HUGO L’INTERVIEW Théâtre Essaïon 22 janvier

Texte et jeu de Yves-Paul Danielou, mise en scène de Charlotte Herbeau, la Prod Compagnie

Après un long poème de Victor Hugo sur Le crapaud, Yves-Paul Danielou engage une conversation avec le public à la première personne avec une journaliste.sur son itinéraire, sur Bonaparte, sur sa vie amoureuse, son exil à Guernesey, ses pièces préférées de Shakespeare, sa biographie, son rôle politique, les conseils qu’il a à donner. « Quel est le plus grand péril de la situation actuelle ? L’ignorance !
L’ignorance qui nous déborde, qui nous assiège, qui nous investit de toute parts. C’est à la faveur de l’ignorance que certaines doctrines fatales passent de l’esprit impitoyable de théoriciens dans le cerveau confus des multitudes. ».

La belle présence de ce comédien ressuscite étrangement le personnage de Victor Hugo.

MERCILAPRODCOMPAGNIE@GMAIL.COM

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UN COSMONAUTE EST UN SOUCI DANS NOTRE GALAXIE Théâtre Dunois 22 janvier

L’Embellie Compagnie, texte de Sarak Carré, mise en scène Stéphane Boucherie avec Henri Botte, Marie Filippi, Lexie T

J’avais découvert Stéphane Boucherie dans le Nord Pas de Calais où j’étais conseiller théâtre de la DRAC, avec le Théâtre du Monde Perdu qu’il avait créé en 1991, avec Entre Chiens et Loups et L’Eden Cinéma.
Depuis 2006, il a donné un nouvel axe orienté sur le jeune public à sa compagnie en créant L’Embellie Compagnie.

Autour d’un globe terrestre, une conversation de groupe autour de bidons industriels. Sur le mur du fond des panneaux de signalisation routiers. Axelle veut prendre de la hauteur, elle veut devenir cosmonaute, évidemment à 8 ans, on lui rit au nez ! Son frère jumeau, lui y aurait droit… On rappe, on s’agite pour lui prouver que ce métier n’est pas pour elle, il lui est interdit d’aller dans l’espace intersidéral ! Aux sons du beat box frappé sur les tonneaux, Axelle résiste et parvient à triompher des sens interdits, qui disparaissent peu à peu du mur du fond.

Les très jeunes enfants rassemblés dans la salle, agités au début sont fascinés.
http://www.lembelliecie.fr

Théâtre Dunois jusqu’au 28 janvier, Tél 01 45 84 72 00

24 RAISONS D’AIMER MOK de et par Emilie Jonkeau Espace Henry Miller de Clichy 19 janvier

Un très court, trop court extrait d’un solo en devenir d’une jeune clownesse. Coiffée d’un casque blanc , emmaillotée d’un justaucorps avec son nez rouge, elle s’enroule et se déroule à plat ventre. « Elle ne voulait pas qu’on fasse la guerre pour elle, alors elle a commencé à chanter ». Elle se relève, presque inaudible : « Nous viendrons à ma maison avec ma raison et non des papiers… ».
Commencé avant l’heure annoncée, cet extrait qui fait partie d’une soirée Scène ouvert au Slam ne permet pas d’appréhender l’avenir d’Emilie Jonckeau.

BIS DE NANTES 17 et 18 janvier

Premier jour

Sous les spectacles, il y a des entreprises, des circulations d’argent, des bénéfices, c’est le rendez- vous de ceux qui gagnent des parts de marchés, les vrais hommes d’affaires du spectacle. 12 000 personnes. Immense foire. 80 débats. La Ministre est là. C’est un rassemblement de start- ups de toutes sortes, chaque stand offre un pot en fin d’après midi. On discute technique mais aussi idéologie. Des centaines de sponsors. Le théatre privé tente de pénétrer le théatre public. On y lit les nouvelles tendances du théâtre. Les CDN semblent avoir carrément changé de discours.
La Région Pays de Loire défend la Culture et la Maire de Nantes, pareillement.
On a l’impression que l’argent déborde de partout. Et puis quand arrivent les chiffres de la diffusion, tu meurs debout; les créations seraient jouées en moyenne, 5,4 fois. ! C’est l’embouteillage le plus monstrueux qui existe, le goulot d’étranglement. Des milliers de créations ne trouvent pas preneur.
Cécile Backes de la comédie de Béthune regrette amèrement de ne pas dépasser les 30 représentations par spectacle. Et on ne parle que de public empêché, exclu, de la couleur blanche du théâtre.
La représentante du ministère, côté DGCA -Hatchnondo- est totalement dépassée, paraît incompétente . Le président de la SACD lui, est très drôle, anime les débats avec dextérité.
A l’étage des labels musique c’est la folie totale, L’arrogance des tous les marchands.
Tous les bill Gates, les Steve Job, les Zuchenberg se pressent dans les travées. Je serre beaucoup de mains. La fédé nationale des arts de la rue est la lilliputienne de ce rassemblement. Avec nos parts de marché minuscules, nous sommes toisés de très haut.
Et bien sûr, plus une seule place dans les hôtels. Je me retrouve au Radison Blu dans une” business room” installée dans l’ancien palais de justice, petit déjeuner dans la cour d’assises. J’hallucine.

