1, 2, 3, TA PAROLE La Parole Errante de Montreuil 1e décembre

Depuis la disparition d’Armand Gatti voilà deux ans, son équipe s’est acharnée à poursuivre son aventure à travers les innombrables initiatives , rencontres et créations accueillies dans cette ancienne usine depuis plus de dix années. À la croisée de l’art, du social et du politique, la Maison de l’Arbre continue d’accueillir différentes initiatives artistiques, malgré l’arrêt des subventions depuis 2015, à l’échéance du bail liant le Conseil Général du 93 avec la Parole Errante. Ateliers, répétitions, rencontres, fêtes, festivals y sont toujours organisés dans ce centre social à réinventer sous l’aile de Jean-Jacques Hocquard, bras droit d’Armand Gatti.

Nous arrivons dans cette vaste arène plutôt froide. Des gens âgés et des enfants , une table de livres, le bar est ouvert en attendant la présentation.

On fait le point sur la situation, depuis 2015 le Collectif de la Parole Errante travaille sur son projet pour réinventer le lieu et préparer Nous la forêt qui brûle pour 2018.
Nous montons dans les étages pour visiter le lieu. Après l’accueillante librairie bar Michèle Firk, on assiste à une lecture rencontre avec trois jeunes réalisateurs palestiniens. Depuis une dizaine d’années, il y a des recherches documentaires et beaucoup de films réalisés. On y accueille des collectifs, on prépare des banderoles pour un procès. C’est un lieu de fabrication pour établir des ponts avec ce qui nous entoure. Il y a beaucoup de débats chez Michèle Firk pour en faire des émissions de radio. On donne des extraits des ateliers d’écriture tous les 15 jours à la Parole Errante.

Dans le jardin, une fille déclame sur fond de coucou. Dominique Collignon Maurin fait le bruitage des oiseaux. Il faut faire cantine populaire. Il déclare qu’on ne voulait pas nous infliger une assemblée générale, qu’on lui a préféré cette visite. «  Quand la salle est vide, on aime son air de lac souterrain !  Comment errer sans se perdre ? On entre comme dans un moulin dans cette Parole. Il y a un Nous à faire advenir !».

Après un délicieux maté servi par une association locale avec une participation à volonté, nous pouvons voir un extrait de 20 minutes d’Yvonne princesse de Bourgogne, l’acte III, interprété par le groupe Topo. Le prince Fifi annonce ses noces avec Yvonne qui est muette. Il l’ausculte afin de découvrir les cause de son mutisme. Le roi sur un escabeau « Qu’allons nous faire ? Rien ! » Yvonne reste muette, « je crois que je vais devoir faire des cabrioles pour la dérider, avec elle pas besoin de se gêner !… ».
Le froid pénétrant nous empêche d’assister au film Là est la maison de Lo Thioville et au ciné concert avec le groupe d’improvisation musicale du Centre Social Autogéré.
Les réjouissances se poursuivent samedi 2 décembre à partir de 19 h et le dimanche 3 de 13 h à 22 h 30.

laparoleerrantedemain.org

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LA FUITE ! Comédie fantastique en huit songes Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis 29 novembre

De Mikhaïl Boulgakov, un spectacle de Macha Makeïeff, Intervention et scénographie Clémence Bézat-Pavillon Bosio (Monaco)

Staline en 1929, affirme pour interdire La Fuite, que Boulgakov cherche à éveiller la pitié, voire la sympathie, à l’égard de certaines couches de l’émigration anti soviétique et, partant, à justifier en tout ou en partie la cause des Blancs. Alors êtes-vous Blancs ou bien Rouges ?

Les huit songes nous emmènent dans des tableaux terrifiants de ces fuites, où pris aux pièges des arrestations, des assassinats politiques, des frontières fermées, les douze comédiens qui interprètent une quarantaine de personnages se débattent dans des situations hallucinantes que Bougakov, lui-même a traversées, étant interdit dans son pays . Interprété dans une machinerie impressionnante avec des projections, cette fuite vécue fascine une salle remplie de beaucoup de jeunes .

Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis jusqu’au 17 décembre 2017, du lidi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h 30 Tél 01 48 13 70 00
21 et 22 décembre Théâtre de la Liberté à Toulon

TOUS DES OISEAUX Théâtre de la Colline 29 novembre

texte et mise en scène de Wajdi Mouawad

Le 9 personnages racontent l’histoire de la perte de la langue maternelle en anglais, en allemand, en hébreu, en arabe pour évoquer l’histoire d’une région qui se déchire. « Finalement, le paysage devient un site de ruines dans lequel les personnages font tout pour continuer à s’aimer et voient chacune de leurs tentatives payées au prix fort  (…) Faire entendre la polyphonie des langues pour révéler les frontières et les séparations, tenter de remonter le fleuve du malentendu, de l’incompréhension, de la colère, de l’inadmissible..» écrit Wajdi Mouawad.
Tous des oiseaux raconte l’histoire d’Eïtan, jeune homme élevé dans une famille Israélienne qui découvre devenu adulte qu’il été sauvé d’un massacre de sa famille arabe. Son père adoptif révèle la vérité de sa naissance dans une symphonie d’images et de langues fascinantes dont l’auteur a hérité. Un très grand spectacle à ne pas rater.

Théâtre de la Colline jusqu’au 17 décembre du mardi au samedi à 19 h 30, dimanche à 15 h 30 et du 28 février au 10 mars au TNP de Villeurbanne

LE VOYAGE DE D. CHOLB ou penser contre soi-même Théâtre de Belleville 27 novembre

De et avec Bernard Bloch, avec Patrick Le Mauff et Thomas Carpentier musicien.

« On va devoir faire comme Schlomo Sand, démissionner du judaïsme ! ».
Bernard Bloch, alias Draneb Cholb fait un voyage en Palestine et en Israël en 2013 avec un groupe de catholiques. Après avoir visité les territoires occupés, il rend visite en Israël à des membres de sa famille perdus de vue depuis des années.. Il tente de comprendre «  pourquoi les juifs ont toujours une mentalité de ghetto. ». On voit un film sur les origines du sionisme, en traversant les check points il retrouve les campagnes de RDA avant la chute du mur. À Naplouse, on filme les chaises vides pour présenter le groupe. Le rêve d’un état binational est perdu dans une guerre omniprésente, la guerre est là, la solution à 2 états est dépassée. Il y a 50 ans le projet d’Israël était de trouver un refuge pour les juifs…

Patrick le Mauff incarne l’auteur assis de dos qui lance des films impressionnants, accompagnés par un musicien. On reste saisi en nous remémorant nos 3 voyages en Israël au cours de ces 30 dernières années.

Théâtre de Belleville 3-5 et 10-12 décembre à 21 h 15 tél 01 48 06 72 34
Théâtre de l’Arlequin de Morsang sur Orge tél 01 69 25 49 15, Théâtre Berthelot de Montreuil 2 et 5 mai 2018 tél 01 71 89 26 70.
https://reseautheatre.wordpress.com/

30 ANS DE DÉBORDEMENT POÉTIQUE Compagnie OFF Point Haut de Saint Pierre des Corps 37700

Née voilà 30 ans dans le surgissement des grandes compagnies de rue, peu nombreuses à l’époque, la compagnie Off fondée par Philippe Freslon et Maud le Floch a monté une quinzaine de spectacles. On se souvient des GROS, des 7 PÉCHÉS CAPITAUX et de WILD SIDE STORY vu sous un pont d’autoroute au cours de la saison dernière. Dans leur lieu imposant à quelques encablures de la gare de Saint Pierre des Corps près de Tours, les grandes compagnies de rue sont rassemblées pour un échange autour des Tranches de Vie qu’elles ont créées en grandes ou petites formes, avant d’établir en fin d’après midi Bilan et perspectives. Chacun se présente après l’introduction de Floriane Gaber, spécialiste des arts de la rue ; « Le théâtre de rue peut être en voie de disparition tel qu’il a été créé, mais il reste des étincelles. Il faut inspecter l’imaginaire.Le Point Haut a été créé avec Patrick Bouchain. C’est un pôle ressources pour grandes et petites formes. Il n’est pas labellisé. Il héberge 2 structures le POLE HAUT et la Compagnie Off avec une subvention de 400 000 € de la Région.
Jean Raymond Jacob et Délices Dada sont absents pour cette réunion des fondateurs.

