BERENICE/fragments Théâtre de l’Epée de Bois 14 janvier


Mise en scène et jeu Laurence Février (Bérénice), Véronique Gallet (Antiochus), Catherine le Hénan (Titus), compagnie Chimène

Dans la magnifique salle en bois du Théâtre de l’Epée de Bois sur un plateau nu, les trois actrices revêtues le longs manteaux pourpres interprètent à tour de rôles les protagonistes de cette rupture amoureuse.sur un fond musical. Antiochus aime Bérenice, qui aime Titus empereur de Rome qui aime la reine des juifs mais qui va la répudier pour raison d’Etat. On entend ces vers oubliés appris  il y a près de soixante ans avec une  belle émotion en tentant de se remémorer cette pièce vue tant de fois. Un exploit rare ! 

Fondée en 1980, Chimène s’investit depuis 2002 dans le théâtre documentaire, elle a créé une dizaine de spectacles qui sont joués en France et à l’étranger. Laurence Février a reçu le prix du théâtre ADAMIen 2015. Ses spectacles sont régulièrement présentés au Théâtre de l’Epée de bois.

Théâtre de l’Epée de Bois mercredi, lundi, mardi à 20 h 30, tel 01 48 08 39 74 

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SAISON SECHE MC 93 de Bobigny 10 janvier


Mise en scène et dramaturgie Phia Ménard et Jean-Luc Beaujault, compagnie Non Nova

Une femme en chapeau et jupe courte sa plante au milieu de la scène dans la pénombre où l’on distingue des corps allongés.Les sept filles se relèvent et courent à quatre pattes tout autour du plateau et se roulent par terre. Le plafond très bas se relève puis se rabaisse, la lumière monte on voit la nudité des actrices. Debout, elles tiennent à la main des poupées de chiffon, elles s’agenouillent, se maquillent en rouge, blanc, brun violet  d’abord sur leurs visages, puis sur tous leurs corps. Sur une musique doucereuse, elles se tapent dans le dos, s’étreignent et font semblant de pisser. Le toit remonte. Elles marchant au pas puis se lancent dans des danses violentes, crient et se battent avec des comportements fous dans un vacarme de hurlements. Le toit se relève, puis s’abaisse, du sang coule sur un mur et tombe dans une quinzaine de rigoles. Les actrices délirent, puis laissent le plateau vide. Dans un fracas les panneaux de papier qui cernent le plateau sur une grande hauteur se liquéfient et s’effondrent, le néons pendent, il pleut derrière les panneaux…Du jamais vu avec ce spectacle sans aucune parole interprété par une distribution éblouissante. On est soulagés de le voir saluer en peignoirs, ce spectacle n’était qu’un rêve inavouable.

MC 93 samedi 12 à 18 h, dimanche 13 à 16 h

ET SI L’AFRIQUE DISPARAISSAIT ? Le Tarmac scène internationale francophone 9 janvier


Conception et mise en scène Moïse Touré, chorégraphie Jean-Claude Gallota, musique originale Rockia Traoré, Fousco Sissoko, Djénéba Kouyaté

« En 2147, nous serons tous Africains !» déclare le metteur en scène Moïse Touré qui a voyagé à travers le monde. Les dix acteurs danseurs se déchaînent sur le plateau devant la salle bourrée du Tarmac avec une virtuosité étonnante. « Il nous faut attendre 2147 our avoir de l’eau potable, du courant pour tous (…) Tous ceux qui détruisent nos forêts sont nos ennemis, nous n’avons jamais eu que l’imagination en guise de mémoire… » On voit une femme violée, des flammes multicolores. « Nous avons choisi de vaincre l’avenir ! ».

On nous présente une boîte de ketchup, fabriquée en Afrique mais vendue sous origine italienne ou provençale ! Le pillage de l’Afrique présenté comme un continent pauvre et c’est vrai que la plupart de ses habitants le sont est dissimulé par les gros magnats qui en profitent. Ne ratez ps ce spectacle éblouissant au Tarmac ce soir 11 janvier qui doit se donner en tournée, les dates ne sont pas précisées.

Tarmac tél 01 43 64 80 80

PORTRAIT DE LUDMILA EN NINA SIMONE Théâtre de la Ville Espace Cardin 9 janvier


Mise en scène et jeu David Lescot avec Ludmilla Dabo

Noir prolongé dans la salle, avant l’ouverture., puis on découvre dans la pénombre une chanteuse métisse et un blanc qui frappe dans ses mains. Elle raconte sa vie et les rendez vous amoureux. Lui est indien Cherokee. A 16 ans, ils sont pris d’un désir mutuel, la mère de la jeune fille refuse le mariage. Elle chante, puis retourne au lycée. Lui avoue qu’il sort avec une bonne amie. Elle part à la Juilliard School de New York, rencontre Andy un flic violent, l’épouse en 1961 en robe blanche qu’elle revêt sur le plateau. Elle est accompagnée à la guitare en décrivant son enfance religieuse. Contre toute évidence artistique, elle est refusée à la Juilliard School à cause de sa couleur, elle change de nom, puis raconte avec exaltation la discrimination subie dans cette école, jusque sous la douche ! On termine par une scène de L’école des femmes interprétée avec subtilité. 

