DERNIER COUP DE CISEAUX Théâtre des Mathurins 18 août

De Paul Portner, texte français et mise en scène de Sébastien Azzopardi.

Cette comédie policière, Molière 2014 en est à sa sixième saison, avec plus de 500 000 spectateurs et une double distribution qui se relaie d’une semaine sur l’autre.

Pendant l’installation du public, une musique tonitruante accompagne l’entrée des six acteurs dans un salon de coiffure. Deux clients s’installent sur les fauteuils, on leur inflige des shampoings énergiques, rasant l’un, shampouinant l’autre. Madame Vioret, grande bourgeoise blonde prend place pour un shampoing. Elle est divorcée de son riche mari et doit retrouver son amant à Paris. Pierre Samuel en short joue les grandes folles, son rôle dans le salon reste des plus improbables. Les portes claquent, il s’agit d’un crime que les deux premiers clients, des policiers doivent résoudre. Isabelle Servier une pianiste qu’on entend par moments au dessus du salon a été assassinée, le coupable doit se trouver dans le salon. Le public hurle de rire pendant la reconstitution, répondant de bonne grâce aux questions de l’enquêteur, posant aussi des questions. La virtuosité des acteurs n’hésitant devant aucune ridicule prouesse est confondante de même que la participation des spectateurs qui ne décrochent
pas une seconde. Les portes claquent, les policiers traquent les protagonistes, le coupable sera enfin confondu.
C’est la participation de ce public complice qui reste le plus surprenante devant ces acteurs ne reculant devant aucune pantalonnade.

Théâtre des Mathurins à 20 h 40, Tél 01 42 65 90 00, http://www.theatredesmathurins.com

PROJET FANTÔME Parc Georges Brassens, Paris l’Été 27 juillet

Magie avec Étienne Saglio, conception, écriture et réalisation, au piano Madeleine Cazenave, Production Monstres.

Nous nous rassemblons au bord du bassin du joli parc Georges Brassens attenant au Monfort Théâtre, dont les directeurs dirigent désormais Paris l’Été. Une pianiste entame sa partition sur son piano au bord du bassin et l’on aperçoit une silhouette d’un acteur sui semble jongler avec une boule lumineuse. Mais la boule change de forme, elle monte dans les arbres, s’élève très haut au dessus de la colline qui surplombe le parc, tout cela semble magique ! Il y a du développement informatique et du génie mécanique là dedans. Nous le suivons au cours de sa promenade autour du lac, stupéfaits par l’ascension étrange de cette boule blanche avec laquelle il semble parfois jongler, toujours aux rythmes du piano.
Étienne Saglio est un magicien de Rennes, Projet Fantôme a été coproduit par les Tombées de la Nuit, la ville de Rennes, le Centre Culturel Jacques Duhamel de Vité et soutenu par la Fondation Paribas.

LE FILM DU DIMANCHE SOIR 26 juillet Parc Léon Salagnac de Malakoff

THE WILD WITNESS

Annibal et ses éléphants, La Cave à Théâtre et l’Oeil du Baobab (Colombes), avec Thierry Bacon-Lorent, Maria Beloso-Hall, Irchad Benzine, Jean-Michel Besançon, Frédéric Fort, Gianni Fussi, Jonathan Fussi, Thierry Lorent..

Dans ce joli parc voisin, Annibal et ses éléphants ont installé un dispositif élaboré pour projeter leur premier western français réalisé en noir et blanc avec 70 acteurs de théâtre dont les les noms sont cités au générique de fin , film muet sonorisé en direct par les 8 comédiens sur le plateau. L’assistance, composée en grande majorité par des migrants non francophones, rassemblés par la dynamique association Scarabée de Malakoff et quelques voisins immédiats, se réjouit prodigieusement devant ces clichés sur la conquête de l’Ouest Américain, les affrontements avec les Indiens déjà presque tous exterminés.

Un humour décapant, des comédiens déchaînés dans leurs bruitages et des musiques manuelles pour la plupart, fort bien synchronisés avec ce film en 3 parties, mettent en joie une assistance qui ne parle pas un mot de français pour la plupart. La ville de Malakoff mène une politique dynamique d’accueil des réfugiés, qu’on souhaiterait voir développer ailleurs.

