Un songe d’une nuit d’été Petit Louvre 16 juillet

Adaptation et mise en scène Antoine Herbez, Direction Musicale Didier Benetti sur les chants issus de Fairy Queen de Purcell, Scénographie Charlotte Guillermet

Une très belle surprise que cette magnifique adaptation musicale du Songe d’une nuit d’été interprétée par des chanteurs étonnants avec une belle présence théâtrale. Obéron est déçu par sa femme Titania qui s’est éprise d’un petit page qu’il voulait garder. Il charge Puck de lui dessiller les yeux et de redresser les amours contrariées de deux couples d’amoureux Lysander et Demetrius, Hermia et Elena. Puck se trompe dans les échanges, ceux qui s’aimaient se rejettent. Mais Obéron va parvenir à lui faire réparer ses erreurs. Et tout est bien qui finit bien.
Des acteurs étonnants très bons acteurs dans une belle scénographie de Charlotte Villeret nous font passer des moments délicieux.

Un spectacle à ne pas manquer au Petit Louvre Chapelle des Templiers à 20 h 15, durée 1 h 30, tel.04 32 76 02 79

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Le Voyage de Miriam Frisch La Manufacture 17 h 55 16 juillet

Mise en scène Linda Blanchet, avec Calypso Baquet, Maxime Coggio, William Eddimo, Cyril Texier, Angélique Zaini

Nous sommes assis en tri frontal, la plupart de part et d’autre de deux longues tables au bout desquelles on peut s’asseoir en surplomb, pour assister à ce voyage en Israël d’une jeune allemande, Miriam Coretta Frisch, née à Francfort le 12 février 1987. Elle fait un séjour de deux semaines dans un kibboutz pour comprendre comment la vie collective fonctionne de l’intérieur. IL faut arriver à un consensus. Linda, une de ses amies : « J’ai rencontré Miriam dans un atelier d’écriture à Francfort, je l’ai interviewée en 2012, 2015, 2016. Partir en Israël pour recommencer quelque chose. Il y a longtemps que je m’intéresse à quelque chose en dehors du capitalisme. Je veux qu’on mange ensemble et qu’on partage tout. (…) Nous sommes tellement heureux que notre fille et notre fils aient décidé de rester à Salséa. Une nouvelle langue dans cette coopérative agricole. Miriam est la deuxième allemand que j’aie connu ! ».
On nous annonce qu’on va nous transmettre des recette de cuisine. On nous distribue des boîtes avec une belle assiette et des photos. « J’espère que ma mère sera encore en vie quand j’aurai des enfants, il est possible de vivre sans histoire, aux chiottes le passé !  Qui est pour l’oubli ?».
Il y a aussi des projections de part et d’autres de la tablée. Entre autre celle d’Hanna Arendt qui veut garder sa langue maternelle allemande. Elle a besoin de de prouver que le temps amène du changement. On nous sert une bribe d’une bonne omelette que nous dégustons avant de sortir. Un bien étrange spectacle à ne pas manquer.

La Manufacture à 17 h 50 04 90 85 12 71

Mein Kampf Théâtre du Verbe Fou 15 juillet

MEIN KAMPF Théâtre du Verbe Fou 15 juillet

Texte d’Armando Llamas, d’après Georg Tabori, par Une farce compagnie et soutenu par Les Anges Hantés Belgique

On est pour le moins déconcerté par cette présentation d’Hitler, paysan autrichien mal dégrossi, hypocondriaque et antisémite, qui débarque dans un asile de nuit avec sa valise. Il est accueilli par deux clowns, caricatures de juifs tremblotants et voûtés qui annoncent une bonne nouvelle : « J’ai réduit les dix commandements à trois !  La foi ne se commande pas.». Hitler veut devenir peintre, il doit se rendre à l’Académie des Beaux Arts le lendemain. On lui coupe son abondante moustache, il hurle, on le bâillonne, il tombe dans les bras d’un juif. Il faut avouer qu’on s’est désagréablement perdu dans cette farce grotesque peu compréhensible, si l’on excepte la carrière de peintre raté d’Hitler.

Théâtre du Verbe Fou à 22 h

JUSTE LA FIN DU MONDE Petit Louvre 16 juillet 18 h 20

JUSTE LA FIN DU MONDE Petit Louvre 15 juillet

De Jean-Luc Lagarde, mise en scène Jean-Charles Mouveaux Compagnie L’Equipe de nuit , avec Vanessa Cailhol, Philippe Calvario, Jil Caplan, Esther Eboo, Chantal Trichet et Jean Charles Mouveaux.