deuxième jour

Il y a quelqu’un qui me demande : qu’est ce que tu vas foutre aux BIS, toi ?

On parle beaucoup de communautarisme, un mot que je comprends plus ou moins.
Car nous dans le théâtre, ne sommes nous pas des toutes petites communautés, vivant dans des petits cercles ?
La rue parle à la Rue.
Les CDN et Scènes Nationales entre eux
Les Riches entre eux .

En un demi -siècle de théâtre, j’ai échangé en tout quatre phrases avec un directeur de CDN,
j’ai dîné une fois avec un ancien ministre,
j’ai échangé deux phrases avec Jack Lang qui me prenait pour quelqu’un d’autre,

Alors aux Bis, ça a toute la laideur du monde de l’argent, mais au moins tu vois de nouvelles têtes, et tu écoutes ce qu’ils disent, tu sors de ton entre-soi, de ton microcosme.

Tu mesures à quel point tu es un moins que rien, avec tes minuscules budgets de création, avec ta minuscule surface médiatique. Il y a un cercle de 50 professionnels qui ont entendu parler de toi, à peine.

Mais il y avait un nouveau phénomène étrange à ces Bis 2018.
Un bouleversement des paradigmes et des valeurs.
La déclaration de Villeurbanne de mai 68 a fait l’objet d’un focus dans le grand auditorium.
A toutes les tribunes on n’entendait qu’un seul son de cloche.
Elargir le public, démocratiser, faire humanité ensemble, ne pas croire que les gens sont incultes, respecter la culture des modestes, de ceux qui ne vont jamais à l’Art. S’occuper du bien commun, mettre en route les intelligences collectives,
Ça en devenait même fatigant. Le mot création associé à l’excellence, qui était la valeur absolue depuis 40 ans, laissait la place au partage, à l’infusion, au territoire, à faire ensemble, faire avec, se nourrir des gens.

D’un seul coup, nous qui étions rangés dans les socio -culs, méprisés pour nos actions de quartier, de rue, et notre goût du territoire, nous étions rattrapés par une nouvelle génération de scènes nationales et de cdn.
Même la ministre qui a fait un discours uniquement sur invitation, n’a pas pas parlé de création, m’a t-on dit. Je ne faisais pas partie du premier cercle d’invités, je ne m’étais même pas inscrit au grand banquet à 32 €.
Aux grands débats, seul Saulnier Borel représentait la rue.

J’ai acheté des revues, amassé divers bulletins que j’ai lu dans le train du retour.
Dans le bulletin d’Artcena je découvre 50 pages de projets de création. Théâtre, rue ou cirque.

Des productions à 80 000, 120 000, 216 0000 €, et des listes interminables de co -producteurs.
Ce que j’ai noté , c’est que les voilures se sont réduites , 3 interprètes cela devient la moyenne.
Et nous à l’Unité avec nos pièces à 12 acteurs , ou même 18 acteurs, mal payés, nous sommes carrément à côté de la plaque, nous faisons partie d’un autre monde, nous voulons nier les réalités économiques…
Si cela continue nous ferons partie du grand cimetière des compagnies disparues.

