AU GALOP Théâtre Paris Villette 19 septembre

AU GALOP Théâtre Paris Villette 19 septembre

Écriture et interprétation Stéphanie Chêne, mise en scène Pierre Guillois, technique aérienne Marc Bizet.

«  Il y a 20 ans, jeune danseuse, j’ai été victime d’un très grave accident qui aurait pu me coûter les jambes. (…) Après avoir collaboré, avec le metteur en scène Pierre Guillois notamment sur le solo de Nouara Naghouche Sacrifices, puis sur Le Chant des soupirs, j’ai été fascinée sur la question de l’autobiographie portée à la scène. (…) Au galop est une ode à la pulsion de vie » déclare Stéphanie Chêne.
Accrochée à des filins, elle se débat telle un araignée prise au piège, en nous racontant les traitements douloureux qu’elle a dû subir pendant des années, avant de retrouver l’usage de ses jambes. Malgré une étonnante maîtrise corporelle, ce solo douloureux se perd dans la technique acrobatique et ne soulève pas l’émotion attendue. Depuis 1997, Stéphanie Chêne a une longue expérience d’interprète, d’enseignante et d’assistante. Elle a signé plusieurs spectacles chorégraphiques.
TOURNEE 17-18 AU GALOP
THEATRE PARIS-VILLETTE DANS LE CADRE DU FESTIVAL SPOT (75) : lundi 18, mardi 19 septembre à 20h.
LA MAISON DES METALLOS – (75) : mardi 14, mercredi 15, vendredi 17 à 20h, jeudi 16 et samedi 18 novembre à 19h.
THEATRE DU PAYS DE MORLAIX (29) : jeudi 23 novembre à 20h30.
THEATRE MONFORT DANS LE CADRE DU FESTIVAL (DES) ILLUSIONS (75) : jeudi 8, vendredi 9, samedi 10, dimanche 11 mars
THEATRE DE L’ETINCELLE-ROUEN DANS LE CADRE DU FESTIVAL SPRING(76) : mardi 20, mercredi 21, jeudi 22 mars
SCENE NATIONALE DE CHERBOURG DANS LE CADRE DU FESTIVAL SPRING (76) : jeudi 29 mars.

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NOS GRANDS MÈRES Bibliothèque des Clayes sous bois 16 septembre

Spectacle documentaire de la compagnie Iva, conception Nathalie Thauvain

C’est une bien étrange aventure que cet événement documentaire et familial sur les grands mères de Russie et de France, initiée en 2013 à la Gare Franche de Marseille dans une résidence d’été, par Nathalie Thauvain, issue d’une famille Franco-Russe.
Nous sommes rassemblés dans le jardin de la bibliothèque des Clayes sous bois. On nous invite à pénétrer dans une salle où l’on peut voir des portraits vidéos de grands mères russes et françaises qui racontent leur vécu de la guerre, les fuites, leurs douleurs, leurs survies parfois miraculeuses. « Nous sommes dans la cuisine de ma grand mère en Russie. Elle est née en 1909, elle a vécu jusqu’en 2007. Quelques jours avant que j’arrive, elle est partie. Les souvenirs, nous devons leur donner une seconde vie !». Il y a d’autres portraits de grands mères des Clayes sous bois.

Nous nous rassemblons ensuite devant la façade de la bibliothèque, aux fenêtres, des acteurs adultes et enfants racontent leurs grands mères : « Ma grand mère, c’est l’armée rouge qui l’a sauvée. Il y a eu 20 millions de morts. D’accord la France a capitulé. Mais pas tous les Français ! ». On chante Bella Ciao, Maroussia chante Katiouchka. On cite Tchekhov : « Les classes soit disant dominantes ne peuvent se passer de la guerre ! ». On nous raconte l’histoire de la famille Auriol qui doit se cacher. L’enfant qui doit changer de nom a du mal à l’accepter, sa mère insiste impérieusement. « Le féminisme est est l’enfant non désiré de la guerre ». On voit des femmes, des enfants, des hommes faire la queue pour retrouver des membres de leurs familles, parfois dix heures d’attente. Le bureau ferme au moment où Nathalie arrive, son père est mort. Les enfants jouent à la Gestapo, le charpentier qu’on devait retrouver a été arrêté avec toute sa famille. Un couple qu’il devait héberger se retrouve dans un hôtel truffé d’Allemands mais parvient à y passer la nuit.
On nous entraîne dans une cour pour y déguster un bortsch

À nouveau dans la cour devant la façade, malgré une pluie tenace, on assiste à plusieurs séquences sur la guerre en Russie et en France.
Interprété par une équipe d’une vingtaine d’acteurs adultes et enfants, Nos grands mères ont connu une vingtaine de représentations à Nohant, à Ensues la Redonne près de Marseille, repris en Russie au Centre d’Art Contemporain de Nijni-Novgorod, et dans d’autres lieux. Les représentations nécessitent un grand investissement des collectivités qui les invitent et la participation d’acteurs locaux indispensables.

