ENVOÛTEMENTS-SPECTACLE-PROFERATIONS L’Echangeur de Bagnolet, 25 mai

Retour sur quelques événements artistiques, sociaux et politiques des Trente Glorieuses, conception et mise en scène Régis Hébette, librement inspiré de Proféractions/ Poésie en action à Paris (1946-1969 de Cristina de Simone, Jeu, chant, musique et collaboration à la dramaturgie Pascal Bernier, Cristina de Simone, Michaël Halluin, François Tarot, Armel Veilhan.

Reporté d’une année, ce deuxième volet d’un spectacle né en tant que conférence en action d’une chercheuse universitaire accompagnée de deux acteurs et d’un musicien, évoque une recherche sur des expériences artistiques dans la période des Trente Glorieuses avant 1968.

Armel Veilhan, cérémonieux présente l’expérience : « Il s’agira de s’aimer tout simplement, faire musique ensemble. De 1945 à la guerre d’Algérie se prépare la décolonisation. On vit une tentative de géolocalisation à partir de la crise de notre présence. On évoque Antonin Artaud à Rodez, il se retrouve sur la scène du Vieux Colombier en 1947, se rend compte que sa conférence ne passe pas : »Je parle d’une forme de malaise, d’une forme de stupeur.(…) On est complètement dans le malentendu… ». Après cette conférence, il y a une répression policière de la police parallèle anticommuniste, qui entraîne plusieurs dizaines de morts.

Après la fondation du Living Theatre, Adorno écrit « Peut-on encore écrire de la poésie après Auschwitz ? Les guerre coloniales nous ont condamnés à être des héros ou des victimes ! (…) Nous sommes enfermé dans un conditionnement, on ne s’en sortira pas de la culpabilité (…) changer la vie, c’est un vaste projet !».
Le 8 janvier 1957, après la bataille d’Alger, on a changé de locataire, mais pas d’activité. C’est bien d’aller du côté du réel, mais ce n’est pas avec ça qu’on va s’en sortir ! ». On évoque la grès de la Rodiaceta en mai 1968, « une possibilité d’être ensemble pour la liberté de parole (…. )Neuf millions de gens se sont mis en grève parce que le monde était à transformer. Plus personne ne parle du Viet-Nam aujourd’hui (….) Et qu’est ce que je fous ici ? ».

On peut encore découvrir cette étrange conférence 1e juin à 21 h tel 01 43 62 71 29 59 av du Général de Gaulle 93170 Bagnolet.

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MAI 68 ET LA CHANSON AVANT, PENDANT ET APRES 1968 Hall de la Chanson 25 mai

Serge Hureau organise 3 journées sur la chanson avant et après 1968 avec les prémisses lancées entre autres par son professeur Gilles Sandier qui leur faisait chanter Mao et Moi…Accompagnés au piano par Grégoire Letouvet, de jeunes chanteurs interprètent des chansons yéyé qui rejettent le monde ancien. De La plus belle pour aller danser à Comme un garçon en passant par Mao et moi, nous faisons un voyage dans un passé qui nous paraît bien proche…

Avec les élèves du Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique, nous retrouvons Polnareff et Brigitte Fontaine, puis des Regards sur l’Europe en chanson.
En fin de matinée c’est une rencontre entre Philippe Delerm étudiant à Nanterre en 1968 et Jean Michel Boris ancien directeur de l’Olympia qui avait dû fermer pendant les événements de mai. On entend Il est mort le soleil et Les temps changent (musique de Bob Dylan). Ce sont les débuts de Colette Magny.

L’après midi accompagné par Antoine Laumière à la guitare, nous plonge dans l’Esprit Contestataire et le Commentaire Social d’avant 68 avec Boris Vian, Brassens et Gainsbourg avec entre autres la complainte du progrès, la non demande en mariage et la complainte des filles de joie. Avec Vilin Buggy, éditrice et adaptatrice, on évoque le temps des yéyé, l’influence anglo saxonne, on entend J’y pense et puis j’oublie et C’est pas sérieux.
Avec Jacques Vassal, on retrouve la découverte du folksong américain, If I had a hammer, Les temps changent, les combats pour l’égalité raciale en Amérique
Enfin la démocratisation du disque, de la télévision de la presse spécialisée,, l’entre dans une ère médiatique.
La salle est pleine de jeunes très attentifs.