Philippe Freslon a joué à Aurillac voilà 17 ans. Il avait suivi une filière technique dans une école d’apprentissage en Corrèze où il est devenu chef de chantier. Il a fait 10 ans de voyages, suivi une école de cirque alternatif à Berlin, joué au festival de Vienne en Autriche, découvert une aisance pour manipuler.

Jacques Livchine a fondé le THÉÂTRE DE L’UNITÉ avec L’Avare & C° en 1972, découvert le théâtre de rue en faisant des parades à Aix Ville Ouverte aux Saltimbanques sur l’invitation de Jean Digne en 1973, puis la 2 CV Théâtre qui devait servir d’accroche. Elle s’est jouée plus de 600 fois dans le monde entier. Avec Hervée Delafond, ils continuent d’inventer des spectacles surprenants.

Jean Marie Songy directeur depuis des années du Festival d’Aurillac, vient du théâtre de texte, du théâtre de salle. On m’avait dit que l’Éducation Nationale n’était pas un self service !

Gilles Rhodes a suivi une école des Beaux Arts, Brigitte Burdin une école chorégraphique. Ils ont fondé TRANSEXPRESS, sont partis en Afrique, ont rencontré Franz Clochard, ont joué aux Jeux Olypiques et à Aurillac. Voilà 3 ans qu’ils ont transmis leur troupe.

Pierre Berthelot fondateur de GÉNÉRIK VAPEUR avec Cathy Avram vient du théâtre amateur influencé par SIGMA de Bordeaux. Après un parcours avec Ilotopie, il a monté Bivouac, Café Gasoil et s’est installé aux Abattoirs de Marseille à la Cité des Arts de la rue avec Michel Crespin.

Pierre Sauvageot a fondé DÉCOR SONORE après avoir travaillé au Théâtre de l’Aquarium. Il avait joué dans une fanfare en trombone et en trompette. Il a fondé Décor Sonore et a repris la direction de Lieux Publics à Marseille, après la disparition de Michel Crespin, son fondateur.

Emma Drouin, fille de menuisier a commencé avec les majorettes dans un village de 350 habitants, Elle a fait de la danse, fait ses premières mises en scène avec des enfants, a travaillé à Tours avec Philippe Freslon. Sa compagnie est installée depuis des années à Malakoff où elle multiplie des initiatives singulières.

Christophe Chatelain, fils d’un père artisan et d’une mère danseuse a joué dans des fêtes rurales, a travaillé avec le Cirque Plume. Il avait participé à la Falaise des Fous de Michel Crespin. Après avoir été repéré par un prof pour le bac en 1982, il est ébloui par le Festival d’Aurillac, il est cobaye de la première promotion de la formation avancée des arts de la rue.

Mauricio Celedon mime et comédien fait un stage au Théâtre du Soleil. Au Chili il était dans une école catholique de garçons, il a travaillé avec Jodorowsky. Salvador Allende lui avait permis de créer un grand lieu. Il joue au festival d’Opale, mais après le coup d’état en 1973, les rassemblement de plus de 10 personnes sont interdits. Il vient à Paris, passer le chapeau pour survivre devient une nécessité. Il suit l’école Marceau dans les années 1980, Jack Lang le subventionne.

Maud le Floch a une formation d’urbaniste, faisait du ballet nautique. Elle rencontre Philippe Freslon et Emma Drouin, ils fondent la compagnie Off. À Malakoff, elle voit aux Stars du Trottoir, la Guillotine du Théâtre de l’Unité, spectacle fondateur. Elle s’engage dans une mission repérage avec Michel Crespin et Pierre Sauvageot pour mettre ensemble un lieu, un élu, un artiste. Elle fonde le POLO en lien avec l’université, devient urbaniste culturelle.

