L’équipe du Kapouchnik chez Marie Pierre Gluntz dimanche 24 mai 2020 Montbéliard

 

Titre provisoire : A Table,  crash test N° 1 

On en va pas rester les bras croisés jusqu’en septembre.  Les comédiens du Kapouchnik du pays de Montbéliard proposent une forme d’une heure pouvant être reprise dans   des jardins  privés  ou des places publiques.

Hervée de Lafond, Jacques Livchine, Eric Prévost, Catherine Fornal, les frères Dreyfus, Seb Dec Youssri el Yaakoubi

8 acteurs sont réunis devant une assistance prévue de 53 personnes, nous sommes tous assis à un mètre les uns des autres dans ce beau jardin ensoleillé.

Liste des séquences 

 1 lavage de mains,

 2 mon confinement, 

3 la  course d’Hervée sur Haendel

 4 les prénoms et les noms de famille, 

5 les Francs Comtois,

 6 les banalités de jardin, 

7 le chant polonais au violoncelle, 

8 Macron Edouard Philippe Brigitte, 

9 les couturières et les masques, 

10 je voudrais pas crever, 

11 le pangolin,

12 les chambres à coucher,  

13 Dom Juan et Sganarelle,  sur la médecine 

14 les messages SMS, 

15 la mort de la voisine, 

16 l’astéroïde, 

17 la mort du beauf, 

18 mes déménagements, 

19 Charles II, et la peste  

20 lavage de mains,

 21 Danse endiablée et salut.

C’est un mélange entre un côté Perec la vie mode d’emploi, sur les vraies histoires personnelles des acteurs, et des sujets d’actualités , style  Kapouchnik. 

Plutôt réussi.

1 H 10  

Quelques images attrapées au vol : Musique ritournelle,  lavage de mains, chaque acteur assis se lave les mains et présente son confinement.

Hervée ravie, court sur Jules César de Handel, Catherine présente ses exercices de karma.

Deux franc comtois se plaignent que tout  est annulé  joué  par Catherine et Sébastien « Même  l’été, c’est annulé. »

Catherine chante en polonais accompagnée au violoncelle 

Youssri et Hervée jouent Macron et Brigitte,  tandis que Catherine lit Hanah Arrendt sur la soumission des peuples puis ce sont les couturières bénévoles qui proposent des masques  tandis que l’Etat leur demande 1110 € pour le certificat de normalité. 

« Je voudrais pas crever » de Boris Vian, 

puis le pangolin  qui se défend d’être le responsable. 

 Dom Juan et Sganarelle,  sur la médecine. 

SMS vraiment reçus : Je cherche des solutions pour démissionner de ma vie  etc. 

 La voisine morte au cimetière de Colombier Fontaine. Récit glaçant de Catherine, histoire vraie

L’agence spatiale européenne sur la tête de Youssri avec des oeufs et des tomates, le ciel ne nous tombera pas sur la tête.

L’enterrement de François.Jacques Chante ce qu’il a chanté devant le cercueil en Russe

les déménagements de chacun

 Charles 2 et ses soldats , Rentrer dans la maison où 8 personnes sont mortes de la peste.

 , bataille d’oreillers historique avant la bataille. 

Tout le monde se lave les mains, ils s’endorment sur la table, avant de se mettre à danser.

Un spectacle tonique dans le désert culturel qui nous entoure.

Beau soleil de fin d’après midi, 

Thé , samovar,  gâteaux, jus de gingembre

les gens ont du mal à se quitter. 

La directrice de la scène nationale le Granit  est présente

Un médecin propose son jardin 

FRANC COMTOISE DE RUE 12 mai 2020 au bord du Doubs

Pour compléter le compte rendu établi par Stéphanie Ruffier, voici mes notes personnelles.

Plusieurs compagnies de Franche Comté se sont réunies aux bords du Doubs pour établir un acte radical et poétique de résistance, la Conjuration de Granvelle établie par le Théâtre de l’Unité, le Pudding Théâtre, Tricyclique Dol, Muche Muche, A demain j’espère, Sirious Compagnie et les Urbaindigènes, Artimium 360 entre autres.

