SILENCIEUSEMENT Archives Nationales Pierrefitte, 9 octobre

Composition en six mouvements, Création musicale de Nicolas Frize, les Musiques de la Boulangère, aboutissement d’une résidence de 2 ans.

Depuis l’annulation du concert à la suite de l’attentat de l’automne 2015, le joli dépliant de Silencieusement trônait dans l’entrée de ma maison. Cette fois nous avons pris la ligne 13 jusqu’à Saint Denis Université pour découvrir ce magnifique bâtiment de verre que Nicolas Frize a exploré dans ses moindres recoins, avec son équipe d’une douzaine de musiciens et plus d’une centaine de choristes adultes et enfants. Il fallait faire sonner ce bâtiment de verre suspendu sur l’eau, on s’y perd un peu malgré des guides énergiques qui nous entraînent d’une salle à l’autre.

D’abord « À la vie et à la mort » sur le quai de déchargement, avec un clavecin, un cornet à bouquin, cornet muet, 2 voix parlées et bandes magnétiques. On est un peu perdus, naviguant d’une salle à l’autre, faisant parfois escale sur des tabourets : «  je me recompose sans cesse, le passé n’existe pas (…) les papiers ne sont pas des papiers (…) tout ne se produit qu’une fois (…) ainsi va ce peuple, se transformant et s’oubliant ! ».

Deuxième station après un long dédale, clavecin, cornet à bouquin et cornet muet, 2 voix parlées et bandes magnétiques dans la zone de pré-tri. On secoue des tubes pleins de grains de sable et de billes, on danse avec des papiers. Un historien nous implore de réveiller les morts, un archéologue nous souffle l’idée que toute trace, tout document du passé n’appartient qu’au présent.

Puis Le corps aimé de l’archive, partition pour un grand ensemble hétérogène de percussions et guitare basse, les musiciens et les archivistes résistent à l’ensevelissement, avec percussions et guitare basse.

Dans la salle de lecture Des citoyens, partition pour quatuor vocal, grand choeur, 5 violons, cor, basson et choeur de voix d’enfants, mobilise l’enthousiasme, avec une centaine de choristes.

Enfance et oubli, partition pour ténor, théorbe, clarinette basse et voix d’enfant, se joue dans un amoncellement d’objets. « Je crois que tu ne cherches pas à te rappeler, les mots sont une mémoire et tu voudrais bien voir ce qu’il y a derrière (…) La mémoire ça s’entretient, si on regardait un peu devant et un peu derrière… » affirme un adorable bambin.

Reconnaissance, partition pour piano et images projetées rassemble 53 personnes dans un film réalisé par Nicolas Frize sur les chariots d’archives. On décroche un peu dans ce foisonnement d’images.

Écoulement, la dernière séquence est liquide. Dans les bassins bordant le bâtiment, il y a 2 îles avec les instrumentistes duos de flûtes et de guitares, les lecteurs marchent dans l’eau, lisant des textes qu’on peine à entendre. Sur ce mélange d’instruments et de voix on perçoit une lettre à un préfet sur le choléra !

Silencieusement qui a mobilisé Nicolas Frize pendant 2 ans, a été tiré d’entretiens réalisés avec une centaine d’agents des Archives Nationales. Silencieusement a fait l’objet d’une luxueuse et passionnnante publication de 150 pages réalisée par Gérard Paris-Clavel avec des textes, des dessins et des photos.

http://www.nicolasfrize.com

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