LA CERISAIE Théâtre Antoine Vitez d’Ivry 9 mai

d’Anton Tchekhov, mise en scène Yann-Joël Collin, la nuit surprise par le jour.

« Chaque spectacle est conçu comme une aventure humaine, celui d’un groupe d’acteurs mis en situation de fabriquer la pièce dans le temps du spectacle, et d’entraîner le public dans le jeu complice de cette fabrication » écrit le chef de cette troupe qui a rassemblé une vingtaine d’acteurs. Depuis 1993, Yann-Joël Collin a monté une dizaine de spectacles, de Brecht à Shakespeare en passant  par Gabily, Beckett et Molière dans des mises en scène singulières.

Nous sommes devant un plateau nu, au fond un grand rideau rouge, on nous présente les personnages, certains à contre emploi comme Firs, le vieux serviteur de la famille, incarné par une jeune femme ventrue au long masque pointu, les costumes sont quotidiens. Il y a des arrêts de jeu silencieux qui provoquent des rires, les 10 acteurs sont rassemblés pour attendre Lioubov Andreevna qui revient dans sa Cerisaie après une longue absence en France auprès d’un amant qui l’a trahie. On doit vendre le domaine au mois d’août, le gérant Lopakhine les accueille et propose de louer les terres aux estivants, puisque la Cerisaie croule sous les dettes, dont on n’a plus les moyens de payer les intérêts. « Jusqu’à présent, on avait les maîtres et les moujiks. Maintenant il y a les estivants ! ».

Le deuxième acte s’ouvre sur un film de la rue qui jouxte le théâtre et sur les loges. Lioubov résiste aux solutions proposées par son gérant : « Le datchas, les estivants, c’est d’un vulgaire ! (…) J’ai toujours jeté l’argent par les fenêtres ». Elle serre  dans ses bras Petia, l’ancien précepteur de ses enfants, éternel étudiant qui fait un discours sur la société décadente.

Après un entracte bienvenu, on s’est perdus dans des longueurs, c’est la vente de la Cerisaie, Lopakhine fils de serfs qui n’avaient pas le droit de s’asseoir dans la cuisine de ses maîtres, affirme : « Tout est fini depuis longtemps, il faut une fois dans la vie regarder les choses en face ». Il avoue son triomphe, c’est lui qui a acheté la Cerisaie mise aux enchères pour payer les dettes. Il faut partir, on a étalé une grande bâche blanche où les paquets sont rassemblés. Lioubov tente de faire avouer ses intention à Lopakhine dont Varia la gouvernante est amoureuse. Peine perdue, il part pour gérer ses affaires et Varia devra partir comme gouvernante dans un autre domaine.

Avec des longueurs délicates dans la première partie, on retrouve du plaisir à déguster cette pièce de Tchekhov qui parle d’un monde en train de disparaître.

Théâtre Antoine Vitez d’Ivry à 20 h, mardi, mercredi, vendredi, samedi, jeudi à 19 h, dimanche à 16 h, relâche mercredi 11 et lundi 16, 23 et 30 mai, réservations 01 43 90 11 11

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