiquement ou que l’on s’inspire d’un théâtre essentiel, la démarche est la même. Chaque jour on se pose la question, qu’est ce que le théâtre ? »

Maurice Durozier: « Au Soleil on a la chance de beaucoup travailler, de beaucoup jouer, c’est ça qui nous nourrit. Je suis parti et revenu. Il faut toujours jouer avec les mêmes, savoir lutter contre. Le boulot d’un chef de troupe c’est de faire que le matin on soit nouveaux les uns aux autres, il faut espérer de l’autre tout le temps. »

Ariane attend des merveilles, la définition du travail collectif, c’est l’espoir dans l’exigence constante. Oscar Wilde « rien de ce qui est essentiel ne peut être enseigné sauf ce qui est vraiment essentiel. »

Julia Varley de l’Odin : « La fatigue vient aussi de la charge de l’histoire. Pour les 50 ans de l’Odin, Eugenio nous a demandé d’enterrer les costumes de nos spectacles. Au dessus, on a construit une balançoire, c’est l’Odin qui joue sur cette balançoire. On a commencé à jouer comme des enfants ».

Eugenio : « Je décide des spectacles. Mon projet est un projet politique, l’acteur doit aller au delà de ses possibilités. Après 3 ou 4 ans chaque acteur a conçu son propre spectacle. Chacun de mes acteurs est un acteur pédagogue ».

Ariane : « C’est toujours moi qui propose, mais j’ai besoin de sentir l’enthousiasme des enfants. Nous aussi, nous sommes fatigués parfois avec une impression d’impuissance Je viens d’avoir 77 ans, c’est ce monde opaque et inadmissible qui nous fatigue,qui devient incompréhensible, que devons-nous faire ? ».

Eugenio « Je n’utilise jamais ce que je lis dans les livres avec mes acteurs. Je fais de l’alpinisme, mais pas dans l’Himalaya. Les livres sont publiés après 10 ans de travail en inventant de métaphores. »

Roberta de l’Odin : « Être à l’Odin, c’est comme être dans la mer, si on arrête de bouger, on coule ».

Ducio du Soleil : « Nous enterrons nos costumes symboliquement. Il faut faire travailler au mieux l’imagination physique. Le Butoh, le Topeng donnent des clefs pour découvrir l’autre ».

Eugenio : « On tourne autour de l’apprentissage par le corps, l’imitation est fondamentale. Au départ de l’Odin, en Norvège, notre groupe Norvégien jouait en Norvégien. Après notre installation au Danemark, nous sommes devenus une légion étrangère. Comment raconter une histoire ? Nous sommes des invalides parce que nous ne pouvons pas communiquer avec les spectateurs ».

Au Théâtre du Soleil, il y a 25 nationalités, avec des accents. On a évolué avec Hélène Cixous. Il s’agit de se glisser dans un personnage, de le copier avec des mots. Il faut être très proche des comédiens, très humble.

Eugenio : « La fin du théâtre, c’est le spectateur. Je dois stimuler mes acteurs de manière à ce qu’ils ne se répètent pas. Je deviens le protecteur du spectateur. »

Ariane : « Nous faisons le spectacle que nous avons envie de voir. Je commence à penser au spectateur très tard ».

Un comédien du Soleil : »Pour Macbeth, Ariane a regardé les 45 premières représentations. Elle avait peur, elle éprouve toujours une émotion en accueillant le public, il y a un lien amoureux entre le public et les acteurs ».

Julia de l’Odin a besoin de la présence d’Eugenio. Tout le monde se demande à quoi il sert. L’indifférence est un péché capital, elle menace notre monde. Eugenio sert à garder les braises rougeoyantes, à empêcher la destruction, à redonner de la force, du sens ! ».

La soirée se termine autour du bar et des livres foisonnant vendus par Patrick Pezin éditeur des Voies de l’acteur pour l’Entretemps, à côté de ceux du Théâtre du Soleil.

http://www.theatre-du-soleil.fr

http://www.oditnteatret.dk

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