Christophe Chatelain : « Tout le monde trouve des façons de résister, le monde change. Il faut profiter de ce moment pour rassembler les intermittents de Franche Comté, amener de la poésie et de la beauté. Il faut convoquer tout le monde pour s’emparer à nouveau du dehors, sortir notre épingle du jeu maintenant. Macron a proposé des répétitions publiques. Avec les 4 Saisons de Pina Bausch, on pourrait faire une grande marche dans Besançon, son fils a donné les droits de diffusion du spectacle. Le final pourrait avoir lieu place de la Révolution. Il faut favoriser les énergies locales. Comment imaginer le monde d’après avec les artistes ? Il faut établir un dialogue sans passer par des revendications. Personne ne peut faire de programmation. »

Hervée Delafond suggère la présence de 300 personnes en blanc place de la République, chacun pourrait dessiner un rond au blanc d’Espagne avec un Coryphée qui lancerait des textes sur la marche de Pina Bausch avec des gestes simples. Il faut retrouver le sacré des rituels, le passage à l’âge adulte pour dire au revoir. Ce serait un autodafé des autorisations de déplacement. Il faudrait trouver des graveurs, travailler la nuit, chercher des lieux symboliques. On pourrait faire 30 groupes, 2 temps pour un final avec des gestes simples. Il faudrait travailler la nuit, trouver des lieux symboliques.

« Que tous les théâtres nationaux découvrent le théâtre de rue ! Montrer qu’on est ensemble, faire le récit du confinement, afficher sur un mur la liste des spectacles qui n’ont pas pu se jouer., faire des foires au troc, des vides greniers dans les villages. On pourrait réunir les troupes amateurs pour occuper l’espace de façon esthétique. »

« La fête, le monde déprime, on pourrait faire un truc glauque. On a été bloqués par des contradictions, ne sachant pas où et quand on pourrait jouer. On a dû annuler des représentations à Besançon. Il faut retrouver le sacré des rituels pour dire au revoir, faire un autodafé des autorisations de déplacement, trouver des graffeurs comme le Gentil Godjo, travailler de nuit, trouver des lieux symboliques, faire 30 groupes en 2 temps, puis un final très simple. Que tous les théâtres nationaux découvrent le théâtre de rue, montrer qu’on est ensemble, faire le récit du confinement, afficher un mur avec le nombre de spectacles qui n’ont pas pu se jouer, faire des foires au troc, des vides greniers dans le villages, réunir les troupes amateurs, occuper l’espace de façon esthétique. »

« On devrait faire un truc glauque. On a été bloqués par des contradictions en ne sachant pas où et quand on pourrait jouer. On a dû annuler des représentations, on a dépressurisé artistiquement. On pourrait faire un vide grenier artistique, on a dû manquer à des gens, on pourrait s’installer comme porte paroles. Quel est le rôle de l’artiste ? On a besoin de transformation, de joie, de passeurs, la Culture nous méprise, mais pas le peuple. Il faut être dans la rue, donner quelque chose, sinon on meurt à petit feu. Il faut dépasser le truc autocentré, la dépression économique va nous tomber dessus. »

« On nous dit qu’on ne peut pas être beaucoup en groupe et ça nous fait envie. Il faudrait des pancartes avec des phrases qu’on aura récoltées. Nous sommes souvent des portes paroles. Paul joue dans des maisons de retraites. Il est perdu et ça lui donne de l’entrain avec l’idée de la transgression pour faire un geste commun. »

« Le confinement, c’est fini, on préfère le confinement à la vraie vie. Ils ont foutu le théâtre dans un état de léthargie. On peut être sûr que le théâtre ment aux gens. On peut donner autre chose que le sourire et la fête. Comme les infirmiers et les éboueurs, on joue notre rôle. »

Il faut être 3 pour proposer un mode d’emploi, se répartir le boulot. Hervée se propose pour draguer les Scènes Nationales et s’occuper du scénario. Stéphanie contacte les journalistes pour cet acte de résistance poétique et radical. Nous devons faire connaître les forces vives de Franche Comté. La prochaine réunion devrait avoir lieu le mardi mai dans un CDN de Franche Comté pour un événement le mardi 26 mai à 18 h pour organiser la conjuration de Granvelle, un acte radical poétique et de résistance.

Notes prises par Edith Rappoport

Fédération des Arts de la Rue 12 mai 2020

Compte-rendu de la Conjuration de Granvelle 

Lieu secret – mardi 12 mai 14h

[Note de la secrétaire]

Je raconte le fil des interventions, en essayant quand même de regrouper les thématiques. Pour ceux qui n’ont pas envie de tout lire, les mots-clés sont en gras ou en couleur. 

