AMPHITRYON Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis 22 mai

De Molière, mise en scène Christophe Rauck, avec les comédiens de l’Atelier Théâtre de Piotr Fomenko (Moscou, scénographie Aurélie Thomas.

Christophe Rauck avait rencontré les comédiens de l’Atelier Théâtre de Piotr Fomenko alors qu’il était en tournée à Moscou en 2007, avec Le Mariage de Figaro avec la troupe de la Comédie Française. Les Fomenki, anciens disciples du maître Piotr Fomenko disparu en 2012 jouent Amphitryon, avec Christophe Rauck, le premier metteur en scène étranger à les diriger, après un échange avec les 6 élèves de l’École du Théâtre du Nord à Lille et les 19 élèves du GITIS de Moscou.

« Il souffle sur Amphitryon un air de liberté stylistique et dramaturgique qui fait de la pièce un petit chef d’oeuvre poétique et théâtral. C’est le mariage parfait du poète inspiré et de l’acteur génial qu’il était  (…) Nous avons vécu un très beau voyage et comme souvent, les grands voyages sont le résultat d’une friction entre ce que nous croyons être et ce que nous sommes en réalité (…) Avec la scénographe Aurélie Thomas, on est partis sur l’idée d’un miroir parce que j’avais envie de travailler sur le sol. C’est tout de suite devenu intéressant, notamment pour le dernier acte où il fallait raconter la folie d’Amphitryon.. Le miroir nous a permis de travailler dans l’espace et en particulier dans les positionnements. Quand on met des bougies au sol tout à coup, le miroir devient un ciel étoilé et les comédiens peuvent jouer sous ce ciel, au sol .
Amphitryon parle de la cécité qui affecte les gens qui ont le pouvoir et la perception des choses qu’ont ceux qui les entourent» déclare Christophe Rauck.

Cette mise en scène axée sur des reflets, nous sommes sans arrêt confrontés à une image reflétée entre la terre et le ciel, miroir d’une réalité fantasmée, est des plus troublantes. Alcmène pense avoir passé la nuit avec son époux Amphitryon, alors que c’était Jupiter qui c’était introduit dans son lit. Cléanthis, la femme de Sosie, le ballet d’Amphitryon, vit le même drame. Les révoltes des épouses sont mal supportées par leurs maris qui se sont fait voler leur identités par les dieux
Une réussite exemplaire grâce à une complicité entre le metteur en scène, sa scénographe et les acteurs munis de micros. L’espace céleste doit se faire entendre.

Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis, jusqu’au 24 mai, du samedi au mercredi à 20 h, dimanche à 15 h 30, réservations 01 48 13 70 00
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26e RENCONTRES D’ICI ET D’AILLEURS Garges lès Gonesse 20 mai

C’est la première journée des 26 e Rencontres d’Ici et d’Ailleurs créées par Jean-Raymond Jacob et sa Compagnie Oposito, installés autrefois à Noisy le Sec. Accueillies à présent à Garges lès Gonesse, les Rencontres se développent dans cette ville proche de Roissy avec un beau terrain de jeu, de la coulée verte, des grandes rues et des petites places. Pour cette première journée, une belle diversité avec de vieux routiers, comme de jeunes pousses prometteuses.

RENCONTRE-DE-RUE.COM

Label Z Montreuil, avec Babeth Joinet et Tayeb Hassini, mise en scène Patrick Dordoigne

« La question de la solitude nous paraît traverser notre société et la question du couple aussi. Nous voulions traiter ces sujets avec le public par l’humour et la légèreté, » déclare Babeth Joinet.. Nous sommes devant un couple qui nous souhaite bienvenue et nous distribue des fiches avec des questions stupides, susceptibles de nous faire rencontrer l’âme soeur. « Si vous êtes ici avec nous, c’est que vous ne vous êtes pas suicidés ! Avec la RAZ, remise à zéro, tout le monde doit pouvoir rencontrer tout le monde ! Il faut échapper au PENDA, le perdant avant même d’arriver ! » Ils forment différents couples de plus en plus improbables Malgré l’engagement des acteurs qui se donnent à fond avec des perruques ridicules, on reste un peu sur sa faim pour ce premier spectacle des rencontres

LES TONDUES

Les Arts Oseurs (Octon 34) mise en scène Périne Faivre, scénographie et musique Renaud Grémillon, avec Maril Van der Broek, Mathieu Maisonneuve, Muriel Holtz, Périne Faivre, Renaud Grémillon.

