ELEVAGE : LES ANIMAUX DE LA COMPAGNIE (45) Scènes de rue à Mulhouse 18 octobre

ELEVAGE Les Animaux de la Compagnie Scènes de rue à Mulhouse 18 octobre

Déjà vu en crash test voilà quelques mois, ce spectacle aborde l’effondrement du monde familial des paysans. Un loup, un renard et un cerf, masques impressionnants d’habiles musiciens, rythment le spectacle. Le cerf danse au son du violon : « Cela fait longtemps qu’on ne les pas vus, ils sont partis ! Pour une chose, ou une autre, il faut des bras. » Il y a de la farine sur la table, le cerf, le renard et le sanglier jouent de la musique. Une fille pétrit la farine : « La ferme a brûlé et nous avons tous décidé de leur venir en aide ! On a raison de penser ce qu’on pense.».
Sur l’année dernière pas moins de 600 suicides dans le monde paysan…Un concert termine la représentation
Cet effondrement tragique est célébré avec une belle virtuosité par des musiciens masqués et d’habiles comédiens. Un spectacle impressionnant à ne pas manquer s’il croise votre chemin.

SENSATIONAL PLATZ, PRESQUE CABARET (44) Margo Chou et Frères Scènes de rue à Mulhouse 18 octobre

Devant des tables aux nappes dorées, devant un rideau lumineux et un tapis rouge sur l’escalier, Margo fait ses annonces. On voit une chatte blanche à l’arrivée au jardin. Margo : « Je vous préviens, on ne comprend rien ! C’est un récit documentaire écrit sans le vouloir ! Cela fait cinq ans que je vais dans ces endroits en région parisienne. J’ai une passion pour les cabarets, je parle des lieux de rue, des lieux nocturnes. Ici, je vais réaliser un rêve.Avec deux musiciens sur le plateau, la joie devient obligatoire pour ne pas avoir froid.»
La chanteuse déguisée en chat blanc à la longue queue, au fond de la salle monte sur le plateau en chantant. Une autre comédienne : « Quand tu arrives sur la place, le ciel est tout blanc ». On décrit une famille, la romance, la haine, la violence…
« Je veux dormir avec ma mère ! ». Quatre filles accostent les spectateurs sur les rythmes des musiciens. Un fille joue avec des peluches, offre de la nourriture et des boissons aux spectateurs. «  La lumière, chaque soir avec le générateur, ça attire les rats. Beaucoup pourraient faire pute pour un euro ou presque ! J’ai mal à la tête, ça m’arrive pas souvent et ça tombe sur toi… ». Le chat blanc : « Je vais dormir chez ma mère avec Lorena… ».
Etrange et attachant spectacle encore en devenir d’une artiste attirée par les marges.

CHANTIER LA TOURNEE DU COQ (43) Les Urbaindigènes Scènes de rue à Mulhouse 17octobre


mise en scène Hervée Delafond

C’est un deuxième crash test d’un spectacle déjà vu en répétition en Franche Comté dans le lieu d’implantation de la compagnie. On voit une énorme structure pyramidale en bois à trois faces, reliées à des fils retenus par des sacs de sable. On range les bancs, ne sachant si le spectacle aura le droit de se jouer, à cause de la pandémie… Une fille salue. On entend un vacarme musical, tout le monde s’agite et parle en même temps. Une musique assourdissante, trois acteurs veulent créer du lien social sur les racines du monde d’après et du présent. « C’est l’élévation d’un lieu qui nous appartiendra à tous, le Préau. Nous croyons à la création collective. Les associations sont le moteur de la vie citoyenne (…) Depuis la nuit des temps, les hommes n’ont cessé de construire… ». Une camionnette tire les sacs de sable sans succès, un homme tombe dans un trou, tout monde s’affole et lui posent des questions : « ça va on continue ! »
On entend un discours incompréhensible : »Bedout ! » intimé aux spectateurs qui s’assemblent à la cour et s’emparent des cordes. Le fronton se lève et reste incliné. Le bégayeur se fait siffler, puis retrouve une parole normale : « Périclès en haut du temple nomme des chefs de groupe: » Sans esclaves, votre civilisation ne tiendrait pas. Il y a quelque chose de pourri au royaume de Grèce. Peuple des opprimés, suivez moi ! ». On voit une bagarre, on ligote une fille, on entend une musique de film. « Le poteau là est plus court que l’autre, on n’est plus charpentiers mais enfileurs de boulons. Faut aller plus vite ». Une fille scie un morceau de bois : « J’ai grandi dans les Vosges! »
Au jardin trente personnes relèvent la deuxième paroi : « On va continuer avec le Moyen Age ». Musique religieuse, on monte la tour centrale qui tourne : « Cathédrales, filles de la cité et des moissons. La bataille de Bouvines restera dans l’histoire, la bataille qui a fait la France. (…) Tout le monde déteste Childéric ! ».
On quitte le chantier, descentes vertigineuses des acteurs sur des fils, sur une musique religieuse. La troisième paroi se lève, une prière à genoux. « On pourrait réfléchir à ce qu’on pourrait faire tous ensemble à l’intérieur de votre préau… ». Engueulades, escalades vertigineuses : « Réglez vos comptes ailleurs ! On est sur un chantier, la boîte elle a coulé ! En deux ans, le patron aura foutu en l’air 60 ans de son existence. »
Les sept acteurs boivent un coup sur la travée du haut: «  Et voilà encore un projet qui ne se terminera pas. Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui es le chemin ! ».
Un spectacle vertigineux encore en cours de répétitions qui marque les esprits.

