LADY LIBERTAD Chalon dans la rue off 21 juillet

de et par Armel B, Armel Béranger

Dans la cour de l’ancienne prison de Chalon les gens s’entassent sous le soleil, Armel place les gens longuement avec un fort accent sud-américain. Et elle plante le décor de Romeo et Juliette : « Imagine une fille du sud, des maisons en pierre, la glycine qui s’enroule sur le rosier. Imagine les familles, la guerre et la bêtise humaine ». Elle profère des injures en espagnol, joue la demande en mariage de Juliette : « je m’appelle Juliette, j’ai 14 ans. Voici le vaillant Paris »…Cassius voit Juliette dans les bras d’un très jeune homme, Armel B danse avec un spectateur, monte sur la chaise, joue plusieurs personnages avec dextérité. Juliette a choisi la fuite avec des médicaments : « Réfugiés, on y est arrivés, merci d’avoir ouvert la porte ».
Elle enlève sa perruque, perd son accent. « Je me suis mariée, j’ai un enfant ».

LA NUIT UNIQUE Chalon dans la rue 20 juillet

Théâtre de l’Unité, conception Jacques Livchine et Hervée Delafond

200 hamacs gonflables rouges sont disposés au long d’un vaste et beau gymnase en bois. Nous sommes invités à nous y allonger, on nous distribue des oreillers. Jacques et Hervée prennent la parole : « Mes très chers dormeurs, vous allez être des cobayes, certains seront insomniaques. Toutes les histoires sont de vraies histoires vécues… ».
Nous nous sentons coupables de dormir au théâtre, mais le Théâtre de l’Unité nous y encourage. Et tout au long de cette nuit peuplée par une douzaine d’acteurs complices de longue date du Théâtre de l’Unité, des images ont surgies par instants, des poèmes clamés par Jacques, les réflexions d’Hervée et l’évocation douloureuse de la disparition de son frère, sans pathos, avec un humour toujours présent…Et au bout de cette nuit, un splendide petit déjeuner servi dans nos hamacs par les acteurs.
Du jamais vu, même après 50 années de spectacles.

LA FERME Chalon dans la rue 20 juillet

Antipodes, direction artistique Lisie Philip, univers musical Laurent Tamagno.

Trois acrobates danseurs s’affrontent avec un Fenwick qui roule dans tous les sens. Il s’y suspendent, montent dessus, le chevauchent dangereusement, sous les ordres impérieux du conducteur voilé. Il faut tenir la cadence, obtenir de bons rendements. Mais on peut aussi se révolter et dominer la bête, c’est ce qui finit par arriver.
Le spectacle a bénéficié de nombreux soutiens, du Citron jaune, de la Fondation Beaumarchais, de Lieux Public et de la DRAC PACA entre autres.

LA NUIT UNIQUE LA FERME Chalon dans la rue 20 juillet

Antipodes, direction artistique Lisie Philip, univers musical Laurent Tamagno.

Trois acrobates danseurs s’affrontent avec un Fenwick qui roule dans tous les sens. Il s’y suspendent, montent dessus, le chevauchent dangereusement, sous les ordres impérieux du conducteur voilé. Il faut tenir la cadence, obtenir de bons rendements. Mais on peut aussi se révolter et dominer la bête, c’est ce qui finit par arriver.
Le spectacle a bénéficié de nombreux soutiens, du Citron jaune, de la Fondation Beaumarchais, de Lieux Public et de la DRAC PACA entre autres.

NOUS N’IRONS PAS À AVIGNON Gare au Théâtre de Vitry 19 juillet

LA TROUVAILLE DE LUC

Compagnie Tara Théâtre, écriture et mise en scène Genviève Touzet avec Jena-Marc Béalu et Jean-Philippe Hémery.