OSMOSIS font des arts de la rue de dimension monumentale avec des danseurs.

Mathieu de TRANSE EXPRESS a fait une école d’ingénieurs en peinture et sculpture. Il a travaillé au commissariat à l’énergie atomique. Il a fait de la musique et de la danse africaine, travaillé à Sud Side avec Gilles Rhodes.

Benoît Afnaïm fait partie de la deuxième génération en 1987. Il a un CAP d’horloger, a travaillé avec Oposito avant de fonder LA FRANÇAISE DE COMPTAGES.

Après cet échange chaleureux, nous pouvons assister à d’étonnants surgissements de machines dans la cour et la grande halle du Point Haut qui se dérouleront jusqu’à l’aube.

http://www.compagnieoff.org

IVRESSE(S) Théâtre de la Tempête 21 novembre

De Falk Richter, texte français d’Anne Monfort, mise en scène Jean-Claude Fall.

Sur un plateau nu surmonté par des fils à linge, les acteurs dispersent des feuilles de papier blanches que l’on va suspendre; «  0n parle de crise, d’effondrement. J’aimerais tellement écrire sans sujet !  (…) Je ne sais pas ce que tu attends de moi…». De la salle une jeune fille répond « Pourquoi est-il si dur d’être seul ? Ce qu’on vit, c’est le dernier sursaut ! ».
Les acteurs monologuent assis autour du plateau, éclairés par des lampes électriques que l’on dirige sur leurs visages. On entend quelques mesures de Lohengrin annoncé comme un opéra fasciste. Un couple discute avec un psychiatre « Cette vie d’aujourd’hui, ça n’aura plus de sens ! ». Et puis des photos agrandies projetées, des couples Facebook hétéros et homos. « Peut-être que l’idée que deux personnes puissent vivre ensemble est tout simplement fausse ! (…) Nous n’avons pas besoin de taxes sur les transactions financières ! Nous rejetons la croyance folle que la crise puisse se résoudre d’elle même . On est là en communauté dans cette ville campement ».
Le public mélangé pour une fois avec de jeunes lycéens déguste avec plaisir l’ivresse des huit acteurs, dans cette errance autour de notre monde qui se défait dans l’exclusion de ceux qui n’ont rien, chassés de leurs pays en guerre ou chassés par le réchauffement climatique.

Théâtre de la Tempête du mardi au samedi à 20 h 30 jusqu’au 17 décembre, tél 01 43 28 36 36

KAPOUCHNIK n° 125 Studio des 3 Oranges Audincourt 18 novembre

15 comédiens expérimentés et très inventifs pour ce 125e Kapouchnik mensuel, où un public populaire se précipite depuis plus de 10 ans. Les 383 places sont réservées en moins de dix minutes, prises par des habitués venus en groupes, il faut ruser pour obtenir des places, une vingtaine de nouveaux venus tout de même. On paye content à la sortie.
Parmi les 15 comédiens, Alexandre Santoro, un nouveau venu issu d’un stage dans son lycée.

Chacun se présente avec une phrase billard. Hervée Delafond raconte comment la tentative de viol, auquel elle avait résisté en parlant pendant 2 heures à l’agresseur qui s’était introduit chez elle, n’avait pas été reconnue par son médecin puisqu’il n’y avait pas eu de pénétration !

Sur les 15 séquences construites à partir de l’actualité dans la presse, on peut souligner l’analyse de Médiapart sur les scandaleuses mesures prises par Bernard Arnault pour supprimer ses actions du quotidien le Monde, Le marché des esclaves dans Le Monde, Macron avec ses selfies dans Le Point. Très drôle aussi, l’École des pères Noël dans l’Est Républicain.

Construits à partir de l’immense magasin de costumes du Théâtre de l’Unité, les personnages se transforment en un temps record. Le public sort ravi !

Prochain Kapouchnik le 16 décembre 2017

http://www.theatredelunite.com.