Dans un décor insolite de tables empilées qu’on ne cesse de gravir et de descendre, le personnage de Jean-Luc Lagarce est revenu au pays Franc Comtois pour la première fois depuis des années, il sait qu’il va mourir du sida, mais garde un silence impressionnant. Tout le monde est interdit, on fait le point sur la famille qu’il a perdue de vue, un neveu est né, « il s’appelle comme toi Louis  (…) Ce n’est pas bien que tu sois parti, des lettres, ce n’est pas bien les lettres, juste des petits mots.» dit sa soeur Louis écoute sa soeur pendue au dessus de lui, qui commente les cartes postales, avec un regard attentif. La mère vitupère contre son fils, puis elle l’entoure de ses bras, elle se réfugie sous la table, puis la soeur danse le twist avec son jeune frère qui s’énerve contre le visiteur.
Louis se prépare à partir, son frère n’a pas envie de l’écouter. « Je ne sais pourquoi je suis fatigué, ne lui dites pas de partir ! » Les deux frères sont face à face, Louis silencieux est dans l’ombre : « Je ne dirai rien, après ce que j’ai fait, je pars ! ».
Ce texte autobiographique bouleversant reste le plus beau des oeuvres de Jean-Luc Lagarce. Une interprétation rigoureuse, un spectacle à ne pas manquer.Jean-Pierre Thibaudat a écrit un très beau livre sur Jean-Luc Lagarce

Tempête

TEMPETE (120) d’après Shakespeare adaptation et mise en scène Irina Brook, Théâtre des Carmes André Benedetto 14 juillet

Prospero est chef cuisinier Italien, dans une belle robe de chambre en satin. Ariel est son assistante et Caliban, maudit car il a tenté de violer Miranda, est arabe. Sur cette île déserte où il a dû s’exiler, car son frère l’a dépossédé du pouvoir à Naples, Prospero voit s’approcher de son île son frère félon accompagné de son neveu. Il déclenche une tempête ,Miranda se lamente car elle croit que le navire a sombré avec ses passagers. Mais tout le monde est sain et sauf.Miranda fera la connaissance de Ferdinand son cousin dont elle s’éprend aussitôt. Irina Brook fille du grand Peter Brook, donne une vision italienne très ludique de cette pièce qu’elle avait montée pour la première fois en 2010, dont la relation père fille la fascinait. Une belle légèreté avec beaucoup de profondeur interprétée par une belle équipe !

21 h 30 Théâtre des Carmes

FOR LOVE Groupe NOCES Villeneuve en Scène 13 juillet

Texte d’Aurélie Namur, chorégraphie et mise en scène Florence Bernad

Une famille se retrouve pour des obsèques : « Dans le creux de la famille de mon mari, il se repose enfin. » Les 7 invités s’étreignent, se déploient, observent.Une femme escalade à toute allure le mât, se laisse glisser pour se retrouver dans les bras d’un grand danseur qui l’enlève. Elle remonte à nouveau, redescend. L’homme lui chausse des talons aiguille, elle grimpe à nouveau. Les parents se tiennent par la main « Il a fallu vider la maison ! ». Des acrobaties vertigineuses sur le mât, une course infernale de la famille autour, des scènes de liesse, de désespoir font de ce deuil familial un spectacle exaltant.

Villeneuve en Scène La Pinède à 21 h jusqu’au 22 juillet, relâche le 16 tel 04 32 75 15 95

LE CHANT DU CYGNE Théâtre Indianostrum à 18 h 30

Dernière oeuvre d’Anton Tchekhov, qui met en scène un vieil acteur âgé et malade, qui dialogue avec son souffleur. Les acteurs venus d’Inde,l’un des grands maîtres du Therou khoutou et une musicienne, ont travaillé avec le Théâtre du Soleil. Léa comédienne a travaillé avec plusieurs metteurs en scène indiens et tourné dans un film de Jacques Audiard, ainsi qu’avec Peter Brook.Assis en tailleur, le maître se maquille, lest enveloppé de chiffons blancs. Son souffleur dialogue avec lui dans un langage surtitré. On entend un chant de lamentations « Ce qui est fini est fini, je m’en vais  (…) Je suis un vieux bois solitaire, le ciel me fait peur, les Pandavas partent en exil (…) c’est la vie qui jaillit de moi (…) Je ne suis qu’un clou rouillé, tout juste bon à faire le bouffon… ». Le souffleur se dévoile et arbore un costume traditionnel éblouissant. Après un chant de désespoir « mes 45 années sur scène ont été inutiles ! ». « Arrêtes de te lamenter, tu vivras riche et glorieux ! ». Il meurt en sortant.

Théâtre Al Andalous jusqu’au 29 juillet à 18 h 30, relâche lundis télé 06 69 72 00 55