Un vol s’est produit dans un immeuble et le jeune Luc en est injustement accusé, sans qu’on sache clairement ce qui a disparu. Tout l’immeuble se ligue contre lui, mais Éric, un enfant qui a tout observé aidera Luc à se sortir d’une accusation injuste.
Ce spectacle de fines marionnettes dans un immeuble sombre, entretient un climat inquiétant sur une accusation injuste. Mais Luc finit par triompher. Le groupe de jeunes enfants qui remplit la salle retient son souffle.

Créé en 1993 à Aurin (31750), le Tara Théâtre a créé 6 spectacles de marionnettes dont Le nain et le baobab et Le dernier voyage de Sindbab ont connu plus de 200 représentations.
ctv@tara-théâtre.com
à 15 h jusqu’au 23 juillet

NON, NON, NON 19 juillet
Les Points Finauds

Un couple de clowns, la clownesse pousse le clown dans une caisse, il lui serre la main elle se fige sur la caisse. l la manipule, entonne une chanson, lui fait donner des coups de pied dans la caisse, lui arrache sa perruque rouge. « Vous êtes bien là pour moi, juste un gâteau sec avec des pépites ! ». Ils accusent le public, « oeil pour oeil, nouille pour nouille ! ». Ils se marrent devant le lait renversé, on entend des applaudissements en coulisses, le clown se met en jupette, prend des attitudes, mange un petit beurre. Il chante devant un entonnoir : « Tu me fais tourner la tête ». Nous n’éclatons pas de rire devant ces guignolades improbables.

La compagnie a été créée à Athis Mons en 2015.

VOXAMORIS

Écriture, mise en scène et jeu Marion Maret, espace sonore Fabien Nicol

Déjà vu l’an dernier près de Maintenon en Seine et Marne, devant une assistance beaucoup plus nombreuse, ce spectacle sur la préservation de la beauté contre un vieillissement inéluctable, a une toute autre allure. Marion tente de nous donner des recettes pour nous préserver, elle nous distribue des masques que nous devons revêtir par instants pendant qu’elle nous parle de sa cabine téléphonique. Pour trouver la voix de l’amour, elle parle avec l’inventeur du soin qui est en Suisse. « Si tu ne veux pas vieillir, la seule solution est de ne jamais rire, sourire, pleurer ou faire la gueule. Il faut être lisse. Je souhaite donc à tout le monde de vieillir, d’accepter ces jolies marques qu’on a sur le visage, elles nous racontent. ».
C’est un joli voyage onirique, des plus insolites.

À 20 h jusqu’au 23 juillet

PAROLES DE CENDRE

D’après Les paroles de Job de Mateï Visniec et un poème en prose interprétés par Mustapha Aouar, Éric Recordier contrebasse, Aurélien Rozo guitare accordéon. Delagare et Cie.

Nous descendons dans une cave, tout l’espace est recouvert d’un tissu blanc qui dissimule les deux musiciens et Mustapha Aouar la voix. Sa silhouette allongée au sol chuchote : « Personne n’entend les paroles qui ne sont jamais prononcées ou écrites. Ce que vous entendez se passe dans ma tête avant que je m’enferme à jamais en moi-même. Mes dernières paroles, mes dernières pensées, elles risquent de vous tromper parce que je crois en l’homme. C’est que les montres tournent à l’envers (…) Soyez les bienvenus dans mon cerveau. Vous êtes des hommes, je crois en vous, c’est pour ça que je ne peux plus écrire parce qu’on m’a coupé les doigts… ».
Il dévoile les musiciens qui l’accompagnent. « Il y a eu un temps où j’étais jeune et beau et j’ai aimé la vie (…) L’homme a le droit d’être heureux. Non je n’ai jamais voulu être un prophète, un chanteur ni conteur. J’ai aimé la vie, c’est tout, j’ai aimé recevoir dans ma maison des voyageurs, des étrangers. Mais un jour, trois hommes venus du nord ont dit : On va tuer tous tes troupeaux et brûler ta maison (…) Trois hommes venus du sud on égorgé ma femme et violé mes filles… ».
Les destructions autour de lui se poursuivent aux rythmes de la musique : « Alors, tu crois toujours en l’homme ? (…) Mes plaies se mirent à parler à ma place et ça les a rendus fous. On va te jeter dans un trou à ordures (…) Les mots demandent pardon, les mots remercient Job, Prenez soin de l’homme, il ne sera jamais seul (…) Le rire guérit la méchanceté… ».

