LITTORAL Théâtre du Peuple de Bussang, 2 août

De Wajdi Mouawad, mise en scène et scénographie Simon Delétang

Simon Delétang vient heureusement de reprendre la direction du Théâtre du Peuple de Bussang, lieu magnifique au croisement de la Franche Comté et de l’Alsace, fondé par Maurice Pottecher, à la fin du XIXe siècle, qui y faisait jouer les ouvriers de son entreprise. Après six années de direction de Vincent Goethals qui se croyait dans un Centre Dramatique National, c’est une heureuse succession.

En exergue du programme de l’été, une phrase dynamique de
Simon Delétang : « Tel un arbre qu’on élague afin de lui permettre de prendre de la hauteur, je souhaite que ce premier été se concentre sur l’essentiel, lié rencontre entre des publics et des oeuvres majeures dans ce site exceptionnel, avec du temps libre pour réfléchir et échanger (…) La perspective de créer un spectacle avec une troupe importante, composée d’artistes professionnels et amateurs, ici au Théâtre du Peuple, m’a intuitivement ramené à cette oeuvre. Littoral est devenue entre temps, un classique du théâtre contemporain. Mon souhait à Bussang est d’offrir les plus grandes pièces du répertoire , qu’il soit classique ou d’aujourd’hui, et Littoral s’est imposé comme geste inaugural. (…) Enfin, j’ai lié cette quête d’identité de Wilfrid à ma propre biographie en proposant à mon père, acteur amateur avec qui j’ai fait mes premiers pas sur scène, il y a 25 ans, d’endosser le rôle du père et lui faire vivre cette aventure exceptionnelle de Bussang dans l’esprit familial des premières créations de Maurice Pottecher. Les artistes amateurs seront très présents dans ce spectacle, ils endosseront des partitions importantes. La plupart d’entre eux ont suivi le programme de formation proposé ici toute l’année afin de créer une vraie troupe en adéquation avec l’esprit et l’exigence de ce nouveau projet ». ».

En exergue sur l’écran, une phrase tirée d’Hyperion d’Höderlin : » Nous ne sommes rien, c’est ce que nous cherchons qui est tout ».

Wilfrid est au lit avec une femme, au moment suprême, le téléphone sonne, on l’informe de la mort de son père qu’il n’a jamais connu. Sa mère était morte en lui donnant la vie….Il va retrouver le cadavre paternel et se met en tête de trouver un lieu pour célébrer ses funérailles, il est rejeté de partout, les cimetières sont pleins. Il fait appel au chevalier de Guiromelan qui ne parvient pas à l’aider. Sur une grande projection du Christ de Rubens qui s’ouvre à 4 reprises sur la forêt, il dialogue avec son père mort revenu à la vie. Il porte sur son dos le cadavre, suivi par toute une troupe qui tourne en rond sur le plateau. Il erre de cimetières en cimetières, tous sont pleins, jusqu’à arriver au bord de la mer, où il pourra enmerrer en fin le cadavre. Interprété avec beaucoup d’humour par une vraie troupe, ce spectacle nous offre une vision exaltante de cette pièce dont Wajdi Mouawad avait lui même réalisé une belle mise en scène au Théâtre 71 de Malakoff.

Théâtre du Peuple les 3, 5, 8, 9, 10, 12, 15, 16, 17, 19, 22, 23, 24, 25 août à 15 h Tél 03 29 61 50 48

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