ECHO (42) de Catherine Diverres au GRAAANIT de Belfort 17 octobre

C’est la répétition d’une danse athlétique et sensuelle. Six hommes et deux femmes sur une musique émergente avec des portages, des tourbillons, des projections. De l’humour, des pieds nus, un danse athlétique, le souffle du vent. Il y a des courses éperdues autour d’une fille qui parle et qu’on ne comprend pas… Des étreintes, on se roule par terre, des cris incompréhensibles. Fracas, les plongés se relèvent lentement, « toute transmission passe par la parole. »
Une certaine humilité, l’écriture est toujours en transformation. « On ne travaille pas sur des thèmes, mais sur des principes, le yin et le yang. On se transforme sans progresser, ni régresser. On a un partenariat avec Strasbourg, Créteil et Belfort; On ressent la douleur, mais aussi la force de l’énergie mentale. Quand on en a plein le dos c’est comme pour des sportifs de très haut niveau. Tout est écrit, les danseurs proposent. Il faut rendre lisible le plus justement possible ».

FRAGMENTS (41) Théâtre 13 Jardin 14 octobre 2020

Cette 8e édition présente 7 structures en régions, 8 en Ile de France.
C’est la présentation publique d’une jeune troupe, la compagnie Désirades animée par Valerian Guillaumin et Livia Vicenti. Ce sont les débuts de projets de compagnies soutenues par des lieux,avec de la vidéo, sans décors ni costumes. La musique est rythmée et pesante. C’est une répétition.

« Le 11 octobre aujourd’hui,je ne me sens plus. ». Il y a un monologue au jardin : « Quand il fallait faire pour rien, n’importe où, n’importe quoi… »
Le rideau se lève, dans la pénombre, une forme s’agite. Etrange, une forme surgit. On voit des reptations silencieuses. « Aujourd’hui, par le ciel, la fenêtre disparu ! » Ils se déshabillent silencieusement. « Cette main invisible sur l’épaule, ce changement soudain de température, je suis la porte qui claque. Cette migraine et le goût sur la langue… ». Une fille se drape. « je suis dans chacun des objets… ». Tous fouillent dans un tas étalé sur le plateau, ils remplissent des sacs et les posent sur la gauche, près du piano.On entend des coups de gong. Les trois acteurs en silence se donnent les mains, lèvent les bras et se mettent à danser en rythme « Mon coeur qui bat comme ça, le lac gelé une main dans les cheveux et le printemps fou. La vitesse en moto dans les virages. ». Face à l’écran, ils font un ballet furieux, voix gestes, danses sur une musique bizarre.
Cette étrange répétition semble prometteuse. Il faudrait pouvoir suivre cette compagnie Désirades. D’autres fragments, Le Boxeur invisible d’Anne Bourguereau et Capharnaüm poème théâtral terminent la soirée.

