LE RELÈVEMENT DE L’OCCIDENT: BLANCROUGENOIR Théâtre de la Bastille 6 décembre

Compagnie de Koe, texte, distribution et mise en scène Natali Broods, Willem de Wolf, Peter Van den Eede.

Cette troupe belge née en 1989, cite volontiers cette phrase de Tchekhov dans une lettre à Gorki : « Les hommes mangent, ils se contentent de manger et pendant qu’ils mangent, se joue leur bonheur ou leur destruction totale !  (…) Déranger, c’est exactement ce que doit faire le théâtre s’il veut échapper à sa propre mort ! ».

C’est le 15e spectacle de la compagnie de Koe, dont on avait pu voir plusieurs spectacles au Théâtre de la Bastille, notamment My dinner with André, Du serment de l’écrivain de Diderot, L’homme au crâne rasé, Qui a peur de Virginia Woolf, Onomatopée…

Sur le plateau, un immense cadre de tableau sépare la scène en 2, les 3 acteurs lorgnent la salle. Dans cette première partie blanche, 5 débuts. Le père fracasse la cuisine blanche, il balance du lait sur les tableaux. On voit une projection du Concorde. Les clients boivent 2 bières, 34 bières, ils s’étonnent d’avoir des courbatures et de grossir, échangent des plaisanteries sur le petit déjeuner : « How can you have breakfast without an egg ? »
La femme en caleçon avec des bottes rouges à talons, raconte sa journée, elle annonce ce qu’elle veut pendant que les 2 autres la caressent. « Une cage, un aquarium avec une collection de poissons tropicaux (…) parlons du temps perdu (…) Maggy c’est ma chatte, la chatte de tout le monde (…) Je suis constamment une chatte sur un toit brûlant (…) Pourquoi avons-nous acheté un bateau, parce que nous sommes trop célèbres pour baiser sur la terre ferme ! »
À la fin de ces 2 premières parties blanche puis rouge où nous nous débattons à la recherche d’un sens, Natali apparaît dans un costume d’un rouge éclatant sur de très hauts talons à la Zizi Jeanmaire, on apporte des armures que les 2 hommes n’arrivent pas à revêtir : « Mon rôle manque de stabilité ». Interprété avec humour par 3 bons comédiens dans un sabir franco britannique traduit sur écran, cette première partie loufoque qui devient lassante, est heureusement interrompue par un entracte d’une demi heure.

Ils sont en noir à la recherche du moment de l’histoire de la Renaissance à 1913, où on est devenus pessimistes. Sur le tableau suspendu à l’envers, les dates défilent : 1492 la fin du Moyen-Âge, 1533 Copernic a osé dire que la terre tournait autour du soleil, Goya, Mozart, Napoléon, «  le néo gothique voilà la réalité expressive du beau et du laid (…) Le marché mondial détruit le marché intérieur (…) dans 100 ans, tout ira mieux ! »
Ces fragments saisis au fil de la représentation ne peuvent rendre compte de ces performances d’acteurs assez brillantes dans lesquels on ne peut que s’égarer et parfois sourire.

Théâtre de la Bastille à 19 h 30 jusqu’au 17 décembre, dimanche à 17 h, relâche les 9 et 14 décembre, tél 01 43 57 42 14

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