CHAUD DEVANT ou comment le théâtre se saisit de l’actualité pour la saisir sur un plateau, Maison Jacques Copeau de Pernand Vergelesses, 21 au 23 octobre

L’accueillante Maison Jacques Copeau animée par Jean-Louis Hourdin qui l’avait heureusement rachetée, organise cette rencontre de 3 jours autour de l’actualité politique, la crise des subprimes, l’après Charlie, le réchauffement climatique, les Lehman Brothers, le suicide au travail, autant de sujets inquiétants dont le théâtre s’empare. Hourdin nous accueille avec un mot de « Bienvenous », évoque la mort de Dario Fo qui fustigeait les puissants et rendait leur dignité aux pauvres. « Nous sommes entourés d’assassins, il faut rendre le théâtre plus proche de nous, le partager avec la rage et la joie au ventre ».

Marco Consolini de Paris III introduit la discussion sur le sujet des rencontres, avant l’intervention de Béatrice Picon-Vallin, remarquable exposé sur le théâtre documentaire en Russie au XXe siècle. Dans la salle, on évoque les arguties des puissants qui n’ont que le mot de liberté à la bouche, la liberté du renard dans le poulailler. La liberté et l’égalité ne devraient jamais être dissociées, la fraternité pour qu’on ne se tape pas dessus !

Après une intervention de Carmen Kattuto sur « les Blouses Bleues, l’agit-prop et la Révolution Russe, Olivier Neveux traite de Comment le Théâtre se saisit de l’actualité à partir des oeuvres de Michel Vinaver, invité qui n’a pu se déplacer.

LE BRUIT COURT QUE NOUS NE SOMMES PLUS EN DIRECT Théâtre de Beaune
Collectif L’Avantage du Doute, un spectacle de et avec Simon Babkhouche, Mélanie Bestel, Judith Davis, Claire Dumas et Nadir Legrand
« Pour nous faire du théâtre, c’est profondément politique. Difficile de proposer une alternative ! (…) L’image médiatique sa mise en scène, sous couvert de nous informer, nous rend impuissants et souvent accablés ! ». Cette farce décoiffante agite les acteurs dans des dingueries grotesques autour du personnage de DSK sans rien proposer d’alternative…

Leila Rabhi venue de Syrie parle de notre responsabilité en Europe sur la guerre menée depuis 2011 pour des intérêts financiers et stratégiques. Catherine Boskowitz et Jean-Christophe Lanquetin ont élaboré un théâtre documentaire et pédagogique.
Nicolas Lambert a conçu 3 pièces sur les armes, notre richesse occidentale est bâtie sur le pétrole, le nucléaire et les armes. Ses 3 spectacles comptent 12000 mots, il cite Truffaut « le meilleur méchant, c’est celui qu’on ne voit pas ».

Le Nimis Groupe a construit ses spectacles à Liège à partir d’un atelier avec des étudiants du Théâtre National de Bretagne. Ils ont développé des échanges européens.

On peine à comprendre les politiques migratoires européennes, l’agence Frontex censée coordonner les frontières extérieures. Les charters d’expulsions font le lien entre politique européenne et le privé.

Françoise Bloch évoque le voile, héritage colonial méconnu et refoulé, dévoilement forcé en Algérie coloniale.

Jacques Livchine et Hervée Delafond évoquent le « Rater mieux » leur devise qu’ils croyaient avoir inventée et qui est de Beckett. Leurs Kapouchniks tous les mois depuis 10 ans rassemblent une vingtaine de comédiens professionnels au Studio des 3 Oranges d’Audincourt autour de l’actualité politique de la semaine travaillée dans la journée dans la presse. Comment faire politique ?
Le propre du théâtre engagé, c’est de réinterpréter ! Au théâtre, on apporte des réponses qui ne sont pas celles du politique ! Il faut aller du compliqué au simple, le théâtre a une force de persuasifon redoutable. C’est la petite vis du grand mécanisme de la révolution.

TRÈS NOMBREUX, CHACUN SEUL Théâtre de Beaune, 22 octobre

Sur une idée de Jean-Pierre Bodin et d’Alexandrine Brisson, avec Jean-Pierre Bodin et Christophe Dejours, compagnon de route Jean-Louis Hourdin.

Christophe Dejours s’est intéressé aux suicides dans le monde du travail. Il raconte comment le cadre d’une entreprise, employé exemplaire et aussi délégué syndical en est venu à se suicider, laissant une lettre accusant ses patrons de l’avoir poussé à la mort et demandant de classer son suicide en accident du travail. Le procès a été gagné, Antonio a dénoncé un système malade dans cette entreprise de 10000 salariés, Renault a été condamné pour faute inexplicable. Jean-Pierre Bodin incarne son personnage avec une grande force.
Alexandrine Brisson dans le débat, évoque la fin du monde du travail. Nos téléphones sont fabriqués en Corée par des gens qui meurent des conditions indignes auxquelles ils sont condamnés. On est en train de construire une ignorance ! On n’a même plus la liberté de parler de la disparition de la liberté !

Dans le débat final du 23 octobre, Paul Fructus évoque ses cabarets sur la montée de l’extrême droite dans les camps de vacances, avec des réactions négatives des spectateurs. Si un bon militant a une question sur tout, il n’a pas une réponse à tout. Il faut être têtu et douter, faire appel à l’intelligence collective.

Jérôme Thomas mentionne la venue de Hollande à la SACD où Pascal Rogard a proposer d’enlever la culture au TAFTA. Il faut quitter la logique des institutions, il y a une force de générosité réelle, soyons bâtisseurs ! Le théâtre peut être un moyen d’information interactif, « si tu n’as pas un mot de plus que la télé, ferme ta gueule ! ». Antoine Vitez affirmait que le théâtre était un laboratoire des conditions humaines.
La Maison Jacques Copeau construit des Ponts !
La troisième journée se termine dans une cave autour de dégustations de vins délicieux.

http://www.maisonjacquescopeau.com

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s