Christophe prend la parole sur la genèse de cette initiative « Francomtoise de rue »

« Chacun invente des résistances à son endroit. Il s’agit de profiter de ce moment de vide pour rassembler tous les intermittents de Franche-Comté dans un événement fort : un acte poétique. Tout le monde (du spectacle vivant). Tous. »

Pas de corporatisme : dixit Césaire 

  • UN ACTE POETIQUE
  • UN ACTE DE RESISTANCE


Ce TOUS comprendrait : CDN, Deux Scènes, Rodia, techniciens, tous les acteurs du secteur culturel franc-comtois…

Ambition : les médias nationaux

Car, attention, « ce n’est pas un truc de punk ! »

Un constat : les gens qui se ré-emparent du « dehors » réinventent l’eau chaude.

Les Mouawad sont assez gonflants quand ils prennent la place des artistes de rue. Ces derniers doivent affirmer leur savoir-faire.

LE BUT d’un tel événement : 

Il s’agirait d’une première étape de grand rassemblement qui pourrait permettre ensuite un dialogue (avec les tutelles, les collectivités…).

  • Au-delà des revendications budgétaires, il s’agit surtout de dire ON EST LA ! (coucou les Gilets jaunes… chant adapté d’un chant de supporters de foot puis d’un chant de lutte de cheminots.)

Remarque d’un participant : la DRAC, les grandes Scènes, les collectivités locales savent qu’on existe. 

Quid du (grand) public ?

Hervée : prenons le Président Macron au mot. Cet événement pourrait être présentéecomme une grande « répétition publique ». 

Ou une « colonie de vacances ».

Jacques : les zones vertes lui rappellent la zone libre.  Il convoque les souvenirs du CNR (conseil national de la résistance)


Première idée : prendre exemple sur ceux qui se sont réappropriés la marche des saisons de Pina Bausch (les droits sont libres) >> une déambulation chorégraphiée, très visuelle. 

Lieu : place de la Révo à Besançon



Réactions en vrac : 

  • « A chaque fois qu’on fait des choses ensemble, ça me fait plaisir. » (Olivia)
  • « Favoriser les énergies locales. » (Fabien)
  • « Théâtre obligatoire ! » « CNR » « Croizat »… Certaines remarques rappellent les propos de Jean Vilar sur le théâtre comme service public (aussi nécessaire que le gaz… s’il savait que, depuis, il a été privatisé.)

QUELLE FORME ?

  • On étudie d’abord l’idée d’un gros événement visuel, basé sur l’effet de masse, le nombre. Sans parole.
  • un truc intrusif, très long ? ou plutôt des « clusters » qui se réunissent à la fin pour un effet visuel fort ? (cluster, c’est un des mots phares de cette rencontre)
  • une certaine durée (pas un flash)
  • Un argumentaire avec parole ?

IDEES :

Hervée sort un 2 de trèfle (NB : la carte de la plus petite valeur dans un jeu de cartes. Pourtant, elle la ressortira en toute fin de débat.)

Sa proposition : 

  • on est 300 avec des pots de blanc d’Espagne (ou blanc de Meaux)
  • chacun trace un cercle autour de lui pour le respect des distances de sécurité
  • une seule couleur
  • une phrase lancée par un coryphée est répétée en relais par tous (ne pas gueuler !)
  • un dessin sur le masque avec un phylactère qui contient un message ?

Fabien : un carnaval des morts type Kantor. Vraiment glauque. Un immense rituel.
« Qu’ils crèvent les artistes ! »

Laisser des traces : un cercle au sol par exemple.

Catherine : du rituel, du sacré.

Un passage vers le nouveau monde. Des artistes qui marquent le passage d’un moment à autre (le fameux « monde d’après »).

Un autodafé des autorisations de déplacement ! (Maëlle ? Céline ?) Ou des objets du confinement dont on veut se débarrasser (une machine à pain).

Discussion autour de l’importance de l’image :

  • Demander à des artistes de Street Art de participer ? Gentil Godjo ? Popeye ?
  • Des affichettes et / ou des plaques de rue qui racontent des histoires de confinement « Ici Gilbert, le 14 avril a décidé de… »
  • Sur un morceau de musique sacrée, sous forme d’une petite carte blanche de sept minutes dans un petit espace circonscrit (un cercle ?), chacun pourrait s’exprimer librement, proposer un petit rituel individuel pour exorciser son confinement

(NB : « sacré » comme « sexe » vient du sanskrit SAK et du latin seccare / sacrum = la séparation, la délimitation.)


On revient sur le sens.

Mathilde : combattre la peur 

CONJURER (le mot signifie préparer un complot, mais aussi détourner/ dissiper/ éloigner une menace ou un danger)

Jacques revient sans cesse à l’assaut avec sa petite caméra pour laisser un message aux Israéliens qui font du théâtre de rue. On entendra aussi BEAUCOUP parler de Charlotte Messi (Massy ? Macé ?) (Vesoul).

