MAX GERICKE OU DU PAREIL AU MÊME Maison des métallos 12 mai

De Manfred Karge, traduction de Michel Bataillon, scénographie de Léa Bettenfeld, mise en scène Jean-Louis Heckel, avec Hélène Viaux, accordéon et création musicale Clarisse Catarino.

À la mort de son mari Max Gericke, grutier dans l’Allemagne des années 30 pendant la montée du nazisme, Ella Gericke usurpe son identité pour pouvoir bénéficier de son travail. Elle parvient à survivre plusieurs années en se dérobant aux regards de ses collègues. Environnée d’une forêt de 12 mannequins, Hélène Viaux parvient à affirmer une identité masculine trouble. Les morts, les pauvres morts hantent son imagination, mais elle affirme sa force vitale dans un dialogue troublant avec Clarisse Catarino qui ouvre une présence poétique.

BRÛLENT NOS COEURS INSOUMIS Théâtre de Chatillon 12 mai

Pièce pour 4 danseurs, chorégraphie de Christian et François Ben Aïm, composition musicale Ibrahim Maalouf, avec Fabien Almkiewicz, Christian Ben Aïm, Francois Ben Aïm, Félix Heaulme sous le regard de Guillaume Poix

Nous avions déjà pu découvrir en 1997 À l’abri du regard des hommes pour aller mourir ailleurs et La légèreté des tempêtes en 2014 au Théâtre de Châtillon. Fruit d’un long travail entrepris en juillet 2016 entrepris au Centre des Bords de Marne avec des escales à la Briqueterie et au Théâtre de Bezons et à Cavaiillon ainsi qu’à 2 reprises au Théâtre de Châtillon qui les accueille régulièrement, cette pièce sur la rencontre de 4 étrangers est pour le moins décoiffante .

« Nous ne savons plus qui nous sommes. Nos racines et nos filiations se troublent. Quel est ce lien qui nous unit ? (…) Ces nouveaux frères se dévoilent, animés de violence, de fraternité, de courage et d’insoumission ».

Une danse athlétique, jaillissante, pleine d’un humour roboratif, fruit d’une longue recherche sur les racines de l’exil, la résistance qui nous fait parfois sourire. Un vent de liberté souffle sur le plateau dans cette recherche d’une difficile fraternité.

http://www.cfbenaim.com

NUIT DEBOUT ET CULTURE ASSOUPIE

De Jean-Marc Adolphe, préface de Bernard Noël et voix mêlées, 243 pages, éditions l’Entretemps

On prend un plaisir renouvelé à chaque page, à la lecture de ce parcours des étapes des Nuits Debout, place de la République, du mois d’avril 2016, jusqu’au début de l’été, nourries par une centaine d’extraits de livres et de revues, de Robert Abirached à Fabrice Lextrait et Olivier Neveux ou Jean-Charles Massera…

Jean-Marc Adolphe créateur de la dynamique revue Mouvement, dont il a malheureusement dû renoncer à la rédaction en chef, pour la transmettre à une jeune équipe, nous fait revivre les grandes heures d’une lutte à poursuivre pour triompher de l’adoration du veau d’or menant notre monde promis au déluge menaçant. « De quoi l’effondrement est-il le nom  ?» dit Renaud Duterme dans son livre : On le constate déjà avec le terrorisme, l’afflux des réfugiés, le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources qui ne peuvent être résolues par la façon dont fonctionnent nos sociétés (…) Nous nous dirigeons vers d’importants bouleversements pour le meilleur et pour le pire. ».

Un livre précieux avec en exergue ce poème de François Cheng :
« Bâtir le royaume à mains nues
Sur les cailloux entrechoqués

De l’habitable étincelle
Qui dira notre nuit ? »

NOTRE CHOEUR 2017 Théâtre de la Bastille 10 mai

APOPLOGIES 4 & 5 de Argyro Chioti VASYSTAS Theatre Group

Première des six propositions artistiques internationales pour Notre Choeur proposées par le Théâtre de la Bastille, ce spectacle du Vasystas theatre group venu de Grèce, est pour le moins énigmatique. 3 flammes brûlent à la cour, on distingue autour un choeur de 5 chanteuses qui psalmodient un chant en grec. Au jardin à l’avant scène, un homme fixe un panneau où sont projetées les traductions du dialogue de 3 personnages, mais on a du mal à lire, écouter et voir en même temps. « Mon père est mort, il était médecin… ». Un fille hurle, on l’allonge à terre, on voit une course poursuite autour du plateau, on parle du père en arrêt cardiaque. On fait entrer un chien d’abord inquiet, mais qui se calme rapidement. On est perdus il faut se laisser charmer par les mélodies qui reviennent sans cesse avec le choeur qui se disloque et se reconstitue sans cesse. Difficile de saisir le fil. Sur le dossier on nous offre une clef : « Le choeur est un passeur. Au dessus du fleuve, entre les vivants et les morts. A travers les nuages, entre les dieux et les humains. Entre la scène et le public, l’orchestra est une frontière qui jamais ne se fige .»