« L’Europe goûte à l’extrême les politiques nauséabondes, l’histoire c’est aujourd’hui ! (…) Je n’ai pas le dernier mot du spectacle! » déplore Périne Faivre.
Nous suivons les acteurs menés par un piano sur roulettes dans les rues du vieux Garges les Gonesse où l’on évoque de vieilles histoires, celles des femmes coupables d’avoir aimé des occupants pendant la dernière guerre. On nous distribue des enveloppes de couleurs différentes, à l’intérieur des lettres le testament de la grand mère du notaire de Marie. On suit la petite fille qui part voir Lili, un amie d’enfance de sa grand mère. Elle sonne à la porte, la grand mère est morte, sa petite fille n’est plus là.

On suit le piano, il y a 13 femmes sur la place, avec Gaston le coiffeur tondeur : « On se regardait, on se regardait, j’étais là et je n’ai rien dit ! »

Plusieurs stations à travers la ville, font monter l’émotion. On colle un oeil sur des silhouettes blanches, on danse sur le piano, l’homme se frappe et s’écroule, tombe à terre. « 1945 vous accédez à la citoyenneté, mais sachez que votre corps ne vous appartient toujours pas . Vous étiez 20 000, y-en aurait une qui aurait pu penser à se révolter ? On va vous oublier, mais ça va peut-être recommencer… »

Un parcours impressionnant dans un lointain passé suivi par une foule mélangée, beaucoup d’habitants au sein des festivaliers, spectacle majeur en devenir.

http://www.lesartsoseurs.org

FLEUR

Fred Tousch, le Nom du Titre

En sous titre « État d’urgence de respirer l’odeur des fleurs et de se piquer »

3 personnages en grandes tenues baroques entrent en scène avec un demi heure de retard. L’inénarrable Fred Tousch clame « Je suis soleil, le centre de l’univers » présente ses compagnons :, tu es mimosa, tu es le gland, quand à vous, vous êtes les 5 gouttes de rosée, est-il vrai que derrière les montagnes, se cachent des animaux en liberté, partageons ! ».
Malheureusement, il faut partir pour aller voir le dernier spectacle de la soirée qui commence.

TRAFIC

Mise en scène Guillermina Celedon, avec Camille Duquesne, Clément Chebli, Pierre Gandard, Clara Marchina, Clarisse Sellier

Un spectacle décoiffant sur la prostitution ! Nous sommes assis sur des matelas face à 5 acteurs assis sur des chaises, à la cour dans une petite caravane un musicien rythme la représentation avec ses musiques cristallines.

« Parce que c’est plus fort que vous, que votre femme est incapable de jouir, parce que votre fils vient d’avoir 14 ans, que c’est votre 35e anniversaire, parce que vous avez toujours rêvé de baiser une pute… ». On entend un bruit de sirène, les acteurs s’enfuient avec leurs chaises. « Vous voulez quoi ? La salope, l’initiation, la femme battue, violée ? »
Après une course éperdue, une femme se dénude. On voit 4 victimes sur des chaises « Vous pouvez poser vos mains partout, y-a des trous, ça j’adore (…) Ici c’est satisfaction garantie ou argent remis ! ». Une fille se dénude dans le camion, « il veut me pisser dessus, juste ça ! ». Il sont 10 à faire la queue, y-en a encore 10 autres derrière. Beaucoup de candidats à la prostitution, pas seulement des femmes, mais peu d’élus à l’endurance d’innombrables queues pressées de décharger.  On peut devenir fou à force du même geste qui ne peut que se répéter. « Ici pas de droit quand tu n’as pas de papiers « ;

Ce Trafic terrifiant est interprété avec audace par de jeunes acteurs qui se mettent à nu dans tous les sens du terme, mis en scène par une très jeune femme, fille de Mauricio Celedon.

caplaplaterforme.wxsite.com/plateforme 

http://www.lesrencontresdicietdailleurs-garges.fr
Tél 01 48 02 80 96 http://www.oposito.fr

