LA PRINCESSE DE CLÈVES L’Échangeur de Bagnolet 21 et 22 mars

De Madame de Lafayette, adaptation et mise en scène de Magali Montoya, compagnie Le solstice d’hiver, avec Arlette Bonnard, Éléonore Briganti, Élodie Chanut, Bénédicte Le Lamer, Magali Montoya, musicien Roberto Basarte, peintre en direct Sandra Detourbet, scénographie Emmanuel Clolus.

Il faut vivre en direct cette épopée de plus 7 heures, présentée en 2 épisodes que l’on peut voir 2 soirs de suite ou en intégrale les week-ends.

En exergue une déclaration de Marguerite Duras dans La passion suspendue : « J’ai retrouvé La princesse de Clèves, toujours lu trop vite/ C’est un livre très beau que je voudrais avoir écrit/ Son extraordinaire modernité tient justement/ Dans ce jeu paroxystique des regards qui se croisent/ Sans jamais se rencontrer, de ces paroles/ Qu’ils s’échangent sans jamais les prononcer vraiment/ Et de ces silences interminables où en réalité/ se dissimule la profondeur indicible de la vérité/ Comme dans tout amour ».

Les 5 femmes dans des costumes contemporains sont devant un immense tableau de la généalogie royale du XVII siècle, une douzaine de chaises, un banc, au jardin une immense penderie où sont suspendus des costumes, à la cour un musicien qui va accompagner subtilement un des plus beaux romans d’amour.  Au dessus de sa tête un écran où sont projetés les étranges dessins de Sandra Detourbet que l’on voit attablée. Certaines ont un livre rouge à la main qu’elles font mine de lire par moment, elles incarnent tour à tour les personnages  avec une grande maîtrise.

Elles évoquent Monsieur de Nemours « il avait plusieurs maîtresses ». Il est question de marier Mademoiselle de Chartres qui « est admirée de toutes les dames de la cour », sa mère est à la recherche du meilleur parti, « on ne croyait pas qu’une femme puisse être aimée quand elle avait passé 25 ans ». Mais Mademoiselle de Chartres est mariée à Monsieur de Clèves qui s’est pris d’une folle passion pour elle. Et voilà qu’au cours d’un bal, c’est elle qui s’éprend de Monsieur de Nemours, passion partagée et impossible, jusqu’à la fin de ce roman mythique marqué au cinéma par des images lointaines du film avec Marina Vlady.

Les 5 femmes endossent tous les rôles avec une maîtrise étonnante, Magali Montoya incarnant le douloureux Monsieur de Clèves. Sur le grand plateau, seul un bouleversement de chaises et un déploiement des costumes de cour que les actrices n’endossent pas. On reste haletant fasciné par cette passion brûlante que Madame de Clèves refuse d’avouer et qui ne la quittera pas après qu’elle ait refusé de s’y livrer, même après la mort de son mari, terrassé par sa jalousie. Elle fuira les jeux de la cour pour ne pas s’abandonner à cet amour défendu qu’elle a peur de perdre et qu’elle gardera dans son coeur jusqu’à sa mort précoce.

L’Échangeur de Bagnolet jusqu’au 26 mars en une journée à 15 h, en 2 soirées 1e partie le 24, 2e partie le 25 à 19 h, Tél 01 43 62 82 49

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