GABRIEL FAURE Théâtre 71 de Malakoff 23 mai

Concert de Pierre Fouchennet violon, Nicolas Bône alto, Eric Picard violoncelle, quatuor et quintette pour piano et cordes.

Un régal très rare, nous sommes placés au premier rang et pouvons observer la physionomie des interprètes, leur engagement physique total dans cette musique poétique que l’on n’entend plus sur les ondes qui nous gouvernent.

LES LIMBES Théâtre du Rond Point 18 mai

Solo d’Etienne Saglio, écriture et regard extérieur Raphaël Navarro

Créé en 2014 au Festival Mettre en Scène de Rennes, ce spectacle du magicien Etienne Saglio étincelle dans le Festival Magie Nouvelle au Théâtre du Rond Point.

Jongleur autodidacte, Etienne Saglio s’est formé aux écoles de Chatellerault, Toulouse et Châlons en Champagne. En 2007 il crée Variations pour piano et polystyrène et l’Envol pour son diplôme du CNAC, qu’il jouera l’année suivante au Festival Mondial du Cirque de Demain. En 2009, il crée Le soir des monstres joué plus d’une centaine de fois qui continue à tourner en France et à l’étranger. En 20011, il crée Le silence du monde-Installation magique, puis s’intéresse à la cuisine en créant un repas magique avec le chef Alexandre Gauthier et Raphaël Navarro. En 2015, il crée pour la Nuit Blanche Le projet fantôme avec le trompettiste Eric Truffaz. En 2016, il était venu au Théâtre du Rond Point avec Nos rêves définitifs-Cabaret magique.

Seul en scène, Etienne Saglio dialogue avec son double au manteau rouge et jongle avec une étrange forme blanche qui voyage au dessus de nos têtes, tombe de cintres, rebondit d’un bout à l’autre de la grande salle pleine. On entend le Stabat Mater de Vivaldi qui retentit sui nous emporte au ciel. Une épée à la main, sa propre tête sous le bras, le magicien nous défie avec ironie. Ces invraisemblables visions sont bien rares. Les Limbes ont reçu le soutien de plus d’une vingtaine de structures culturelles en France.

C’est un voyage onirique à ne pas manquer au Théâtre du Rond Point jusqu’au 31 mai à 20 h 30, dimanche à 15 h, relâche lundi et le 20 mai Tél 01 44 95 98 21

ALEX AU PAYS DES POUBELLES Le Tarmac 18 mai

ALEX AU PAYS DES POUBELLES (78) Le TARMAC 18 mai

Conception et chorégraphie Maria Clara Villa Lobos, avec Clara Henry, Clément Thirion, Gaspard Herblot, Antoine Pedros, Scénographie Isabelle Azais, un projet de la Compagnie XL en coproduction avec le Théâtre des Tanneurs, le Théâtre de Liège et Charleroi danse.

Ce clin d’oeil en creux sur Alice au pays des merveilles destiné au jeune public à partir de 6 ans est mené avec une étonnante maîtrise par cette jeune artiste brésilienne basée à Bruxelles, où elle a réalisé une dizaine de pièces qui ont tourné dans une quinzaine de pays, en Europe mais aussi au Brésil, au Canada et en Corée du Sud.

Nous sommes devant un immense dépôt d’ordures plastiques, 3 personnages se plongent dans ces déchets. Il y a un concert de bouteilles, des danses virevoltantes, Alex vient s’y mêler, elle est brutalisée par un monstre qui surgit du tas. Trois personnages font mine de se régaler de coca ketchup, mais pour avoir le droit de boire, il faut s’asseoir et Alex n’a pas de place. Ils se transforment en bibendum, Alex aussi. « C’est devenu le pays des poubelles, le roi a complètement interdit de faire le tri, on dit le thé  (…) Il y a de plus en plus d’objets jetables, du coup on a rasé la forêt ! On a perdu tout espoir de revoir un jour un arbre et même des fleurs !».