Spoiler : Jacques filmera, à la fin, des déclarations pro théâtre de rue. Catherine, Hervée et lui-même. L’anglais n’est pas toujours maîtrisé. Mais c’est drôle et énergique. On entend des voix derrière « Free Palestine ».

C’est alors que survient le grand débat : est-ce qu’on a besoin des artistes ?

Rappel, le post FB de Jacques qui disait : les artistes ne manquent qu’aux artistes.

On entend :

Les artistes, on s’en fout un peu. 

Quand on interroge les Français sur ce qui leur manque, les artistes n’arrivent qu’en 15e position.

Peut-on revendiquer quoi que ce soit alors que de nombreuses autres professions sont gravement touchées ?

C’est un peu flippant.

Mais si, on a besoin des artistes. De nous.

Mais non.

An 01. Nouvelle de SF : Tous artistes ? 

Jacques a des anecdotes qui prouvent que ça n ‘intéresse pas grand monde, le théâtre.

Les gens viendraient plutôt voir des atmosphères, des apéros et des fêtes.

Ah ! D’autres idées de formes :

  • Une chorégraphie sur les injonctions contradictoires imposées par le gouvernement.
  • L’histoire d’un immeuble. L’artiste comme haut parleur, il récolte des phrases clés de confinement et les transmet. (NB : quelle question poser aux gens pour qu’ils parlent ? interroger autour de soi ? ses voisins ? chaque artiste invente une phrase ?)
  • Une grande chorégraphie appuyée et relayée par la diffusion d’une musique commune en direct à la radio. (France Bleu ? Radio Campus ?)
  • Chevaucher des tigres en carton

Tour de table final en plein air. Chacun s’exprime sur ses envies. 

  • Beaucoup de COLERE. Inquiétude pour le « petit peuple »
  • Y’en a qui sont pas trop excités par la proposition 
  • Qui coordonne ? Pas toujours la même.
  • Le mot « FAIRE » revient trois fois
  • Un élan / un rendez-vous
  • Un geste commun graphique
  • Rêve de gros CARNAVAL, être ensemble. Un gros truc INUTILE.
  • Besoin de transcender, transmuter, avoir un rôle de passeur, facilitateur = TRANSFORMER
  • Dépasser le truc autocentré du monde de la culture -> dans une pensée UNIVERSALISTE
  • Evocation de la peur. RESISTER à la peur, à l’état policier, aux mesures de surveillance, de distanciation physique
  • Envie d’un acte EXPIATOIRE
  • Faire quelque chose pour les morts qui n’ont pas eu de rituel. Le mot RITUEL revient souvent.
  • Importance de tout ce qui nous dépasse. Le GROUPE. Le Collectif. Envie d’être debout, en groupe, beaucoup. Etre plein. Une belle image avec du monde : le monde rassemblé. RASSEMBLER est déjà un acte fort. Etre ensemble. 
  • Un acte expiatoire. Un vomi. Une éjaculation. Qui laisse des TRACES de VIE dans la ville !
  • Interdit et TRANSGRESSION. On n’a pas le droit de se regrouper dans l’espace public, et bien justement, on se regroupe dans l’espace public !
  • « Je suis en guerre. »

Un moment fort. Les sous.

Martine : On a toute la matière. On peut retourner (artistiquement) la ville. Il suffit juste que les grosses structures distribuent leur argent en faisant bosser les gens du territoire. Allez hop ! Les Anne Tanguy, les Célie Pauthe, distribuez vos sous.

Jacques adore quand on pointe des responsables.

La question de la qualité (anecdote Ariane Mnouchkine / AJT) est rapidement évacuée.

Christophe et Jacques évoquent les échos que cet événement pourrait trouver dans d’autres groupes et fédés « rue ».

La manifestation géante en Israël dont parlait Hervée. Vidéo ici

http://www.leparisien.fr/video/video-israel-une-manifestation-geante-en-respectant-la-distanciation-20-04-2020-8302929.php

LES DECISIONS FINALES :

  • il faut que cet événement ait lieu et vite : fin mai !
  • contacter toutes les autres compagnies de Franche-Comté + les structures (Fabien CDN, Stéphanie Deux Scènes) + Conservatoire et musiciens (non résolu) + Rodia (qui ?) + médias nationaux (Hervée) + médias locaux (Stéphanie). Privilégier les contacts interpersonnels plutôt que les mails. 
  • rédiger un mail qui invite les autres acteurs du paysage culturel, du spectacle vivant, à la prochaine réunion : 

date mardi 19 mai à 14h

Evoquer un acte poétique de résistance (pas un acte « radical » ça fait trop peur. Pourtant Marie-José Mondzain a écrit un chouette essai là-dessus, Confiscation des mots, des images et du temps, pour revivifier le mot radicalité)

Ne surtout pas mentionner la date ni le lieu de l’événement final envisagé pour fin mai.

