LES RUCHES 2017 Maison Unité Audincourt du 17 au 22 avril

Depuis une quarantaine d’années, le Théâtre de l’Unité a conçu ses Ruches où des acteurs professionnels et amateurs, tous ceux qui aiment, peuvent venir butiner auprès de différents artistes confirmés, acteurs, musiciens percussionnistes, improvisateurs venus de tous les horizons. D’abord à Saint Quentin en Yvelines où Jean Morlock qui dirigeait l’APASC, les avait accueillis pendant 7 ans où leur Carnaval des Ténèbres avait rayonné de ses feux au début des années 80, puis au Centre d’Art et de Plaisanterie de Montbéliard avec leur Réveillon des Boulons la nuit du 31 décembre pendant 7 ans encore, puis à Audincourt où un refuge leur a été offert, quand ils ont décidé de quitter Montbéliard en 2000.

8 alvéoles ont été proposées à une cinquantaine de stagiaires pendant cette semaine : Urgence, le Théâtre de Crise à la manière de Grand peur, Théâtre de Rue à Mains Nues et Rêves et Cauchemars animés par Hervée Delafond et Jacques Livchine, Je Détexte le Théâtre par Pascal Reneric, Grand Guignol par Genviève de Kermabon, Improvisation par Christian Sinniger leur vieux complice des matchs d’improvisation au Bataclan, Rien n’est Beau par Yves-Noël Genod et Body Druming, Beat Box et Circle Songs par Gaspard Herblot, artiste de cirque, comédien, musicien.

Les différentes alvéoles de 2 heures chacune étaient fréquentées par plus d’une quinzaine de participants, dont des animateurs des différentes alvéoles. Les 60 inscrits pouvaient choisir au maximum 4 alvéoles sur 8, ce qui impliquait une grande énergie.

Pascal Reneric qui avait fait ses premières armes avec la LISA de Meudon dans son lycée, avait fréquenté les premières Ruches, il s’est affirmé entre autres dans Le Bourgeois Gentilhomme de Denis Podalydes aux Bouffes du Nord.
Pascal propose d’inventer un jeu à partir du texte, une sorte de cadavre exquis; Il distribue une pile de cartes avec des répliques aux acteurs : « Que reste-t-il une fois qu’on a tué le théâtre ? Qu’est-ce que le théâtre ? » Il faut s’emparer d’éléments de costumes, de bâtons, de répliques, monter une action avec ou sans la musique qui baisse et qui remonte, s’emparer de bâtons pour aller où, nulle part !
Pendant 4 séances Pascal Réneric, a partir de la centaine de répliques distribuée à ses acteurs, parvient à leur faire trouver l’urgence de dire ces phrases ramassées et assénées. Curieusement, il y a une étrange cohérence dans ces situations surgies du hasard des improvisations.

Beat Box de Gaspard Herblot réunissait une vingtaine de participants qui devaient marcher en rythme sur place, claquer des mains, se frapper sur tout le corps, marcher en cercle, faire des démonstrations de voix par groupes de quatre. Le résultat pour des non initiés est impressionnant.
Yves Noël Genod avec dix comédiens affirme qu’au théâtre, le mot chien aboie, que le mot pain a du goût. Sans vraiment les diriger, il parvient à leur faire faire n’importe quoi, « on peut tricher sans le savoir !  (…) Laissez votre âme flotter, vous n’êtes pas dans une histoire debout avec vous-mêmes (…) L’auteur n’est là que pour aider le lecteur à imaginer ses propres images , faites le jeu de ne pas chercher ! ». Les images les plus insolites surgissent, un homme allongé s’appuie sur les genoux d’un acteur,un autre en pagne danse torse nu, un chameau monté par une actrice monte sur le plateau, une autre fait sa crise d’hystérie, une aitre, sein dénudé offre son lait à téter et on fait la queue. La règle d’Yves-Noël Genod « Oser des situations étranges ! ». Il y est parvenu.

Christian Sinniger présente ses 15 improvisateurs, il les fait marcher dans l’espace, leur fait faire des révérences et des sauts, en un ligne par hauteur décroissante, en ligne sur une corniche, dans un ascenseur, dans un égout, par groupes manches longues, bijoux ou pas bijoux, cheveux longs, cheveux courts, par ordre alphabétique. En cercle on balance des phrases en prononçant des mots, il faut changer sa démarche dans un passage de relais.

Geneviève de Kermabon évoque le Grand Guignol né au début du XXe siècle, cruel et dégueulasse, mais crédible et ludique. On y utilise du vitriol, les blessures des visages sont figurées par de la confiture derrière les bandages. Chacun doit chanter sa chanson en tournant et prendre la relève. «  Ne violez pas l’autre ! ». Elle organise un concert de rires et un orchestre de pleurs.
Deux filles et un garçon doivent faire leur pro^re mise en scène : Le baiser dans la nuit. On assiste à l’opération d’une belle femme dont le mari veut faire un monstre. On met l’âme humaine sous une loupe. Au fil des séances, on voit des crimes de maris vitriolant leurs femmes qui se vengent à leur tour.

Hervée Delafond et Jacques Livchine ont emmené leurs 25 abeilles au marché d’Audincourt et à la gare du TGV dans des défilés insolites. Bien peu de monde dans les rues mais de belles complicités avec certains commerçants.

La soirée de clôture avec Blinis et vodka rassemble les intervenants et leurs petites abeilles dans un bal joyeux et frénétique.

http://www.theatredelunite.com

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