103 A bd Auguste Blanqui 75013 Paris téléphone 01 45 88 62 22

PRESENTATION DE SAISON DES PLATEAUX SAUVAGES 3 OCTOBRE 2020 (40)

Cette fabrique artistique et culturelle au coeur du XXe arrondissement de Paris, dirigée par Laetitia Guédon dégage un beau dynamisme dans cette saison « polymorphe », comme elle se désigne elle-même : « La saison 2020-2021est construite autour de la métamorphose. Les artistes invités, aux gestes parfois radicaux, feront état de leurs transformations, de leurs visions plus obliques que frontales du monde et de leur art .»
Les Plateaux Sauvages accueillent des espaces de création et de recherche, des temps forts et des événements, la transmission artistique avec un partage des créations, la pratique amateur avec 40 ateliers hebdomadaires, et la convivialité avec un bar, une bibliothèque, une librairie, des espaces verts et le wifi gratuit accessible à tous.
On nous présente en personnes ou filmés, les grands axes de la saison, le Collectif Louves qui travaille depuis 2015, Paul Desvaux l’Héliotrope, Anne Contenson compagnie Bouche Bée, Elise Vigier « Le monde et son contraire Portrait Kafka, Alexandra Tobelaim du N’est, CDN Transfrontalier de Thionville Grand Est avec Abysse et Circulez, Amine Adjina, Gustave Akakpo et Metie Navajo qui vienne répéter « la diversité est-elle une variable d’ajustement pour un nouveau langage théâtral non genre, multiple et unitaire ? » et « Je est autres », Solal Bouloudnie avec « Seras-tu là » et «Do you remember ? », Laetia Guedon compagnie 0.10 avec Penthésilé.e s en fabrique et « Figures héroïques/Choeur tragique », Sophie Cattan Collectif Ildi! Eldi avec « Chasser les Fantômes » et « A l’origine », Charles Chauvet compagnie Fleuve de janvier avec « Chorea Lascive et « Overdose 2 », Guillermo Pisani compagnieLSDI avec « Je suis perdu » et « Regarde moi, je te regarde », Carole Thibaut du CDN de Montluçon avec « Fantaisies, l’Idéal féminin n’est plus ce qu’il était » et « Autour du chaudron », Cédric Orain avec « Enfants sauvages » et Débattez vous », Vanessa Bettane & Sephora Haymann avec « Et leurs cerveaux qui dansent » et « Sortir du cadre », Claire Lapeyre-Mazerat & Mélanie Martinez-Llense, compagnie QG & compagnie Play avec « Boulevard du Queer » et « Ciel mon collège ! », Elise Noiraud compagnie 28 avec « Ressources humaines » et « Ton T.A.F. (travail au futur) En partage ».
Vanasay Kamphommala, compagnie Lapsus chevelu, étrange créature androgyne a moitié nu, fait des apparitions régulières. Il jouera « Echo » et « We will survive ». Il y a aussi beaucoup d’ateliers divers, impossible d’en rendre compte dans cet article.
Cette étrange présentation unique en son genre se termine par une distribution de petits sacs en papier avec de minuscules et délicieux zakouskis.

5 rue des Platrières 75020 Paris
Information : lesplateauxsauvages.fr

LA compagnie Baro d’Evel Théâtre 71 de Malakoff 30 septembre (39)

Etrange spectacle dans un espace immaculé interprété par Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias réunis avec un corbeau pie nommé Gus, sur une création sonore de Fanny Thollot. On voit d’abord émerger un corps qui troue l’espace blanc à la cour, qui rampe et traverse le plateau. Puis un autre corps qui traverse l’écran, debout au jardin. On entend des discours incompréhensibles, des gémissements de la femme qui rythment ceux de l’homme qui rugit. L’homme s’écroule, la femme le ramasse plusieurs fois. Le corbeau pie les suit à leur appel, ils rayent l’espace blanc qui devient de plus en plus strié et sali. C’est l’oiseau Gus qui semble les manipuler, on se demande comment feront-ils pour assumer les autres représentations pour remettre le plateau en état les 1e et 2 octobre à 20 h, le samedi 3 octobre à 18 h au Théâtre 71. Une belle tournée est prévue jusqu’au 2 mai 2021 en France, en Suisse et en Espagne qui se termine à Figueras. A leur répertoire figurent trois autres spectacles Les Escapades créé en 2014 présenté à Lorient le 19 septembre, La Cachette à Couffolens le 8 mai 2021 et Retour à l’anormal au Théâtre de Lorient du 18 au 20 septembre 2021.

Baro d’Evel //Plan Bey tel 01 48 06 52 27

LA TOUTE PREMIERE FOIS

EPINAL avec Théâtre de de l’Unité 19 et 20 septembre 2020 (38)

Auditorium de la Louvière

LA TOUTE PREMIERE FOIS

Le théâtre de l’Unité est en 2020 artiste associé de scènes Vosges,
Le 23 janvier 2020, il s’est présenté au public d’Epinal et de son agglomération au cours d’une soirée mémorable,
puis le 8 septembre, l’Unité a présenté la saison de Scène Vosges,d’une manière pour le moins décoiffante, puisqu’il n’a pas été question des spectacles mais de faire connaissance avec les artistes présents.

