UNE HEURE AVEC MONTAIGNE Théâtre Essaïon 5 décembre

Adaptation et jeu Delphine Thellier

« En voyage, chacun emmène se petite pharmacie…Pour le voyage qui me mène jusqu’à ma fin, j’ai trouvé celle qui me correspond : Montaigne nous aide à vivre avec gaité, avec volupté, avec tranquillité. En « sauts et gambades » à travers les Essais, je partage avec le public le meilleur d’un homme tout simple qui à partir de son Moi, a su atteindre l’universalité de la condition humaine.
J’invite bien sûr le lecteur à lire la totalité des Essais. Il ne s’agit ici que d’une infime partie » écrit Delphine Thellier en ouverture de son petit livret des Essais de Montaigne que les spectateurs peuvent déguster à la sortie après avoir entendu ses paroles.

Elle se promène simplement dans cette oeuvre immense, parlant d’abord d’une expérience de la mort, à laquelle Montaigne avait échappé lors d’un accident de cheval, bousculé par un gros roussin monté par l’un de ses gens, grand et fort. « On me dressa sur mes pieds et je rendis un plein seau de sang pur (…) De cette façon, je commençai à reprendre un peu de vie, mais ce fut peu à peu et au long d’un si grand espace de temps que mes premières sensations étaient beaucoup plus proches de la mort que de la vie (…) À la vérité, pour s’apprivoiser à la mort, il n’y a qu’à s’en approcher ! ».

Un chapitre sur les Cannibales empreint d’un bon sens ironique : « Nous pouvons bien appeler les Cannibales barbares par rapport aux règles de la raison, mais non par rapport à nous qui les surpassons en toute sorte de barbarie. (…) Leur guerre n’a d’autre fondement parmi eux que la seule recherche de la valeur. (…) Ils sont encore dans cette heureuse situation de ne désirer qu’autant que leurs nécessités leur demandent : tout ce qui est au delà est pour eux superflu. »

Un chapitre sur les animaux, sur Étienne de la Boétie, son cher ami trop tôt disparu avec un extrait du Discours sur la servitude volontaire, un autre sur Dieu, sur la sagesse : »le monde est une branloire pérenne, ou une balançoire perpétuelle si vous voulez. »

Le dernier chapitre sur la vie se conclue par cette phrase ironique : « Sur le trône le plus élevé du monde, nous ne sommes encore assis que sur notre cul, et tous, autant que nous vivons, nous ne sommes que fantômes, ombres légères… ».

Delphine Tellier, après un trou fugace au début du spectacle, nous promène avec amour dans cette oeuvre vitale qu’elle nous restitue pour notre bonheur.

Théâtre Essaïon lundi à 20 h Tél 0178 46 42

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