Une étonnante réussite enracinée dans des souvenirs brulants de la deuxième guerre mondiale.

Prochaine représentation le 8 octobre Maison de quartier du Roucas blanc à 18 h 232 chemin du Roucas 13007 Marseille
et les 14 et 15 octobre à la Maison des Arts et Loisirs 233 corniche Kennedy 13007 Marseille.

LES NOCES DE BETIA Théâtre de l’Épée de Bois 15 septembre

De Ruzante, traduction Claude Perrus, mise en scène René Loyon

Les noces de Betia-dont c’est la création en France-est la deuxième pièce d’Angelo Beolco dit Ruzante (1494/1542). « Ruzante, natif de Padoue a 22 ans quand il l’écrit. Cette pièce est joyeuse et désordonnée, elle mêle la farce et les racines médiévales à l’ironique questionnement philosophique (…) Il semble que la période que nous traversons, avec ses chamboulements spectaculaires et ses questionnements angoissés face à un futur indéchiffrable, mais aussi sa prodigieuse créativité, n’est pas sans rapport avec ce grand moment de bascule qu’a été dans toute l’Europe-cette Renaissance née en Italie » écrit René Loyon.

Dans la grande salle en pierre de l’Épée de Bois, sur le plateau nu, Zilio et Nale se disputent les faveurs de Betia. Le valet insulte son maître : « Nous devisons d’amour, fous toi le manche dans le cul ! ». On tente de les séparer « Ah pauvres crétins que vous êtes, je vous disais donc jeunes gens qu’amour est un dieu et seigneur ! ». Tous les trois sortent d’un repas arrosé : « Je dois aller fienter. Qu’est-ce donc que l’amour, c’est un tourment et une brulure. (…) Avec l’argent on peut faire ce qu’on veut, car il gouverne le monde. Mon coeur je ne l’’ai plus, il est avec ma Betia ! Mais le prétendant évincé conclut : »Si vous voulez mon avis, les femmes sont la peste de notre monde».

Betia épouserait bien ses deux amoureux, elle fait ses paquets et tente de s’enfuir, mais sa mère la rattrape, l’insulte et la bat, puis se ravise et bénit le couple. C’est le plus pauvre qu’elle aura pour mari.
Cette langue savoureuse est interprétée avec brio par sept comédiens pleins d’humour,
Un spectacle à ne pas manquer au Théâtre de l’Épée de Bois à 20 h 30 les jeudis, vendredis samedis à 20 h 30 , et samedis et dimanche à 16 h tel 01 48 08 39 7jusqu’au 15 octobre

VANIA Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis 13 septembre

D’après Oncle Vania d’Anton Tchekhov, mise en scène et scénographie avec la troupe de la Comédie Française.

« Voulez-vous comprendre combien vous vivez mal, combien votre vie est morne ! Y-a-t-il là une raison pour pleurer ? (…) Là est la modernité de Tchekhov, il questionne la fin d’un monde qui nous concerne et, plus largement la chute d’une société. »

Julie Deliquet avait émergé au début des années 2000 avec la création de sa compagnie In Vitro qui avait monté Derniers remords avant l’oubli, La Noce de Brecht, Nous sommes seuls maintenant et Catherine et Christian, réalise un spectacle majeur avec son Vania, qu’elle avait créé en 2016.

Nous sommes assis en bi-frontal, séparés par une table où les convives viennent s’asseoir. Dans cette maison de campagne, vaste domaine que Vania et sa nièce Sonia maintiennent péniblement en cultivant les terres, le professeur Serebriakov veuf de la mère de Sonia est arrivé avec Elena, sa deuxième épouse. Le médecin Astrov a été appelé pour le soigner, mais le malade le refuse. Le médecin ne quitte pas le domaine, séduit par Elena, il laisse tomber ses malades et ses terres : « Moi je suis devenu un autre homme, mon cerveau est intact, mais le coeur est à sec !  En vieillissant, j’ai fini par me dégouter moi-même. Même vieux je n’ai pas droit à un peu d’angoisse !». Avec Vania, ils boivent, chantent, se laissent aller au désespoir au fond de leur ivresse : « Ceux qui vivront dans cent ans ou deux cents ans après nous, est-ce qu’ils se souviendront seulement de nous ? ».

Sonia éprise d’Astrov n’ose se déclarer, Elena tente vainement de jouer les intermédiaires… Le professeur annonce gravement son intention de vendre le domaine pour pouvoir mieux vivre en ville, ce qui provoque la fureur de Vania qui casse tout sur la table. Le docteur épris d’Elena parvient à échanger un baiser avec elle avant son départ fracassant avec son mari pour la ville.
« Il faut faire son oeuvre, soyez heureux (…) La vie du domaine va pouvoir reprendre son cours : « Ça fait longtemps qu’on n’a pas fait des nouilles à la maison ! ».