  • Le lieu de cette prochaine réunion : soit au CDN (Fabien appelle Célie Pauthe) soit sous le chapiteau du Serious
  • On s’appelle désormais « la conjuration » (tout court) car Granvelle est un peu un sale type.
  • Une team « décisions artistiques » affinera les propositions : HERVEE et CHRISTOPHE + deux autres personnes

LES GRANDES IDEES QUI RESTENT :

  • 1 IMAGE FORTE
  • 1 EFFET DE GROUPE, DE NOMBRE
  • 1 PHRASE RECOLTEE SUR UN PANNEAU (nom, rue, citation témoignage de confinement)
  • 1 OBJET / 1 TRACE

LES GRANDES IDEES QUI RESTENT :

  • 1 IMAGE FORTE
  • 1 EFFET DE GROUPE, DE NOMBRE
  • 1 PHRASE RECOLTEE SUR UN PANNEAU (nom, rue, citation témoignage de confinement)
  • 1 OBJET / 1 TRACE

Des bises, 

Compte-rendu de la Conjuration de Granvelle 

Lieu secret – mardi 12 mai 14h

[Note de la secrétaire]

Je raconte le fil des interventions, en essayant quand même de regrouper les thématiques. Pour ceux qui n’ont pas envie de tout lire, les mots-clés sont en gras ou en couleur. 

Christophe prend la parole sur la genèse de cette initiative « Francomtoise de rue »

« Chacun invente des résistances à son endroit. Il s’agit de profiter de ce moment de vide pour rassembler tous les intermittents de Franche-Comté dans un événement fort : un acte poétique. Tout le monde (du spectacle vivant). Tous. »

Pas de corporatisme : dixit Césaire 

  • UN ACTE POETIQUE
  • UN ACTE DE RESISTANCE


Ce TOUS comprendrait : CDN, Deux Scènes, Rodia, techniciens, tous les acteurs du secteur culturel franc-comtois…

Ambition : les médias nationaux

Car, attention, « ce n’est pas un truc de punk ! »

Un constat : les gens qui se ré-emparent du « dehors » réinventent l’eau chaude.

Les Mouawad sont assez gonflants quand ils prennent la place des artistes de rue. Ces derniers doivent affirmer leur savoir-faire.

LE BUT d’un tel événement : 

Il s’agirait d’une première étape de grand rassemblement qui pourrait permettre ensuite un dialogue (avec les tutelles, les collectivités…).

  • Au-delà des revendications budgétaires, il s’agit surtout de dire ON EST LA ! (coucou les Gilets jaunes… chant adapté d’un chant de supporters de foot puis d’un chant de lutte de cheminots.)

Remarque d’un participant : la DRAC, les grandes Scènes, les collectivités locales savent qu’on existe. 

Quid du (grand) public ?

Hervée : prenons le Président Macron au mot. Cet événement pourrait être présentéecomme une grande « répétition publique ». 

Ou une « colonie de vacances ».

Jacques : les zones vertes lui rappellent la zone libre.  Il convoque les souvenirs du CNR (conseil national de la résistance)


Première idée : prendre exemple sur ceux qui se sont réappropriés la marche des saisons de Pina Bausch (les droits sont libres) >> une déambulation chorégraphiée, très visuelle. 

Lieu : place de la Révo à Besançon



Réactions en vrac : 

  • « A chaque fois qu’on fait des choses ensemble, ça me fait plaisir. » (Olivia)
  • « Favoriser les énergies locales. » (Fabien)
  • « Théâtre obligatoire ! » « CNR » « Croizat »… Certaines remarques rappellent les propos de Jean Vilar sur le théâtre comme service public (aussi nécessaire que le gaz… s’il savait que, depuis, il a été privatisé.)

QUELLE FORME ?

  • On étudie d’abord l’idée d’un gros événement visuel, basé sur l’effet de masse, le nombre. Sans parole.
  • un truc intrusif, très long ? ou plutôt des « clusters » qui se réunissent à la fin pour un effet visuel fort ? (cluster, c’est un des mots phares de cette rencontre)
  • une certaine durée (pas un flash)
  • Un argumentaire avec parole ?