Jusqu’au 14 mai à19 H

LES BATTEURS mise en scène ADRIEN BÉAL, collaboration Fanny Descaseaux

C’est du théâtre pour six non acteurs, pour six batteurs dont 2 batteuses. Ils disposent leurs instruments sur le plateau, les déplacent, se déchaînent sans logique apparente. «  Nous serons contraints de construire un autre langage commun, un langage interne, un langage ouvert sur l’extérieur. Il s’agira d’en inventer un comme on invente du théâtre. C’est une manière de réunir modestement, en donnant ces règles du jeu à notre travail, les conditions pour qu’un langue soit à inventer, tout comme le choeur antique en son temps, et la batterie en son temps ont eu à inventer et développer leurs langages. »
Étonnés, nous le sommes, assez perplexes, nous en parlons à la sortie.

Jusqu’au 14 mai à 21 h

Théâtre de la Bastille tél 01 43 57 42 14

POURQUOI J’AI JETÉ MA GRAND MÈRE DANS LE VIEUX PORT Théâtre de l’Épée de Bois 9 mai

POURQUOI J’AI JETÉ MA GRAND MÈRE DANS LE VIEUX PORT (84) Théâtre de l’Épée de Bois 9 mai

De Serge Valletti, mise en scène Étienne Pommeret, adaptation et jeu Patrice Verdeil

Environné de caisses et de valises vides, Patrice Verdeil évoque le vieux Marseille, du temps où l’eau courante, l’électricité et aussi le téléphone, n’étaient pas accessibles pour tous les démunis réfugiés dans cette ville. Avec un dynamisme et une pêche incroyables, il évoque cette grand mère qu’il aimait, disparue trop vite, qu’on avait incinérée avant de jeter ses cendres dans le vieux port. C’est une belle leçon d’amour et d’optimisme, par delà une pauvreté joyeuse.

Théâtre de l’Épée de Bois jusqu’au 21 mai à 30, tous les jours, relâche lundi, et aussi dimanche à 16 h, réservations 01 48 08 39 74

KAPOUCHNIK N° 122 Studio des 3 Oranges Audincourt 6 mai

En cette veille d’élections présidentielles, le public arrivé très en avance vibre avec ferveur, toutes les places avaient été réservées en moins d’une demi heure ! Cette représentation de mai est exceptionnelle, car la salle n’étant pas ventilée, il fait trop chaud, mais la météo pluvieuse et l’actualité ont permis une séance décoiffante.
Les sketches ne sont plus inspirés seulement de la presse papier, mais tirées aussi d’internet et de l’audiovisuel, TMC, BFM TV etc…, tout le monde étant désormais réfugié derrière son écran.

Les meilleures séquences :L’ascension d’Hitler (France 5), Le divin enfant Macron (Le Monde Diplo), Marine Présidente incarnée par Youssri très crédible (le Canard Enchaîné) et Macron Président (toute la presse).

Le prochain Kapouchnik est prévu le 16 septembre 2017.

LA TSIGANE DE LORD STANLEY, Conte insurgé de la route et du voyage Maison des Métallos 6 mai

Texte et mise en scène de Christiane Pellicane, avec 22 gadjitos de la Plalne Saint Denis et le Dindon Migrant (Youssef Diwara), la Mariée Chagallienne (Stéphanie Ginet), Compagnie Tamerantong.

Cette dynamique comédie musicale a été créée en décembre 2013, après 3 ans de laboratoires artistiques, pour témoigner de l’indignation face à la violence croissante subie par les Rroms et une fascination pour la culture tsigane.

Les enfants envahissent la piste avec une énergie stupéfiante, ils dansent avec virtuosité et chantent un peu trop fort ! C’est une étonnante histoire d’amour qui va se nouer au fil des rencontres entre ce peuple de promeneurs et un châtelain Lord Stanley qui leur ouvre sa porte. Un dindon géant attelé à un bateau de bric et de broc, une grand mère en caddie, des poussettes déglinguées, des danseurs virtuoses venus de Marseille se déchaînent au fil de la naissance d’une histoire d’amour qui se noue entre le châtelain et une gitane, aussitôt rejetée par sa tribu. Sur une bande son regroupant un éventail des musiques tsiganes engagées, Tony Gatlif, Goran Gregovic, ce spectacle dégage une prodigieuse énergie, acclamée par les spectateurs.

diffusion@tameratong.org
Créé en 2013 à la MPAA de Saint Germain, soutenu et accueilli par la Belle Étoile, La Tsigane de Lord Stanley a déjà connu une trentaine de représentations.