L’OMBRE DE STELLA Théâtre du Rond Point 19 mai

De Pierre Barillet, mise en scène Thierry Harcourt, avec Denis d’Archangelo

Denis d’Arcangelo, pulpeux travesti en grande tenue, incarne Mylène, femme à tout faire, double étrange de Stella, star déchue qu’elle protège, célèbre dans le cinéma d’avant guerre. Elle la suit partout, derrière le plateau, dans sa vie quotidienne, prévenant le moindre de ses désirs. Cet étrange solo nous ramène aux souvenirs lointains de la Grande Eugène dont nous aimions nous régaler. Denis d’Archangelo jubile et nous fait souvent sourire dans son rôle de travesti moëlleux qu’il assume avec une véritable autorité. On se laisse bercer par l’évocation d’une substitution de rôles, Mylène prenant partout la place de Stella qui se laisse aller et ne peut plus rien faire sans elle.

0n se souvient des annonces des pièces de boulevard de Barillet et Grédy, voilà une quarantaine d’années. Sans les avoir fréquentées, ces phrases remontent en mémoire, plus de 50 ans se sont écoulés depuis ces annonces pompeuses.

Théâtre du Rond Point jusqu’au 11 juin à 20 h 30, dimanche 15 h 30, relâches les lundis, les 21, 25 mai et le 4 juin , tél 01 44 95 98 21

LE TARTUFFE Théâtre de l’Épée de Bois 15 mai

Adaptation mise en scène et rôle titre Antonio Diaz-Florian

Nous sommes accueillis et servis au bar par de comédiens en costumes, maquillés de blanc céruse comme les personnages du Tartuffe à l’exception d’Elmire. En exergue du programme distribué, un extrait du Discours au Roi de Boileau : 
« Le mal est qu’en rimant, ma muse un peu légère
Nomme tout par son nom et ne saurait rien taire
C’est là ce qui fait peur aux esprits de ce temps,
Qui tout blancs au dehors, sont tout noirs au dedans. »

Dans la salle, sur un tréteau de bois, se dresse un confessionnal, porte d’entrée de tous les personnages. Une fois refermées, les jalousies peuvent dissimuler ceux qui peuvent épier la scène sans être vus. L’ensemble est monté dans une grande boîte en bois où Orgon va devoir se dissimuler pour apprendre la trahison de Tartuffe qui veut séduire Elmire tout en épousant Mariane.

Ce Tartuffe vu tant de fois dans des mises en scène parfois remarquables- celle de Planchon notamment-nous cramponne à nos sièges de bois dépourvus de dossiers, sans décrocher une minute. Les alexandrins sont mâchés clairement, et l’incarnation du personnage de Tartuffe par Antonio Diaz-Florian est terrifiante. Dissimulé sous une grande cape noire, emphatique quand il s’adresse à Orgon, il se dévoile pour tenter de séduire Mariane et Elmire. Un seul regret, celui de n’avoir pu y emmener mon petit fils, Tartuffe ne se jouant que les lundis.

Théâtre de l’Épée de Bois tél 01 48 08 18 75, http://www.epeedebois.com

FÊTE DE SOUTIEN À LA VIEILLE GRILLE 14 mai

De juillet à août la Vieille Grille sera fermée et les loyers continuent à courir. Et la compagnie part au Festival d’Avignon pour jouer Chansons de charme pour situations difficiles de Mac Orlan et Méliès cabaret magique. I faut assurer ces charges, tous les amis musiciens, comédiens, chanteurs, poètes ont été appelés à la rescousse les samedi 13 et dimanche 14 mai pour offrir un réjouissant festival de 14 h à 23 h pendant ces 2 jours.
Le poète Patrick Edernac, le magicien Pau Maz, Samuel Zucca et son accordéon, Marc Zuccher, Charlotte Java, Gullaume Fontanarosa et son violon, Philippe Montaigne, Anne Quesemand et Laurent Berman avec leur Théâtre à Bretelles, Judith Marx, Anne Thomas et Jules Bourdeaux et aussi l’écrivain Claude Berger qui chante en yiddish, parmi bien d’autres nous ont réjouis de 16 à 23 h.

wwww.vieillegrille.fr