SCÈNES DE RUE À MULHOUSE 17 juillet

C’est le jour de clôture d’un festival avec une trentaine de spectacles. Avec l’état d’urgence provoqué par la tuerie de Nice, 2 spectacles susceptibles de troubler l’ordre public ont été annulés, notamment Zéro Avril : « Pour mourir rendez-vous sur place 15 minutes avant le spectacle »…
Heureusement, le dimanche entre nous, rue de la Navigation dans le beau quartier Drouot en briques rouges, le long de la rivière, a été maintenu, avec des expériences singulières autour de la nourriture qui se termineront par un banquet pour plusieurs centaines de personnes, artistes et spectateurs réunis, autour de la plus longue tablée qu’on ait jamais vue. Cela se prépare dès le début de l’après-midi

AUTOUR DU PAIN collectif Quignon sur rue Performance artistique et gustative avec Peggy Dalibert, Laurent Lebarbé, Charlotte Cabanis, Phil Devaud, Hervé Guinouard, Béatrice Moreno

Nous pénétrons dans l’enceinte du festival, une clairière où sont disposées des petites tables devant un four en train de chauffer et un comptoir circulaire où sera débité le pain en fin de cuisson. Un oriflamme au dessus du four proclame « Un régime sans l’Art m’aigrit ! ». Une énorme pâte est pétrie avec énergie par une grosse matrone, les volontaires se répartissent le partage, avant qu’on enfourne le pain quand le four sera chaud. On pourra le déguster lors du banquet.

PASTA Y BASTA Compagnie À l’envers avec Benoît Gasnier, scénographie Guénolé Jezequel

Pour le banquet du soir un groupe d’habitants a préparé des kilos de pâtes que l’on découpe avec de petites machines et que l’on suspend sur de grands trépieds afin qu’ils sèchent pour le repas du soir. C’est ludique, tout le monde s’y met avec la plus grande bonne volonté. Benoît Gasnier et Guénolé Jezequel ont conçu l’installation de ce banquet comme on écrit la trame d’un récit. Et sous les arbres, avec des lumières multicolores, on dégustera cette pasta en devisant avec nos voisins inconnus, servis par les chefs de table attentifs dans de vraies assiettes, avec des échansons qui circulent pour nous abreuver. Une belle réussite que cette clôture chaleureuse.

STAND 2000 Installation foraine du Théâtre Group avec Patrice Jouffroy Pio D’Elia et Bernard Daisey

Voilà une vingtaine d’années que Patrice Jouffroy prodigue son inénarrable verve de vieux bonimenteur avec cette installation foraine impressionnante, des dizaines et des dizaines de peluches, de la plus petite à l’énorme disposés à l’arrière d’un gros camion. Patrice est le chef de la famille Gomez, il présente ses complices, Chico, le fils de sa cousine et Kirtcho venu de Skoplie à la mine patibulaire. Il fait rentrer les candidats qui veulent gagner des lots, tout le monde tente sa chance et personne ne repart les mains vides, sous le bagout fleuri et intarissable du chef de troupe. Les spectateurs font la queue, émoustillés par sa verve d’autrefois. C’est furieusement et agréablement démodé pendant 4 heures avec de petites pauses, il faut bien boire un coup de temps en temps.

GERMINAL les Batteurs de Pavé (Suisse)
avec Laurent Lecoultre et Emmanuel Moser

Manu Moser aime démonter les grands textes de la littérature classique, il les met en pièces et leur rend une nouvelle vie. Avec son complice Laurent Lecoultre,il s’attaque à Zola, il interpelle le public et mobilise les spectateurs pour leur faire interpréter les rôles des fables qu’il raconte. Il fait appel aux CDI, CDD, chômeurs et retraités pour qu’ils se portent volontaires pour les rejoindre sur scène. « On est dans le Nord de la France en 1885. Dans les mines, il y a un travail harassant, mais c’est du travail ». Les enfants se précipitent pour jouer et répètent avec bonne volonté ce que disent les 2 complices. C’est rapide, très caricatural et efficace. Le public est écroulé de rire.

Manu Moser organise depuis plusieurs années un festival de rue attrayant, La Plage des Six Pompes à la Chaux de Fond du 31 juillet au 6 août 2016.

LE PARLEMENT DE RUE Théâtre de l’Unité

Le Théâtre de l’Unité a lancé au 30e Festival d’Aurillac en 2015 son premier Parlement de rue. Il faut élaborer des propositions de lois avec les habitants, puis les soumettre au vote de l’Assemblée réunie le soir, elles sont retenues ou rejetées par Madame la Provisoire, résumées en musique par les 2 Chochottes en grande tenue et moquées par Didier Super, grande vedette sur internet qui fascine et fait écrouler de rire ses spectateurs avec son mauvais goût et ses fausses notes.
Arrivée en retard, trop de spectacles à voir, c’est une chanson sur Zizi en l’air. Madame la Provisoire fait voter la loi sur la réhabilitation de la nudité dans les parcs, elle est rejetée. La loi sur l’abolition de l’héritage en échange d’une garantie à la retraite est adoptée. La chanson de Didier Super est limite. Celle sur un congé supplémentaire pour se cultiver sur présentation d’un justificatif, « la culture il faut que ce soit un peu chiant » est adoptée.
On clame un texte de Victor Hugo « La misère peut disparaître comme la lèpre a disparu ! ». La suppression du 49/3 est adoptée, le permis à point de citoyen n’est pas voté, celle sur l’obligation pour chaque homme de s’occuper des gnomes un jour par semaine est refusée. La loi sur l’obligation pour chaque citoyen de dire du mal de son supérieur en parlant librement de son boulot est adoptée.

La loi sur l’obligation de manger un hot dog tous les jours pour annuler les tabous religieux n’est pas votée.
La loi sur la valorisation du bénévolat, forme la plus durable d’énergie renouvelable (140 millions de bénévoles soit 12 à 17 milliards €) est adoptée en dépit de réserves sur la diminution de recettes pour l’État.

Un poème d’Aragon, « J’aime pas les gens… »

La loi sur la protection des limaces est refusée, celle sur le tirage au sort des ministres est adoptée comme l’interdiction de gagner plus de 5 fois 3500€. La loi sur la bière gratuite tous les premiers samedis du mois est adoptée. Pour terminer, un poème : « Combien ça coûte l’indifférence ? ».

Comme à chaque Parlement de rue, les propositions de lois seront envoyées à Manuel Vals.

Prochain Parlement de rue les 10 et 11 septembre à Cergy Pontoise.

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