IDEES :

Hervée sort un 2 de trèfle (NB : la carte de la plus petite valeur dans un jeu de cartes. Pourtant, elle la ressortira en toute fin de débat.)

Sa proposition : 

  • on est 300 avec des pots de blanc d’Espagne (ou blanc de Meaux)
  • chacun trace un cercle autour de lui pour le respect des distances de sécurité
  • une seule couleur
  • une phrase lancée par un coryphée est répétée en relais par tous (ne pas gueuler !)
  • un dessin sur le masque avec un phylactère qui contient un message ?

Fabien : un carnaval des morts type Kantor. Vraiment glauque. Un immense rituel.
« Qu’ils crèvent les artistes ! »

Laisser des traces : un cercle au sol par exemple.

Catherine : du rituel, du sacré.

Un passage vers le nouveau monde. Des artistes qui marquent le passage d’un moment à autre (le fameux « monde d’après »).

Un autodafé des autorisations de déplacement ! (Maëlle ? Céline ?) Ou des objets du confinement dont on veut se débarrasser (une machine à pain).

Discussion autour de l’importance de l’image :

  • Demander à des artistes de Street Art de participer ? Gentil Godjo ? Popeye ?
  • Des affichettes et / ou des plaques de rue qui racontent des histoires de confinement « Ici Gilbert, le 14 avril a décidé de… »
  • Sur un morceau de musique sacrée, sous forme d’une petite carte blanche de sept minutes dans un petit espace circonscrit (un cercle ?), chacun pourrait s’exprimer librement, proposer un petit rituel individuel pour exorciser son confinement

(NB : « sacré » comme « sexe » vient du sanskrit SAK et du latin seccare / sacrum = la séparation, la délimitation.)


On revient sur le sens.

Mathilde : combattre la peur 

CONJURER (le mot signifie préparer un complot, mais aussi détourner/ dissiper/ éloigner une menace ou un danger)

Jacques revient sans cesse à l’assaut avec sa petite caméra pour laisser un message aux Israéliens qui font du théâtre de rue. On entendra aussi BEAUCOUP parler de Charlotte Messi (Massy ? Macé ?) (Vesoul).

Spoiler : Jacques filmera, à la fin, des déclarations pro théâtre de rue. Catherine, Hervée et lui-même. L’anglais n’est pas toujours maîtrisé. Mais c’est drôle et énergique. On entend des voix derrière « Free Palestine ».

C’est alors que survient le grand débat : est-ce qu’on a besoin des artistes ?

Rappel, le post FB de Jacques qui disait : les artistes ne manquent qu’aux artistes.

On entend :

Les artistes, on s’en fout un peu. 

Quand on interroge les Français sur ce qui leur manque, les artistes n’arrivent qu’en 15e position.

Peut-on revendiquer quoi que ce soit alors que de nombreuses autres professions sont gravement touchées ?

C’est un peu flippant.

Mais si, on a besoin des artistes. De nous.

Mais non.

An 01. Nouvelle de SF : Tous artistes ? 

Jacques a des anecdotes qui prouvent que ça n ‘intéresse pas grand monde, le théâtre.

Les gens viendraient plutôt voir des atmosphères, des apéros et des fêtes.

Ah ! D’autres idées de formes :

  • Une chorégraphie sur les injonctions contradictoires imposées par le gouvernement.
  • L’histoire d’un immeuble. L’artiste comme haut parleur, il récolte des phrases clés de confinement et les transmet. (NB : quelle question poser aux gens pour qu’ils parlent ? interroger autour de soi ? ses voisins ? chaque artiste invente une phrase ?)
  • Une grande chorégraphie appuyée et relayée par la diffusion d’une musique commune en direct à la radio. (France Bleu ? Radio Campus ?)
  • Chevaucher des tigres en carton

Tour de table final en plein air. Chacun s’exprime sur ses envies. 