CHALON DANS LA RUE 22 juillet

LE RÊVE DU PAPILLON
C’est un solo de clown blanc qui glousse. Il se défait péniblement d’une camisole de force, mange une purée. Il porte des couches, un casque blanc, a les bras bandés, il s’en débarrasse peu à peu. Dans cette cour d’école du off, nous somme plusieurs centaines entassés, difficile de trouver un sens

LA MÉCHANCETÉ

De et par Catherine Fornal

Catherine Fornal incarne Hilda Berg, une artiste thérapeute au fort accent germanique qui se guérit elle-même en donnant des conseils aux autres. « Je voudrais nous guérir de la méchanceté. La kinesthésie est une maladie neurologique rare ». Elle interprète une danse ridicule, s’enroule dans le plastique blanc du décor. « Toutes ces maladies prouvent que je suis méchante ! ». Elle se déchaîne, parle trop fort, on a du mal à la comprendre avec un début de surdité. Le spectacle est encore en devenir, ce n’est qu’un premier crash test, mais quelle actrice, elle n’a peur de rien.

RENCONTRES DE RUE.COM
Déjà vu dans un autre festival, ce spectacle de Babette Joinet et son complice fait le point sur les sites de rencontres. « Ici on applique le respect et la bienveillance ». Ils distribuent des questionnaires au public et plaisantent sur les réponses, évoquent leur union née par internet, chantent une chanson ridicule. « rencontresderue.com, c’est notre bébé !

LA NUIT UNIQUE
Une deuxième vision de cette nuit du Théâtre de l’Unité achève l’épuisement et la surprise totale devant ce spectacle vu cette fois des durs gradins de 11 h à 7 h du matin le lendemain matin où l’on peut se remonter avec un somptueux petit déjeuner servi par les acteurs. Parmi les visions étranges qui subsistent en mémoire « Laurie dit que la nuit c’est bien parce qu’elle dort ! (…) Pour Alexandre, la nuit c’est le moment où il est le plus vivant… ». Fantasio met tout en rythme « veuillez vous mettre en mode suspension, toutes les histoires que nous allons vous raconter sont des histoires vraies ». On distribue des doudous aux 200 personnes allongées dans leurs coques rouges disposées de part et d’autres du gymnase/ « La nuit unique, l’hôtel le moins cher ».
Beaucoup moins de sommeil que pendant une première nuit plus confortable, mais un épuisement salutaire et une surprise inoubliable. Il faut aller voir cette Nuit Unique si vous la croisez sur votre chemin.
info@theatredelunite.com

PERHAPS ALL THE DRAGONS Chalon dans la rue 21 juillet

Groupe Berlin ( Belgique) direction artistique Bart Baele, Yves Degryse

Nous arrivons aux Abattoirs. Dans une salle, on a disposé un cercle d’une dizaine d’écrans que nous sommes invités à aller regarder tour à tour, en suivant les indications mentionnées sur une carte postale qu’on nous a distribuée. D’abord à la place 27, on peut écouter Roman Abramov parler du BolchoÏ, de se 1768 sièges, de la claque qu’il faut savoir diriger pour récolter de gros billets, de 300 à 500 roubles. «  Les danseurs craignent que leurs exploits ne finissent sur le silence (…) Les claqueurs à Moscou ont survécu. Ici, on peut tout acheter !». Changement d’écran : « Je m’appelle Philippe Capel. Le monde a rétréci grâce à la com, toujours plus rapide ? »
D’écran en écran on traverse les continents. Sans présence humaine concrète, on se prend à détester ce meilleur des mondes qui n’en finit pas de communiquer en pure perte.

Jusqu’au dimanche 23 à 11 h,14 h, 15 h 30, 17 h, 20 h, 21 h 30

LA FIGURE DU BAISER Chalon dans la rue 21 juillet

Compagnie Pernette

Six danseurs aux corps grimés s’élancent dans la cour du vieil hôpital de Chalon. Nous sommes guidés par une voix qui nous intime l’ordre de nous déplacer de part et d’autre de la cour. Trois filles et trois garçons font preuve d’une étonnante élasticité et d’une grande complicité entre eux, partagée par le public. Le maître de ballets nous intime parfois l’ordre de nous mêler aux évolutions des danseurs qui peuvent nous prendre par la main. C’est joyeux, insolite, parfois drôle. On aperçoit Nathalie Pernette embusquée derrière un arbre.
À 19 h samedi 22 et dimanche 23 juillet