Ce monologue déchirant est interprété avec une étonnante sensibilité par Mustapha Aouar transfiguré, aux rythmes de ses deux musiciens complices. Un spectacle étonnant à ne pas manquer.

à 21 h jusqu’au 23 juillet
Réservation 01 55 53 22 26
http://www.gareautheatre.com

L’OPOPONAX, Maison des Métallos 18 juillet

De Monique Wittig mise en scène et jeu Isabelle Lafon à la batterie Thimothée Faure

Isabelle Lafon nous a laissé d’impressionnants souvenirs avec Igishanga Dans le nu de la vie-récits des marais rwandais d’après Jean Hatzfeld et aussi Deux ampoules sur cinq d’Anna Akhmatova ! Elle est accompagnée par un batteur impressionnant qui reste le seul souvenir de cette représentation vue hier soir !

L’Opoponax prix Médicis en 1964 pour ce premier roman de Monique Wittig, raconte l’enfance et l’adolescence d’une militante féministe à la campagne. L’Opponax est une résine qui entre dans la fabrication des parfums capiteux, trop pour moi ! Malgré les qualités d’interprète d’Isabelle Lafon, rien ne subsiste en mémoire de cette représentation, sinon les rythmes du batteur…L’Opoponax est le troisième volet du cycle Les Insoumises dont nous avions dégusté Deux ampoules sur cinq.

Maison des Métallos jusqu’au 22 juillet du mardi au samedi à 20 h

JE ME SUIS RÉFUGIÉE LÀ,LÀ, LÀ Scènes de rue à Mulhouse 16 juillet

Un moment à la table avec Margo Chou, auteur interprète.

Nous sommes rassemblés sous les arbres, autour d’une table, une soixantaine de personnes sur les bords de l’Ill. Derrière nous des bouteilles et des zakuskis qu’on va nous servir au fil de la conversation.

Margo termine son maquillage en conversant très décontractée : « N’hésitez pas à prendre la parole ! ». Elle nous lit des extraits de L’Éducation Européenne de Romain Gary : « Les bombes, les massacres, l’homme a besoin d’un refuge, le désespoir c’est seulement un manque de talent… ». Elle évoque ses voyages : «En montant en voiture, j’étais attirée par les endroits de décrochage, le trip solitaire, les vacances, une personne seule à vélo, en train, à pied (…) les sentiments restent à l’intérieur, partir sans laisser un mot (…) départ à cause des guerres, du climat, les couloirs des bidonvilles (…) Ne pas hésiter à demander, sinon il ne se passera rien !(…) Elle parle aussi bien des migrants et des Roms dont elle a partagé le quotidien ».

Elle nous emmène dans sa longue errance, échange avec les spectateurs avec un naturel ébouriffant. Elle a beaucoup voyagé, tenté des expériences risquées au terme de la Formation Avancée des Arts de la Rue de Marseille, son port d’attache où elle a fait ses premières armes voilà 5 ans. Elle sait prendre des risques pour engager la conversation. Et c’est un vrai talent car nous restons à discuter longuement entre nous jusqu’à la nuit noire. J’y ai rencontré un Sylvain, comédien de Dijon. On pourra retrouver Margo à Chalon dans la rue en off du 19 au 23 juillet.
C’est la Gare Franche de Marseille qui gère ses tournées 04 91 65 17 77
caille.marjorie@gmail.com

SCÈNES DE RUE À MULHOUSE 15 juillet

RESTE

Les filles du renard pâle, funambule Johanne Humblet, chanteuse Violette Legrand

Une funambule issue de l’École du cirque de Bruxelles et de l’Académie Fratellini est installée sur son fil pendant 4 heures. Nous l’observons un peu crispés sur nos sièges dans un café au dessous du fil, danser, sauter, s’allonger avec une maîtrise incroyable. La voix de Violette Legrand rythme ses évolutions, les spectateurs retiennent leurs souffles, mais au bout d’une heure nous partons à la découverte d’autre spectacles. Il y en a 25 à découvrir dans ce festival.