Et avant de présenter 2500 à l’heure le 29 octobre, et les chambres d’amour, l’Unité a mis en route une création in situ, qui devrait être préparée en deux week ends.

Recherche du scénario

Jacques Livchine avec Hervée de Lafond évoquent leurs 50 ans de théâtre : L’expérience est inutile. Quand on démarre , c’est vraiment une toute première fois , on a quelques idées, mais il va falloir les tester.
On va chercher avec vous, nous croyons dans l’intelligence collective.

Ils sont 26 stagiaires, mais il y a des absents, au final ils seront 37.

En guise d’échauffement une série d’écritures à la Perec

Evoquer toute la généalogie de sa famille depuis le grand père. Puis les énoncer ensemble sur scène . Cela donne une cacophonie pas désagréable.
C’est un choeur de noms, parfois on isole un comédien qui dit tout seul sa généalogie

Les déménagements,

liste de tous les déménagements, il n’y a que Sandra , quinze ans, qui n’a jamais déménagé. Idem. Tous ensemble puis un par un.

On continue dans Pérec:

Tous les plats préférés, tous les plats détestés. Tous défilent en parlant de ce qu’ils aiment et ce qu’ils détestent. Au top d’Hervée le groupe hisse une personne en l’air qui déclare ses goûts.

Ce sont des essais de figures, de scénographie, bien sûr tout ne sera pas gardé. On accumule de la matière pour ma construction finale.

Il faut ensuite raconter sa vie en 2 minutes, mais en la rendant magnifique et glorieuse !
Le choeur est en ligne derrière et sur des signaux d’Hervée lance des ponctuations : Hé hé, Oh oui, ah oui, ça ça c’est oui.

Hervée : « Toutes les vies sont des vrais romans et sont toutes passionnantes.

On essaye, on dit que c’est le plateau qui décide

L’après midi : Les bancs de poissons, c’est une chorégraphie inventée, un groupe traverse le plateau tel un banc de poissons tandis qu’un acteur parle à l’avant -scène. On constate que cela fonctionne.

On travaille sur la sincérité de chacun tout doit être vrai.

Puis le choeur apprend à scander des espèces de slogans

 « Ce dont on ne peut parler, c’est ce qu’il faut dire. Novarina
ou  Tchekhov : « La vie a filé, on dirait qu’elle n’a même pas commencé !
ou « Tout finit par s’arranger, même mal ! »
Ce n’est pas encore convaincant

deuxième jour

Affrontement de choeurs sur des sujets d’actualité, style vaccin ou pas vaccin, la faute aux vieux etc

Chorégraphie sur du Rameau inspirée par un spectacle qui a eu lieu à l’opéra

Face à face, deux groupes ennemis. Ils doivent danser leur rage, puis faire un solo. Deux d’entre eux s’affrontent au milieu. Ils sont d’abord silencieux, face à face, puis doivent rester agressifs, trouver des arguments.

Beaucoup d’humour dans les affrontements, ils s’attaquent deux par deux, tout le monde s’affronte : – les plus grandes joies, les plus grandes douleurs.

Cela fonctionne. Jacques filme pour la mémoire.

On passe aux interrogatoires personnels :

3 questionneurs, un choeur

style des questions

-« Qu’est-ce qui fait ta force ? As-tu vécu une situation embarrassante ? Parle-moi de ton père ! Ta plus grande honte ?

On interviewe un garçon en seconde en option théâtre cette année.

Puis Monique éducatrice spécialisée

Puis Céline assez émue qui voudrait dire mais qui ne peut pas dire

Nouvel exercice : faire des listes de premières fois

Une femme raconte ses hauts talons de 8 centimètres
-La première fois que j’ai fait du stop, que j’ai fumé une cigarette, la première fois que j’ai pris l’avion, que j’ai fait des meringues, que je suis montée sur les planches.

Gaby raconte: J’ai 16 ans, c’est mon premier vélo , mais mon père me l’offre car je dois faire le facteur.

Pour terminer et conclure ces deux jours

Tout le monde s’assied en rond, et Jacques lance des thèmes, la parole tourne, tout le monde répond.

Vos maladies,
Vos salaires
Avez vous déjà volé ? etc

Enfin une question plus intime, combien de partenaires sexuels ? ça va de zéro à 54. Evidemment tout le monde rit.