Interprété par une solide distribution où Hervé Pierre étincelle dans le rôle du professeur, ce plateau est en prise directe sur notre monde. Cette fin de vie très contemporaine a un goût amer.
Julie Deliquet est artiste associée au Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis.

Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis jusqu’au 16 septembre à 20 h, samedi à 18 h. Tél 01 48 13 70 00

DE PÉKIN À LAMPEDUSA Théâtre Essaïon 11 septembre

Texte et mise en scène de Gilbert Ponte, avec Malyka R.Johany, Birba Compagnie

L’histoire du combat de Samia Yuzuf Omar pour accéder aux Jeux Olympiques de Pékin commence en 2007, alors qu’elle vient de perdre son père assassiné à Mogadiscio. Elle doit arrêter ses études pour s’occuper de ses frères et soeurs, mais trouve un refuge dans l’athlétisme. On la voit chanter et rêver à sa participation aux Jeux. Elle s’entraîne avec les chaussures offertes qui sont trop grandes : « Sans entraîneur qui vous guide et qui vous soutient, on ne peut rien faire ! ». Elle poursuit malgré tout son entraînement solitaire : « Je n’ai pas peur, à 17 ans, on a peur de rien ! (…) La Somalie est une terre en lambeaux, je pense à mon père assassiné par des rebelles. Ici, en Somalie on ne tolère plus les femmes ! ». Elle se couvre d’un voile, puis reprend son entraînement avec une belle gestuelle. « Je ne sais pas parler de l’horreur, je ne comprends pas ce qui se passe dans mon pays. « Allah a décidé que tu ne devais plus courir ! »

Elle décide néanmoins de s’exiler et gagner l’Europe dans un voyage cauchemardesque, rançonnée par les passeurs, abandonnée en plein désert, mais parvient après de multiples épreuves au bord de la Méditerranée. C’est la mort qui l’attend à Lampedusa le 17 mars 2002.
Malyka interprète ce solo avec grâce, se voilant dans les passages douloureux, s’élançant dans l’ivresse de la course une fois dévoilée. Un étonnant solo sportif rempli des fureurs des guerres criminelles qui nous rend curieusement optimistes.

Théâtre Essaïon les lundis et mardis à 19 h 45, jusqu’au 9 janvier tél.01 42 78 46 42

LA DAME DE CHEZ MAXIM Théâtre 13 Jardin 5 septembre

De Georges Feydeau, adaptation Pamela Ravassard et mise en scène Johanna Boyé Compagnie Les Sans Chapiteau Fixe, création musicale Mehdi Bourayou, scénographie Jeanne Boujenah.

Sept comédiens, un musicien interprètent les invraisemblables quiproquos de cette comédie étourdissante dansée autour d’un dispositif de trois chariots transparents mobiles.
Difficile de démêler l’intrigue de ce ballet frénétique où un bourgeois qui vient de passer la nuit avec le Môme Crevette, séduisante Vanessaz Cailhol, se fait réveiller par un ami qui doit l’emmener à une noce en province. Il sort d’une nuit très arrosée, veut dissimuler ses frasques, sa femme, une bourgeoise revêche décide de l’accompagner. Son oncle, le général Petypon du Grèle accueille les invités, se méprenant sur l’identité de la future épouse qu’il prend pour la Môme Crevette.
On se perd dans ce ballet étourdissant et ridicule, à la recherche du sens de cette société bourgeoise en déroute. Longuement acclamé en ce soir de première, cette Dame de chez Maxim séduit par sa virtuosité technique, mais l’émotion n’est pas là.

Théâtre 13 Jardin jusqu’au 13 octobre du mardi au samedi à 20 h
http://www.theatre13.com

TRAHISONS Le Lucernaire 2 septembre

De Harold Pinter, mise en scène Christophe Gand, avec Gaëlle Billaut-Danno, François Feroleto, Yannick Laurent, Vincent Arfa

Dans un bistrot, un couple se donne des nouvelles des familles. Robert annonce : « je crois que nous allons nous séparer ! (…) Deux ans ensemble, ton histoire avec Emma, elle m’a tout dit à propos de vous deux il y a 4 ans (…) Qu’est-ce qu’on va faire, rien faire du tout !…». On voit d’abord le couple d’amants se retrouver régulièrement dans un studio loué, ils évoquent le passé. Les maris, partenaires de squash sont très proches, celui qui est trompé ne veut rien savoir, son amitié avec son collègue lui ferme les yeux. Le ballet de ce trio est orchestré par des changements de décor en musique à vue, manipulés en musique par un technicien qui semble danser.

Lucernaire du mardi au samedi à 21 h, jusqu’au 8 octobre du mardi au samedi Tél 01 45 44 57 34