POILU, PURÉE DE GUERRE

Théâtre d’objets, écriture et jeu Nicolas Moreau, regards extérieurs Théâtre Group et les Urbaindigènes.

Beaucoup de monde pour bien percevoir les tribulations de ce poilu de la guerre de 14. Le gens sont debout derrière des petits gradins et l’on parvient à capter que quelques bribes de son discours. Il reconstitue le champ de bataille avec des pommes de terre, les explosions, les chairs déchirées, avec de simples cagettes il nous entraîne dans les tranchées. Mais lassés de tendre l’oeil, nous partons vers d’autres spectacles dans les rues de Mulhouse.

ZÉRO KILLED

Carnage Productions, mise en scène Stéphane Filloque

Nous sommes convoqués devant un immeuble délabré menés par un groupe de 9 comédiens : C’est « Marche ou crève », la loi du marché dans les enclaves clandestines des villes . Ils pénètrent dans l’immeuble, ouvrent peu à peu les fenêtres pour nous admonester. « On est 20, on a 2 toilettes ». Une fille descend du toit en rappel. On nous fait entrer par petits groupes dans des pièces délabrées, où on nous délivre des discours obscurs, on nous offre des chewing gums.

Dans la première pièce, une fille ensanglantée se lave : « Mon domaine, c’est la beauté ! ». Elle ramasse les linges pour les parties intimes et nous changeons de pièce pour assister à un tableau encore plus improbable, sur la période romantique allemande. Un homme la menace d’un revolver, elle s’enfuit, nous la suivons dehors. Malgré une présence forte de ces tableaux de de réfugiés, nous respirons une fois sortis dans la cour, nous sommes soulagés du poids de la douleur des migrations.

Carnage Productions né en 1989 regroupe « une quinzaine d’imbéciles tous dévoués au ridicule et à l’humour cultivé à force d’observation du monde qui les entoure ». Stéphane Filloque revient à Mulhouse avec cette nouvelle création collective inspirée des stages de survie sociale qu’il pratique depuis de nombreuses années.

LAS VANITAS

Chris Cadillac (Suisse) avec Cécile Druet, Sophie Lebrun, Mélanie Vinolo

Singulière représentation que ce spectacle interprété par des actrices qui ne s’avouent toutes d’emblée comme faisant partie du jeu ! Une belle fille en robe longue entre au volant d’une voiture blanche. Elle ouvre sa porte, fume, danse avec un spectateur. Elle fait du jogging sur place et s’écroule en hurlant « Non, je suis en détresse ! ». Une fille se détache du public, l’étreint. elle annonce 2 thématiques, la fermeté et le cauchemar ! « Vous m’avez trouvée comment ? La féminité en tant que mère de famille ! » Une troisième fille glousse « le spectacle, c’est toi, c’est nous ! (…) C’est quoi ce délire, c’est le chaos (…) On me demande de venir sur scène, c’est quoi ce routage de gueule ? (…) Je ne suis pas complètement prise au sérieux alors que j’ai mis de la profondeur dans cette entreprise !».

Déconcertés d’emblée, on se laisse peu à peu aller derrière ces Vanitas qui se donnent à fond dans un spectacle qui fait beaucoup rire et en fait décrocher certains
.
La compagnie est soutenue par la ville et le canton de Genève, la ville de Lausanne et diverses fondations