LES GRANDES VILLES SOUS LA LUNE Théâtre du Soleil, 18 mars

Un concert de l’Odin Teatret dans l’esprit de Bertolt Brecht avec ses 10 acteurs musiciens

« Le spectacle Les grandes villes sous la lune est né par hasard en 2000, d’un troc entre notre théâtre et un groupe de patients de l’hôpital psychiatrique à Bielefeld en Allemagne. Nous pensions ne le présenter qu’une seule fois, mais il fait partie désormais de notre répertoire. Le spectacle décrit posément des scène d’exil, de massacres et d’exactions qui appartiennent à l’histoire de notre temps, accompagnés de chants de poètes qui nous sont chers : Bertolt Brecht, Jens Bjorneboe, Ezra Pound, Li Po » écrit Eugenio Barba.

Les dix acteurs sont assis en demi cercle, leurs accessoires et leurs instruments de musique à leurs pieds. On voit un soldat en treillis très raide se placer au centre et chanter une mélopée : « J’étais devenu un soldat expérimenté/ Quand je signais pour aller en Iran(…) J’ai vu bien des champs de bataille/ Mon pays a une grande mission (…) Et quel cadeau venu d’un pays lointain/ Réveilla ma mère un matin/ Les restes de mon corps sauté sur une mine/ Dans un cercueil avec le drapeau canadien… ».

Une succession d’images et de chants saisissants qui donnent le frisson. Iben casse un verre de vin : « Je suis allée là où je pouvais, j’ai changé de pays plus souvent que de chaussures (…) même l’hiver le plus long n’est pas éternel (…) les maisons de mes amis sont vides, mais la nuit ils sont avec moi ! ». Roberta incarne Mère Courage, Iben reprend  son costume rouge pour son rôle de Catherine, sa fille muette de Mère Courage qui s’enfuit et va tenter de toutes ses forces de réveiller la cité de Halle sur le point d’être envahie. Des frissons d’émotion remontent avec les souvenirs de Cendres de Brecht joué par l’Odin Teatret au Théâtre Paul Éluard de Choisy le Roi en 1982. Tage chante la complainte de Mackie Messer, Roberta chante Kurt Weill en nourrissant le poisson rouge dans un bocal placé entre les jambes d’Iben/ Catherine allongée et violée. Julia tricote, elle avance lentement en tirant derrière elle de grosses pelotes de laine, l’air extasié. « Les empires s’effondrent, l’avenir est dans les ténèbres, l’eau de pluie à force de couler vient à bout de la roche la plus dure. »

Un final magnifique en forme de revue américaine qui se termine sous la cendre sur O moon of Alabama et un chant chinois.

Théâtre du Soleil Cartoucherie de Vincennes, samedi 19 mars à 20 h 30, dimanche à 15 h 30, Tél 01 43 74 24 08

http://www.odinteatret.dk

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