Un duo parfois drôle et douloureux interprété par deux bons acteurs musiciens.

Espace Cardin petite salle jusqu’au 27 janvier à 20 h, dim 16 h, relâche lundi 14 et 21 janvier tel 01 48 87 87 39

L’ABSENCE DE GUERRE Théâtre de l’Aquarium 8 janvier


 de David Hare, mise en scène Aurélie Van der Daele

9 acteurs pour interpréter ce spectacle énigmatique où se mélangent la réalité et la fiction avec un plateau surmonté d’un grand écran, on ne sait pas d’où provient la parole, si les orateurs sont filmés ou en chair et en os sur la scène. On parle de transport et technologie en Europe, « le problème, c’est le recrutement ! ». Il y a des bouffées de musiques intenses. « Les sondages ont perdu tout crédibilité ! ». On voit l’ancien monde au Royaume Uni, une fumée sur le programme des travaillistes, la défaite de Georges. On se perd dans ce flot d’images irréelles et dans les plis de l’histoire anglaise. Etant arrivée en retard et lisant le programme à la sortie, je trouve une clef : « Qui raconte que nous aussi nous n’en pouvons plus de la concurrence et du libéralisme dans nos métiers. Que nous étouffons dans la langue de bois. Que notre désir de confronter l’histoire à la fiction, notre histoire et nos fictions est immense. Ré-investir la part d’humanité de chacun d’entre nous pour agir et pour lutter. ».

Un texte de Jean Baudrillard peut éclairer notre lanterne : « Tous les événements qui n’ont pas eu lieu, ceux qui se sont perdus en route, ceux qui sont trop lents pour être jamais arrivés et d’autres silencieux qui n’auront jamais eu l’occasion de se produire-tout cela constitue l’anti-matière, tout de notre histoire, la masse manquante des événements absents qui infléchit le cours des événement réels. »

La salle est pleine en majorité de jeunes spectateurs très attentifs.

Théâtre de l’Aquarium du mardi au samedi à 20 h, tel 01 43 74 99 21

L’AFFAIRE JEAN ZAY Théâtre de l’Epée de Bois 7 janvier 2019

D’après Souvenirs et solitude et Ecrits de prison, mémoires et correspondances écrites entre 1940 et 1944, conception, adaptation et mise en scène de René Albold avec François Pâtissier et Georges Salmon, composition musicale Camille Albold, Compagnie Engrenage Théâtre.

Un lit, une table avec un ordinateur au fond, deux personnages accompagnés en musique par une jeune fille. Le 19 juin 1944, la famille reçoit la dernière lettre de Jean Zay qui est exécuté en plein bois, où l’on jette son corps. Il s’est embarqué le 20 juin 1940 sur le Massalia en partance pour le Maroc. Il était auparavant ministre de l’Education Nationale et avait demandé de porter les armes. Le gouvernement provisoire part en exil au Maroc, mais lui est emprisonné à Marseille par le régime Pétainiste qui nourrit une haine implacable pour la démocratie. Le 25 janvier il est transféré à la prison de Riom. « La prison nous apprend que nous pouvons nous passer du monde ». Le 30 janvier 1941, Jean Zay est condamné à la déportation, il y a des morts de froid. Le 3 mars 1942, il s’exerce à tuer le temps avec des horaires  rigoureux de gymnastique : 7 à 8 culture physique, 8 à 9 promenade, 11 à 12 étude, le tout jusqu’au soir. Le 4 octobre 1940, il subit un procès à Clermont Ferrand. Il y survivra 100 jours avant son exécution : « Ce n’est qu’en prison qu’on comprend Proust ! ».

Une mise en scène dépouillée nous fait vivre avec intensité les dernières heures de ce grand homme politique amoureux de la France libre que fût Jean Zay.

Théâtre de l’Epée de Bois du lundi au samedi à 20 h 30, supplémentaire le samedi à 16 h , relâche le 15 janvier

http://www.epeedebois.com

LES DOUZE MEILLEURS SPECTACLES DE 2018 PARMI CENT QUATRE VINGT DIX NEUF

   

1) L’Arbre de l’Odin Teatret au Théâtre du Soleil 

2) La Nuit Unique du Théâtre de l’Unité

3) La véritable histoire du cheval de Troie compagnie Brozzoni Avignon Off

4) Un songe d’une nuit d’été Antoine Herbez Avignon Off

5) Les derniers jours du jeûne de Simon Abkarian Théâtre du Soleil

6) Dido et Aeneas Benoît Bénichou Théâtre de l’Athénée

7) Queen Mary Sybrand Von der Werf Théâtre de l’Athénée

8) De la démocratie en Amérique Laurent Gutmann Théâtre 71 de Malakoff

9) La Parole Errante Armand Gatti à la Maison de l’Arbre de Montreuil

10) Le monde d’hier de Stéphane Zweig mise en scène Jérôme Kircher Théâtre 71 de Malakoff

11) Aglaé de Claude Degliame mise en scène Jean Michel Rabeux Théâtre du Rond Point

12) Si loin si proche d’Abdelwahab Sefsaf aux Métallos.