  • Beaucoup de COLERE. Inquiétude pour le « petit peuple »
  • Y’en a qui sont pas trop excités par la proposition 
  • Qui coordonne ? Pas toujours la même.
  • Le mot « FAIRE » revient trois fois
  • Un élan / un rendez-vous
  • Un geste commun graphique
  • Rêve de gros CARNAVAL, être ensemble. Un gros truc INUTILE.
  • Besoin de transcender, transmuter, avoir un rôle de passeur, facilitateur = TRANSFORMER
  • Dépasser le truc autocentré du monde de la culture -> dans une pensée UNIVERSALISTE
  • Evocation de la peur. RESISTER à la peur, à l’état policier, aux mesures de surveillance, de distanciation physique
  • Envie d’un acte EXPIATOIRE
  • Faire quelque chose pour les morts qui n’ont pas eu de rituel. Le mot RITUEL revient souvent.
  • Importance de tout ce qui nous dépasse. Le GROUPE. Le Collectif. Envie d’être debout, en groupe, beaucoup. Etre plein. Une belle image avec du monde : le monde rassemblé. RASSEMBLER est déjà un acte fort. Etre ensemble. 
  • Un acte expiatoire. Un vomi. Une éjaculation. Qui laisse des TRACES de VIE dans la ville !
  • Interdit et TRANSGRESSION. On n’a pas le droit de se regrouper dans l’espace public, et bien justement, on se regroupe dans l’espace public !
  • « Je suis en guerre. »

Un moment fort. Les sous.

Martine : On a toute la matière. On peut retourner (artistiquement) la ville. Il suffit juste que les grosses structures distribuent leur argent en faisant bosser les gens du territoire. Allez hop ! Les Anne Tanguy, les Célie Pauthe, distribuez vos sous.

Jacques adore quand on pointe des responsables.

La question de la qualité (anecdote Ariane Mnouchkine / AJT) est rapidement évacuée.

Christophe et Jacques évoquent les échos que cet événement pourrait trouver dans d’autres groupes et fédés « rue ».

La manifestation géante en Israël dont parlait Hervée. Vidéo ici

http://www.leparisien.fr/video/video-israel-une-manifestation-geante-en-respectant-la-distanciation-20-04-2020-8302929.php

LES DECISIONS FINALES :

  • il faut que cet événement ait lieu et vite : fin mai !
  • contacter toutes les autres compagnies de Franche-Comté + les structures (Fabien CDN, Stéphanie Deux Scènes) + Conservatoire et musiciens (non résolu) + Rodia (qui ?) + médias nationaux (Hervée) + médias locaux (Stéphanie). Privilégier les contacts interpersonnels plutôt que les mails. 
  • rédiger un mail qui invite les autres acteurs du paysage culturel, du spectacle vivant, à la prochaine réunion : 

date mardi 19 mai à 14h

Evoquer un acte poétique de résistance (pas un acte « radical » ça fait trop peur. Pourtant Marie-José Mondzain a écrit un chouette essai là-dessus, Confiscation des mots, des images et du temps, pour revivifier le mot radicalité)

Ne surtout pas mentionner la date ni le lieu de l’événement final envisagé pour fin mai.

  • Le lieu de cette prochaine réunion : soit au CDN (Fabien appelle Célie Pauthe) soit sous le chapiteau du Serious
  • On s’appelle désormais « la conjuration » (tout court) car Granvelle est un peu un sale type.
  • Une team « décisions artistiques » affinera les propositions : HERVEE et CHRISTOPHE + deux autres personnes

LES GRANDES IDEES QUI RESTENT :

  • 1 IMAGE FORTE
  • 1 EFFET DE GROUPE, DE NOMBRE
  • 1 PHRASE RECOLTEE SUR UN PANNEAU (nom, rue, citation témoignage de confinement)
  • 1 OBJET / 1 TRACE

LES GRANDES IDEES QUI RESTENT :

  • 1 IMAGE FORTE
  • 1 EFFET DE GROUPE, DE NOMBRE
  • 1 PHRASE RECOLTEE SUR UN PANNEAU (nom, rue, citation témoignage de confinement)
  • 1 OBJET / 1 TRACE

Des bises, 

Stéphanie, présidente de la FCR

Stéphanie, présidente de la FCR

APRES LA FIN Théâtre de la Cité Internationale (18) 6 mars

De Denis Kelly, traduction Pearl Manifold et Olivier Werner, mise en scène Maxime Contrepoids, avec Elsa Agnès et Jules Sagot, production Le beau danger.

C’est un huis clos dans un abri anti-atomique construit par Mark où Louise se réveille. Ils sont contraints de vivre ensemble, ont beaucoup de mal à se parler, se comprendre. Ils tentent parfois de briser la glace, mais elle les engloutit. La violence et la mort les menacent, ils perdent conscience par moments. Cette histoire de privation du monde se traduit par de grandes bouffées noires et musicales qui nous engloutit. On cherche en vain à saisir le fil de cette histoire menaçante qui nous concerne tous.

