KAPOUCHNIK n° 125 Studio des 3 Oranges Audincourt 18 novembre

15 comédiens expérimentés et très inventifs pour ce 125e Kapouchnik mensuel, où un public populaire se précipite depuis plus de 10 ans. Les 383 places sont réservées en moins de dix minutes, prises par des habitués venus en groupes, il faut ruser pour obtenir des places, une vingtaine de nouveaux venus tout de même. On paye content à la sortie.
Parmi les 15 comédiens, Alexandre Santoro, un nouveau venu issu d’un stage dans son lycée.

Chacun se présente avec une phrase billard. Hervée Delafond raconte comment la tentative de viol, auquel elle avait résisté en parlant pendant 2 heures à l’agresseur qui s’était introduit chez elle, n’avait pas été reconnue par son médecin puisqu’il n’y avait pas eu de pénétration !

Sur les 15 séquences construites à partir de l’actualité dans la presse, on peut souligner l’analyse de Médiapart sur les scandaleuses mesures prises par Bernard Arnault pour supprimer ses actions du quotidien le Monde, Le marché des esclaves dans Le Monde, Macron avec ses selfies dans Le Point. Très drôle aussi, l’École des pères Noël dans l’Est Républicain.

Construits à partir de l’immense magasin de costumes du Théâtre de l’Unité, les personnages se transforment en un temps record. Le public sort ravi !

Prochain Kapouchnik le 16 décembre 2017

http://www.theatredelunite.com.

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AMARE Studio des 3 Oranges Audincourt 17 novembre

Compagnie Quizas de Liège Belgique avec Maeva Lambert et Amandine Vandroth

C’est la présentation d’une étape de travail pour l’élaboration d’un spectacle en devenir. Amandine Vandroth avait participé à l’une des ruches du Théâtre de l’Unité.

Elles se lancent toutes deux dans un ballet endiablé, s’enroulant, se projetant par terre, s’élançant avec un certain humour, accompagnées par un musicien à l’ordinateur. Elles sont belles, pleines d’ironie dans ce crash test prometteur qui avait été présenté au dernier festival d’Aurillac.

DANS LES RUINES D’ATHÈNES Manufacture des Oeillets Ivry 15 novembre

Conception et mise en scène Jule Bertin et Jade Herbulot le Birgit Ensemble.

« Nos objets de recherche, nous les trouvons dans l’histoire. Nous écrivons et concevons nos spectacles à partir d’événements de l’histoire européenne contemporaine et notre intérêt se porte tout particulièrement sur le passage du XXe au XXIe siècle. La bascule dans le 3e millénaire semble en effet avoir cristallisé un certain nombre de craintes et d’espoirs souvent contradictoires et caractéristiques d’un monde en pleine mutation » déclarent les directrices du Birgit Ensemble.
Elles mettent en exergue de leurs spectacles une phrase d’Hannah Arendt « Le testament qui dit à l’héritier ce qui sera légitimement sien, assigne un passé et un avenir ».

À Athènes, on voit les candidats d’un reality show entrent sur un plateau de télévision en traînant leurs valises. On assiste à un jeu télévisé sur les dettes grecques qui se montent à 320 milliards d’euros. Depuis le début des années 2000, l’Europe subit une avalanche de crises nourries par la peur du déclassement

« Dans les ruines d’Athènes est le quatrième volet de la tétralogie « Europe mon amour ». On assiste aux trois plans d’aide successifs accordés à par les institutions européennes en 2010, 2012 et 2015. Au sein de ce jeu, les « sponsors », Jean-Claude Trichet, Angela Merkel, François Hollande, auditionnent les différents candidats, Cassandre qui entre avec une valise de dette de 270000 €, puis Ulysse, Antigone , Iphigénie et Oreste dont les dettes ne cessent de s’aggraver. Les ventes du patrimoine national au privé ne peuvent conduire qu’à une faillite inéluctable.

« Dans les ruines d’Athènes » fait partie d’un diptyque dont la première partie qui s’intitule « Memories of Sarajevo » est joué en alternance à la Manufacture des Oeillets d’Ivry jusqu’au dimanche19 novembre où l’on peut voir l’intégralité des 2 spectacles.

Un spectacle à ne pas manquer à la Manufacture des Oeillets d’Ivry vendredi 17 et samedi 18 et dimanche 19 à 19 h 30
au Théâtre de Châtillon le 2 décembre, Scène Nationale d’Aubusson le 7 décembre, 16, 17 et 18 février 2018 au Grand T de Nantes et les 3 et 4 mars à la MC2 de Grenoble

ÇA VA ? Théâtre du Rond Point 14 novembre

De Jean-Claude Grumberg, mise en scène de Daniel Benoin, avec Pierre Cassignard, François Marthouret, Éric Prat

Difficile de rendre compte de ce spectacle construit autour du banal Ça va qui nous sert à saluer toutes les vieilles connaissances perdues de vue,quand nous les rencontrons après plusieurs années.
Les trois grands acteurs ont pourtant une longue expérience derrière eux, comme Daniel Benoin, leur metteur en scène directeur du Théâtre National de Nice et fondateur de l’École Nationale d’acteurs de la Comédie de Saint Étienne et de la Convention Théâtrale Européenne. Depuis 2005, pas moins de 13 mises en scène de théâtre, et de 8 opéras. Pour Pierre Cassignard, 10 spectacles de théâtre, 3 pour François Marthouret et 8 pour Éric Prat. Mais ils ne parviennent pas à mettre en vie un scénario banal qui n’a pas la vitalité d’improvisations. Un problème d’auteur qui vient saluer soutenu par les acteurs ?