C’était la première session, de la matière première a été accumulée. Hervée et Jacques se félicitent de l’investissement de chacune et chacun

Deuxième session les 14 et 15 novembre, puis représentation à la Rotonde le 17 novembre à 20 h 30

Scène Vosges Tél 03 29 65 98 58

LA GUINGUETTE CONTRE-ATTAQUE (37) Centre Dramatique National de Besançon 17 septembre

Le CDN de Besançon ouvre sa saison avec une manifestation de rue La guinguette contre-attaque avec 26 spectacles de 13 compagnies régionales, des commandes passées à quatre autrices de la région et des manifestations d’art plastique.

La soirée s’ouvre d’abord sur une carte blanche à Anne Pauly, interprété par Juliette Mouteau qui interprète Avant que j’oublie : Quelques phrases notées au vol: « je ne veux pas savoir, je veux profiter (…) dans le fond, je ne regrette rien, je préfère enfourcher la girafe (…)Je ne veux pas savoir qui dans une entreprise a viré 20 personnes (…)Je ne veux pas savoir que les grandes entreprises savaient qu’elles allaient virer des gens sans les prévenir (…) Je ne veux pas savoir quand l’envie d’aimer m’a quittée (…) Désormais les fureurs du monde ne me parviennent que par bribes ». Ce texte qui répondait à une commande d’écriture a été élaboré en quatre jours.

La soirée se termine sur un beau Zakouski du Théâtre de l’Unité devant une salle bourrée.
Assis derrière une table, les 7 comédiens se lavent les mains et Seb Dec annonce toutes les annulations dans la région : Rencontres et Racines annulé, le FIMU annulé, les Eurockéennes annulées, la fête de la brocante annulée, la fête de la pomme, la fête de la BD annulées ! « Tout est foutu, on vit peu mais on meurt longtemps ! ».
Hervée de Lafond sautille sur une musique de Haendel, ce qu’elle faisait autour de sa maison pendant le confinement. Une séquence sur les déménagements de chacun, 17 pour Hervée, Eric 20 fois, Seb Dec 4 fois, Catherine 8 fois…Elle chante en polonais, puis on assiste à une scène de Molière interprétée par Jacques et Hervée. Les fermetures et ouvertures des bars, une scène sur Rosa Luxembourg… « Si ça continue on ne dira plus Colombey les deux églises, mais Colombey les deux mosquées… », le code noir de Colbert, le massacre des communards, les décrochages des plaques de rues aux noms infâmes, le professeur Raoult discute avec les médecins sur le coronavirus, une scène de Ionesco, je voudrais pas crever de Boris Vian, la peste noire de 1545…
Ce magistral Zakouski dont n’avons capté que des bribes se termine par une bataille d’oreillers

Alice de l’autre côté du miroir

(36) Compagnie Bouche à Bouche mise en scène Marie-Do Freval 13 septembre

Marie-Do Fréval n’a pas baissé les bras pendant le confinement.Elle qui anime sans relâche le quartier de la porte de Vanves depuis des années, a contacté avec seulement deux aides , plusieurs dizaines de personnes de son quartier qui ont raconté leur enfermement. Il y a dix musiciens, un orchestre blanc improbable, avec des vieux et des handicapés. « passer de l’autre côté du miroir, les gens sont très malheureux, ils ont des choses qu’on a plaisir à regarder. »

« Magdalena se tirait les cartes tous les jours. » Trois vieilles bien en chair discutent au pied de l’immeuble : « Si vous laissez fuir les robinets, tout le monde va être inondé ! » On lui répond « je passe tout mon temps sous la douche ».
« Il faut écrire une lettre et l’envoyer par mail. Je dois alerter les autorités compétentes. »
Un locataire raconte sa visite d’un appartement. Le public se retourne vers une autre façade d’immeuble. « Ma petite grenouille, je vais essayer de la retrouver près du bassin ». Un homme en chaise roulante lit son texte : « si je ne parle pas, je dors. Mon cher voisin, vous êtes un idéal, une force de la nature. J’ai entendu votre chant ! (…) Crapaud, je t’attends, je te rêve ».
« Il était en fait un prince charmant à qui une sorcière avait jeté un sort. Comment s’est-il transformées crapaud ? ».

Ce spectacle répété par téléphone pendant le confinement réunit trente personnes d’origine populaire, qui dégagent une force vitale inédite. L’émotion nous submerge. Bouche a bouche a publié un étonnant livre de 172 pages, 100 contacts, qui rassemble les témoignages des protagonistes de cette aventure, avec des textes et des photos étonnantes dont la lecture nous remplit d’émotion.
Compagnie Bouche a Bouche 2/4 rue du général Humbert Paris 14e http://www.cieboucheabouche.com