Jacques Livchine

LES REINES Manufacture des Oeillets d’Ivry Centre Dramatique National du Val de Marne

De Normand Chaurette, mise en scène Élisabeth Chailloux

« Je veux être damnée
Si la paix
Règne un jour
Sur notre île. »

À Londres en 1483, un climat d’épouvante règne sur le palais : Gloucester s’apprête à assassiner les enfants d’Élisabeth pendant que le roi Édouard agonise. Dans la tour six femmes s’agitent et s’affolent, qui toutes convoitent le trône d’Angleterre : la reine Elisabeth, les soeurs Isabelle et Anne Warwick, la reine Marguerite et la vieille duchesse d’York âgée de 99 ans.
Arrachées au Richard III de Shakespeare et aux généalogies de la couronne anglaise, les six reines de Normand Chaurette ont dérivé loin de leurs sources.

Elisabeth Chailloux a planté cette inconcevable tragédie sanglante dans l’espace gigantesque de la Manufacture des Oeillets, sur de hautes et longues coursives qui surplombent le public, avec l’action qui se déroule en contrebas, plaintes des mères dont les enfants se font assassiner, luttes à mort pour le pouvoir royal, lamentations des veuves et des mères. L’ampleur de l’espace scénique donne une puissance poétique à cette tragédie qui confine au grotesque, tant on a du mal à démêler ces luttes fratricides mortelles. On voit Lady Ann entrer en scène avec deux bébés dans des bocaux en verre… « Notre vie sur terre est un mensonge, ma vie s’achève et l’Occident commence ! ». Impossible de démêler les fils de cette guerre des Deux Roses qui vit s’affronter la Maison de Lancastre ,rose rouge et la Maison d’York rose blanche. Elles rivalisent toutes deux d’horreur.

Un spectacle à ne pas manquer jusqu’au lundi 29 janvier à 20 h, samedis à 18 h, dimanche à 16 h
Réservations 01 43 90 11 11

ANNIVERSAIRE DE JEAN-MARIE CHESNAIS au Luisant de Germigny l’Exempt 13 janvier

Jean-Marie Chesnais, grand artificier devant l’Éternel, avait illuminé de ses feux nombre de festivals et notamment les carnavals des Ténèbres du Théâtre de l’Unité à Saint Quentin en Yvelines et aussi le Réveillon des Boulons de Montbéliard. Installé depuis sa retraite au pays de Nérondes dans la Région Centre Val de Loire, il a impulsé avec d’autres artistes, une programmation hebdomadaire au Luisant où il réside avec 3 à 6 spectacles par mois, mimes, polyphonies, théâtre qui mettent en vie ce petit village.

Beaucoup d’amis venus pour fêter ses 70 ans, lui ont offert des cadeaux immatériels, le Transsibérien de Cendrars par Jacques Livchine avec sa complice la jeune Lucile Tanon , des musiques entonnées en choeur, avant un splendide repas dégusté joyeusement.

Au programme, le samedi 27 janvier POLYMORPHONIE , chant du monde en polyphonie par Amapola.

Le Luisant 9 bis rue de l’Église 18150 Germigny l’Exempt tél 02 48 74 16 01
leluisant18@gmail.com-www.leluisant.fr

1993 Théâtre de Gennevilliers 12 janvier

D’Aurélien Bellanger, mise en scène de Julien Gosselin avec 12 acteurs de la dernière promotion de l’École du Théâtre National de Strasbourg.

Dans un fracas sonore et visuel, Julien Gosselin met en scène la fin de l’Europe avec l’ouverture du tunnel sous la Manche qui devait pourtant réunir la fière Albion au continent. Après 2 guerres mondiales proches de l’apocalypse, l’Europe est restée le continent de toutes les inquiétudes, Calais est devenu l’ultime stade de sa modernisation. Nous sommes d’abord confrontés à un mur lumineux et vibrant avec des réfugiés venus d’un monde en guerre. On entend un discours indistinct en anglais, »I am proud to be european (…) la situation en Syrie est une tache sur la conscience du monde… » . Un film sur le campement de Calais pendant l’installation d’u appartement, la victoire éclatante du libéralisme occidental !

Une fête hystérique, un coeur vibrant, une partouze française. La salle vibre, nous sommes cloués sur nos sièges sans pouvoir échapper à ce vacarme. Il ne faut pas manquer ce spectacle qui se joue jusqu’au 21 janvier à 20 h, lundi, mardi, mercredi,jeudi, vendredi, samedi à 18 h, dimanche à 16 h, relâche jeudi 11 et mardi 16 h.