Maxime Contrepoids a été assistant de Mathias Langhoff , le Jean-François Sivadier et de Marcial di Fonzo Bo. Le dernier spectacle qu’il a réalisé Anticorps a été coproduit par Théâtre Ouvert, la Comédie de Caen, la Comédie de Reims et le Théâtre National de Bretagne. Le Beau Danger est implanté en Côte dOr, Région Bourgogne Franche Comté.

Denis Kelly a créé une dizaine de spectacles à Londres et en Allemagne. En 2OO9 il a été élu meilleur auteur étranger par Theatre Heute en Allemagne.

Théâtre de la Cité Internationale jusqu’au 14 mars, lundi, mardi vendredi à 20 h, jeudi, samedi à 19 h, relâche mercredi et dimanche, tel 01 43 13 50 50.

KAPOUCHNIK n°144 (17) Studio des Trois Oranges Audincourt 29 février

15 sketches interprétés par 13 acteurs venus de la région, de Paris et d’ailleurs. Chacun se présente avec sa phrase billard pour introduire son personnage.

Les meilleurs sketches : Le Coronavirus l’Institut Pasteur, le Péril jaune, La branlette à Griveaux, la Saint Valentin et Madonna. Comme toujours la salle bondée leur fait un triomphe.

Prochain Kapouchnik le samedi 28 mars 2020

Théâtre de l’Unité Espace Japy 25400 Audincourt, Tél 03 81 34 49 20

STAND UP (16) Le Faucon Porrentruy (CH) 28 février

Nous sommes en Suisse dans le sous sol d’un cabaret bondé de jeunes réjouis de pouvoir fumer, pour assister à une série de sketches décoiffants. Youssri El Yaakoubi chauffe la salle en interpellant les spectateurs, il prétend la faire bander.

Loïc : « partir en vacances, par les temps qui courent, c’est dangereux. Je ne suis pas mauvais au lit ! (…) Ma carte banque erre dans la région ! ».

Youssri : « Amina m’a convié au carnaval. Aux fêtes de Porrentruy on a eu l’idée de se déguiser en couple Macron Brigitte 110 kg. Je vais vous parler de mes vacances. J’adore aller au Maroc, j’arrive toujours en retard. Au Maroc il y a autant de commerces français que de kebabs en France… ».

Une série de jeux de mots improbables se succèdent réjouissant un public complice.

Correspondance avec la Mouette

Théâtre des Déchargeurs 4 février

D’après la correspondance entre Anton Tchekhov et Ursula Mizinova, traduction, adaptation et mise en scène Nicolas Struve, jeu David Gouhier, Stéphanie Schwartzbrod, compagnie l’Oubli des Cerisiers

Nicolas Struve, le metteur en scène et adaptateur  du spectacle, rappelle de qu’écrivait en 1896 Anatoli Koni, après avoir assisté à une représentation de la Mouette : « C’est sur scène la vie même, avec ses unions tragiques, son inanité bavarde et ses souffrances muettes-la vie ordinaire à la portée de tous ou presque, incomprise en sa profonde ironie-une vie si proche de nous, si accessible qu’on en oublie aussitôt qu’on est assis au théâtre ! ».

Une chaise au centre et des piles de livres contre les murs. On cite des extraits  du 4e acte de La Mouette. Trepleev lit une liasse de papiers, raconte sa vie ratée avec Nina, puis jette les feuilles. On voit un film en noir et blanc sur un couple : « Je suis à la campagne, un mensonge vaut mieux que l’indifférence… ». 1893 Printemps, Eté, Automne, Hiver, il est couché le 13 août  à Relichkovo. Il peint sur les murs : « J’ai la sensation que la vie se rit de moi !  Tout me réussit à part le fait que je n’ai pas un kopeck en poche». Un affrontement amoureux sur une musique répétitive en 1894 à Berlin…Le 27 mars 1894, à Yalta, une lettre de Tchekhov : «  Je crois que le vrai bonheur est impossible sans oisiveté… ». 17 octobre 1896 première de La Mouette à Paris et le 17 octobre 1896 à Saint Petersbourg, puis mort de sa fille Christina.

Il tousse pendant qu’elle lui écrit le 27 janvier à Yalta : « On s’ennuie beaucoup à Yalta, écrivez moi, je n’ai plus la force de ne plus vous aimer ! (…) Savoir endurer ! »

Lui c’est Anton Tchekov, elle c’est Lika Mizinova. Il se croisent pendant des années, puis ne se verront plus.

Ce duo espiègle et tragique fascine la petite salle bourrée.

Théâtre des Déchargeurs métro Châtelet 75001 jusqu’au 29/02 à 19 h, du mardi au samedi, tel 01 42 36 00 50