Théâtre du Rond Point jusqu’au 3 décembre à 18 h 30 , tél 01 44 95 98 21

LES BIJOUX DE PACOTILLE Théâtre de Villejuif 13 novembre

Texte et interprétation Céline Millat-Baumgartner, mise en scène Pauline Bureau La Part des Anges

Ce roman autobiographique interprété par celle qui l’a vécu et relaté, sous des apparences ludiques est profondément émouvant. Sur un plateau nu surmonté d’un grand miroir, une petite fille se promène, d’abord silencieuse. Elle plonge dans ses souvenirs : « J’ai une multitude de photos de ma mère (..) , je tourne en rond dans mon lit (…), je réveille mon frère ». Elle relate le récit du grand père qui apprend à Colmar l’accident mortel de ses parents et doit se rendre à Paris pour la reconnaissance des cadavres. Il ne dira rien à ses petits enfants. Céline enlève ses chaussures, se promène pieds nus, ouvre le grand carton, en sort des chaussons de danse, les enfile et esquisse quelques pas… 
« Les bijoux, c’est tout ce qui reste de cette nuit là ! ». Le grand père n’a pu identifier le cadavre de sa fille atrocement brûlé, que grâce à ses bijoux…Céline revêt un masque.
Ludique et bouleversant, cette histoire vraie est profondément pudique…

Implantée en Normandie avec une convention du Ministère de la Culture, la Part des Anges est associée au Merlan, Scène Nationale de Marseille. On se souvient de Modèles, de Sirènes, de Dormir cent ans et surtout de Mon coeur sur le scandale du Mediator. Pauline Bureau a reçu plusieurs prix, Nouveau Talent de la SACD en 2015 et le Molière 2017 du spectacle jeune public.

Théâtre de Villejuif jusqu’au 18 novembre, jeudi vendredi à 20 h 30, samedi, lundi à 19 h, dimanche à 16 h, tél 01 49 58 17 00, rencontre avec l’équipe artistique à l’issue du spectacle le jeudi 16 novembre.

Jack Ralite

Il vient de disparaître et laisse un grand vide.
Jeune journaliste engagée à France Nouvelle, dynamique hebdomadaire du Parti Communiste Français pour le Festival d’Avignon en 1968, pour succéder à René Gaudy, j’avais eu la chance de le rencontrer et d’avoir de longues discussions avec lui. Il m’avait commandé une série d’articles Passeport pour la culture qui m’avaient permis d’élargir mon horizon. Et depuis 1965, nous fréquentions régulièrement le magnifique Théâtre de la Commune de la ville d’Aubervilliers dont il était maire, où Gabriel Garran nous a fait découvrir tant d’étonnants spectacles. Toujours aux côtés des plus démunis, toujours en lutte avec les armes de l’esprit, Jack Ralite dont la culture était immense, adorait les citations dont il nous régalait. J’aurais aimé pouvoir l’accompagner pour un dernier hommage.

RIVAGES Texte et mise en scène de Rachid Akbal, création musicale Clément Roussillat, scénographie Blandine Vieillot

En exergue « Nous sommes la part invisible de votre existence ! ».
Nous sommes devant une mer immense constituée par un amas de vêtements abandonnés sur le rivage par le reflux de la mer.

Hatem : « À 40 ans, j’ai fusionné avec la mer, avec la plage, avec l’air, avec tout ce qui existe, c’est à dire que je ramassais tout ce qui venait de la mer, les objets rejetés par la mer, amenés par la providence, offerts par l’autre, offerts aussi par le rayon de soleil, tous les objets insignifiants étaient importants pour moi. Il y en avait des milliers, des milliers de bouteilles, des cordes, des planches, tout ce que tu peux imaginer venait de la mer.(…) Les disparus, je les appelle tous Memdu ».

Les 7 comédiens nous font vivre cette tragédie occultée par l’égoïsme immonde de notre occident pillard et repu : « Tu peux toujours construire un mur plus haut. Nous sommes du nord de l’ouest, de l’est, du sud, j’arrive. Il faut plusieurs chemins pour aller quelque part (…) Tu peux toujours construire un mur plus haut, j’trouverai la fissure, rien n’arrête l’eau ! ».
Nous sommes saisis par cette épopée musicale brossée par 7 magnifiques comédiens qui ont partagé cette réflexion depuis 2014 avec la réécriture de l’Odyssée.

Rachid Akbal installé à Colombes depuis des années, a enseigné au Studio 34 et à l’École Claude Mathieu. Il partage les aventures d’Oposito et Annibal et ses Éléphants. Il écrit des histoires vécues pendant la guerre d’Algérie (Baba la France en 2004, Alger Terminal 2 en 2009) en passant par les récentes révolutions arabes (Samedi la révolution en 2012). Pour 2018 il prépare Samedi la Révolution.

En tournée le 14 février 2017 à 20 h 30 à l’Avant Seine / Théâtre de Colombes (92)
Le 16 février à l’Espace 1789 à Villeneuve la Garenne (92)
22 mars 2018 à 14 h et 20 h 30 à Gare au Théâtre de Vitry (94)
18 avril à 9 h 30 et 20 h à Tropiques Atrium Scène Nationale de la Martinique.
Compagnie Le Temps de Vivre, direction@le-temps-de-vivre-info