Avec une impressionnante maitrise d’un gigantesque amas de déchets, des centaines de bouteilles et de sacs plastiques qui envahissent le plateau, une manipulation qui parvient à reconstituer un dragon chinois, des costumes à partir de peluches jetées par Alex, ce jeu ludique effrayant reste drôle et rejoint étrangement le sujet traité par Eugenio Barba dans L’Arbre de l’Odin Teatret présenté au Théâtre du Soleil jusqu’au 19 mai.

Le Tarmac toujours en lutte 159 av. Gambetta 75020 Paris

4’48 PSYCHOSIS Théâtre Studio d’Alfortville 16 mai

Ultime pièce de Sarah Kane, avec Hélène Viviès, mise en scène Christian Benedetti

Nous assistons à la descente en enfer de Sarah Kane, auteur dramatique anglaise, suicidée le 20 février 1999 à l’âge de 28 ans, déjà célèbre au même titre que Samuel Beckett ou Edward Bond. Elle avait publié cinq pièces bouleversantes Blasted (Anéantis), L’amour de Phèdre, Cleansed (Purifiés), Crave (Manque) et 4’48 Psychose.

Débout, immobile sur un petit praticable , Hélène Viviès nous raconte sa lutte quotidienne pour ne pas sombrer avec des mots fulgurants. Rien ne parvient à la raccrocher à la vie, nous sommes pétrifiés sur nos sièges devant l’horreur inéluctable qui va emporter une si jeune artiste.

Dans ce la laboratoire de recherche du Théâtre Studio ouvert en 1997 à Alfortville, Christian Benedetti mène des résidences capitales. Avec Edward Bond, Gianina Caebiniaru qui sont des auteurs associés , Nina Villanova et Sylvain Creuzevault, il a créé un lieu rare.

Théâtre Studio d’Alfortville jusqu’au samedi 9 juin à 20 h 30, relâches lundi et mardi,
Tél 01 43 76 86 56

L’ARBRE spectacle de l’Odin Teatret, mise en scène et dramaturgie Eugenio Barba Théâtre du Soleil 15 mai

Une deuxième vision de cet étrange spectacle de l’autre côté de l’arbre nous plonge dans de nouvelles découvertes.
Iben est juchée sur l’arbre qui est en morceaux, on déplore la disparition des oiseaux. Une indienne chante, on entame un combat pour reconquérir la terre des pères. « Il était là parmi des femmes terrorisé, des enfants démembrés ! (…) Ils avaient coupés tous les bras des enfants vaccinés. C’étaient des hommes civilisés, enseignants, médecins, travailleurs capables d’utiliser cet instinct primordial de tuer ! Nous devons les exterminer, qu’ils soient donnés en pâture aux chiens !».
« Les oiseaux se sont envolés, elle a raison, l’arbre est mort, les oiseaux ne reviendront plus jamais. Tu ne comprends pas pourquoi les oiseaux sont partis ». Nous sentons les boudins gonflables vibrer sous nos fesses, on nous couvre d’un voile percé de trous qui font émerger nos têtes. Le voile est replié, l’arbre est reconstitué, on y accroche des cours et des poupées.on entend des chants d’oiseaux, on évoque les enfants soldats, des décapitations, un acteur est crucifié dans l’arbre qu’on abat.

Roberta a les mains rouges croisées sur son ventre « J’ai toujours une brique sur moi pour montrer au monde ce que fût ma maison. Dieu est un rossignol prêt à mourir ». L’Indienne virevolte avec sa longue chevelure. Les oiseaux chantent dans l’arbre reconstitué.

Difficile de saisir les fils de ce terrible spectacle que l’on peut encore voir à la salle de répétitions du Théâtre du Soleil jusqu’au 19 mai à 20 h 30 Tél 01 43 71 24 08